Le combat pour la suppression totale des 40 Frs de taxe imputés à l’exportation des graines d’arachide hors du territoire sénégalais continue de faire rage dans les milieux paysans, quelques semaines avant l’ouverture officielle de la campagne de commercialisation.

Ainsi fortement mobilisés hier, autour d’une assemblée générale de tirage de bilan et de définition de nouvelles orientations pour la prochaine campagne de commercialisation, les membres du Collectif des producteurs exportateurs de graines d’arachide (Copega) ont encore une fois tapé sur la table exigeant ainsi à l’Etat de faire purement et simplement table rase sur la taxe infligée aux exportateurs.

Même s’ils ne sont pas pour un boycott total de cette prochaine campagne de commercialisation agricole prévue d’être lancée le 1er Décembre prochain, ou un éventuel recours à la Gambie pour le transit de leurs graines destinées à l’étranger, les protégés du président Abib Thiam exigent une telle demande pour, disent-ils, être plus compétitifs sur le marché étranger et local où leur absence favorise aujourd’hui un système de bradage inouï, difficile d’être contrôlé, en dépit des mesures palliatives prises par l’Etat ces dernières semaines.

Malgré la décision de l’Etat d’accepter une réduction de 10 Frs sur les 40 Frs initialement fixés pour un kilogramme d’arachide exporté, qui ne sera effectif qu’au mois de Mars prochain et l’initiative que le gouvernement a prise en continuant toujours à maintenir les 40 Frs jusqu’en cette période de commercialisation, les exportateurs de graines insistent et persistent encore sur l’élimination de cette taxe ou à défaut procéder à une réduction susceptible de prendre en compte les réalités liées à l’exportation et celles existant aujourd’hui sur le cours mondial. Car comme le souligne leur président Abib Thiam, les exportateurs ne sont pas exempts de taxe, mais pensent que les 210 Frs fixés au producteur sont déjà maintenus. Malgré un déséquilibre et une surproduction mondiale, ce prix-là est toujours irréfutable. Une chose que les membres du Copega apprécient d’ailleurs fortement, mais renoncent à renforcer en termes de prix d’achat, car aucun d’entre eux n’est encore prêt pour entrer en campagne, selon la plupart des personnes ayant intervenu lors de la rencontre.

Sudonline

Abdoul Aziz Tall sonne l’alerte. A 72 heures de l’ouverture des débats sur le dialogue politique initié par le Chef de l’Etat, Macky Sall, l’ancien ministre chargé du suivi du PSE, non moins conseiller en organisation, tire la sonnette d’alarme afin que ce dialogue soit «sincère et surtout inclusif». Parce qu’avertit-il, «si ces conditions ne sont pas remplies, nous risquons d’assister à une grand-messe, évidemment, sans lendemain». Dans cette interview accordée à Sud Quotidien, l’ancien directeur général de la LONASE remonte le temps en rappelant les nécessités d’un dialogue pour une paix sociale dans notre pays de Senghor à Wade, en passant par Abdou Diouf. A cet effet, il alerte aussi bien les tenants du pouvoir, notamment le Chef de l’Etat, à éviter de se retrouver dans des «postures ambiguës» que les leaders de l’opposition, à ne pas faire de la libération de Khalifa Ababacar Sall une condition sine qua non pour prendre part aux concertations.

Monsieur le ministre, à la veille du démarrage des concertations entre le pouvoir et l’opposition sénégalaise, quelle opinion faites-vous des rapports de forces en présence ?

Je pense d’abord que lorsqu’on s’achemine vers un événement aussi important que les concertations nationales, nous devons plutôt user de vocables positifs. Aussi, voudrais-je vous suggérer d’user du terme «acteurs» en lieu et place de «forces» qui nous renvoie à une logique de confrontation, alors nous allons vers des concertations. Cela dit, il faut noter que le Sénégal en tant que Nation, s’est toujours inscrit historiquement dans une tradition de dialogue et de concertation. Le premier président Léopold Sédar Senghor en avait fait sa principale stratégie de construction d’une nation où règne la cohésion, notamment entre les différentes communautés qui la composent, bien avant même l’existence d’une démocratie plurielle. Il avait réussi à débarrasser les ethnies, les communautés culturelles comme religieuses notamment, de toute velléité d’animosité à travers principalement l’usage de notre tradition de cousinage à plaisanterie. Non seulement il l’avait réussi, mais mieux, sur le plan international, il avait fini par exporter ce désir de vivre en commun à travers son fameux slogan «le commun vouloir de vie commune». A l’étranger, le nom de Senghor était fortement associé au dialogue. Il parlait souvent de dialogue des cultures et des civilisations ou de civilisation universelle, de métissage, de rendez-vous du donné et du recevoir etc. Quelle que soit l’opinion que l’on pouvait se faire de Senghor, il demeure qu’il nous a laissé un pays stable, sociologiquement cohésif où régnaient la paix et la sécurité. C’est dans ce contexte qu’il avait passé le flambeau à son successeur Abdou Diouf, non sans avoir autorisé l’existence du PDS, dont le leader justement s’était présenté dans une démarche de contributions à l’œuvre du Président poète.

En exerçant le pouvoir, Abdou Diouf s’était plusieurs fois heurté à une farouche opposition de Maître Abdoulaye Wade qui le considérait quelque part comme illégitime, au regard des conditions dans lesquelles Senghor l’avait choisi pour lui succéder. Il s’en est suivi des moments épiques de confrontation, dont les solutions finissaient toujours par être trouvées, et dans bien des cas avec le concours de chefs religieux crédibles et respectés comme mon homonyme El hadj Abdoul Aziz Sy «Dabaakh», Serigne Abdoul Ahad Mbacké et tant d’autres.      

Abdou Diouf, dans de telles circonstances faisait preuve de souplesse et d’humilité, quand bien même il devait s’opposer à l’aile dure de son parti qui était toujours prête à en découdre avec Wade et ses alliés, notamment ceux de la gauche. Quelle que puisse être l’intensité des hostilités, on finissait toujours par trouver des solutions qui mettaient notre pays à l’abri des soubresauts connus ailleurs dans le continent, et dont beaucoup sont à l’origine de changements de régime violents. C’est dans cette démarche de concertation qu’à plusieurs reprises, le Président Wade et ses alliés d’alors se sont retrouvés dans des gouvernements de Abdou Diouf. Il faut dire également que le Président Diouf se faisait entourer d’un dispositif informel composé de notables respectés et de hauts fonctionnaires rompus aux techniques de négociations, dont le rôle était justement de prévenir les conflits et/ou de contribuer discrètement à leur résolution. Serigne Lamine Diop, le doyen Momar Diao, Famara Ibrahima Sagna, Cheikh Hamidou Kane, le patriarche Médoune Fall, Fara Ndiaye, entre autres se distinguaient en vrais «sapeurs-pompiers» dans des moments critiques de notre histoire politique. Je suis sûr que Abdoulaye Moctar Diop, l’actuel Grand Sergine de Dakar pourrait aisément allonger la liste de ces hommes de l’ombre. Naturellement, leur capacité à résoudre les conflits n’avait d’égal que la discrétion totale qui entourait leur démarche. Le sens de l’état pour ainsi dire, faisait partie de leur ADN. C’était bien ça, un des secrets de leur succès.

Wade a-t-il perpétué cette tradition ?

Arrivé au pouvoir, Abdoulaye Wade qu’une réputation d’homme violent avait précédé, s’était empressé de vouloir effacer cette image en embouchant la trompette du dialogue et de la concertation. Même s’il n’a pas réussi avec autant de bonheur que ses prédécesseurs, il s’était toujours autoproclamé champion des appels au dialogue avec une comptabilité au nombre de fois qu’il les avait lancés sans succès. Certains de ses poches collaborateurs en avaient fait du reste leur fonds de commerce et le socle de leur stratégie de communication. Toujours est il que s’il avait suivi la même logique de concertation, probablement qu’il aurait pu faire l’économie de la manifestation du 23 juin 2011 et celles qui l’ont précédée et qui ont conduit à sa perte du pouvoir.

Pensez-vous que le Président Sall pourrait faire autant, voire mieux que ses prédécesseurs ?

Lorsqu’on détient les reines du pouvoir, la tendance naturelle est de vouloir en user de manière absolue. Chez nous africains, cela découle de la conception même que beaucoup se font de l’autorité. Un chef ne doit souffrir d’aucune contestation. Il décide et l’on exécute. S’y ajoute que la constitution de notre pays renforce cette idée, en faisant du chef de l’état, comme disait l’autre «un monarque républicain.» Il est la clef de voûte de l’ensemble des institutions et c’est à lui de nommer aux fonctions civiles et militaires. En quelque sorte il est le distributeur des prébendes de la République. Dès lors qu’on dispose de tous ces pouvoirs, il faut s’imprégner d’une forte dose d’humilité pour se rendre à l’évidence que l’Etat ne se résume pas à sa personne. De ce point de vue, je pense que la démarche du Président Macky Sall est salutaire, parce qu’Il aura fait preuve d’une grande humilité pour se rendre à l’évidence que l’Etat ne se résume effectivement pas à sa personne.

Pensez-vous que cette concertation a des chances de réussite ?

La réussite de l’exercice qui va démarrer ne dépend pas exclusivement du pouvoir et de ses alliés. Tous les acteurs doivent y contribuer avec un esprit patriotique et républicain. Il faut que ce dialogue soit donc sincère et surtout inclusif. Si ces conditions ne sont pas remplies, nous risquons d’assister à une grand-messe, évidemment sans lendemain. Il ne faudrait pas non plus que l’activisme débordant des partis politiques sans envergure, vienne polluer le vrai sens de cet évènement. Nombre d’entre eux sont plutôt soucieux, par simple opportunisme, de se faire remarquer, et de par leur sonorité, d’apporter les gages de leur allégeance au pouvoir en place.

Comment pourrait-on en apprécier les résultats ?

Comme dans toute entreprise qu’on engage, il est impératif de définir des termes de référence et dégager les indicateurs de résultats auxquels on veut aboutir. Cependant, Il reste entendu qu’on ne saurait consigner dans ces termes de références, tout ce qui touche le fonctionnement de notre pays. Les concertations ne sauraient être considérées comme une relecture ou réécriture de notre constitution. Vouloir les considérer comme telle, est d’avance une manifestation évidente d’une volonté de les voir échouées.

Certains partis politiques ont déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas à ces concertations alors que d’autres ont donné leur aval. Qu’est que ce cela vous inspire par rapport au succès attendu de ces concertations ?

A mon avis, on ne devrait pas rejeter l’idée d’une participation sans au préalable connaître les termes de référence des concertations. On ne peut pas poser une problématique et vouloir lui trouver des solutions en dehors du cadre de discussions. Il ne faut tout de même pas perdre de vue, que c’est le Président de la République lui-même qui a initié la concertation et que c’est lui qui l’organise par le canal de son ministre de l’intérieur. A ce niveau il faut surtout éviter le piège de l’orgueil mal placé.

Justement pour les partisans du refus, la libération du Maire de Dakar doit être effective avant qu’ils n’acceptent de prendre part à la rencontre. D’abord quelle appréciation faites-vous de ce dossier ?

Lorsque la justice se saisit d’un dossier, il est un devoir pour tout citoyen justiciable de se garder de porter des jugements, voire de spéculer sur l’issue qui lui sera réservée. Cela relève même d’une question d’honnêteté intellectuelle, que de ne pas spéculer sur un dossier de justice dont on ignore assurément tous les contours. Cela dit, dans un dossier de la nature de celui du Maire de Dakar, on peut comprendre, au regard du contexte, que ses partisans puissent s’aménager des espaces où l’on peut légitimement s’interroger quant à la manière dont il est traité. De ce point de vue, le niveau d’analyse devrait être porté à mon avis, non pas sur le champ judiciaire, mais plutôt sous l’angle de l’équité dans le traitement des dossiers introduits par le parquet au niveau de nos différentes juridictions.

C’est quoi la différence ?

L’équité désigne une forme d’égalité ou de juste traitement. Elle appelle des notions de justice naturelle et d’éthique dans l’appréciation par tous et chacun de ce qui est dû à chacun. La notion d’équité appelle celles d’impartialité et de justice.

Vous parlez en connaissance de cause ?

Tout à fait ! Pour avoir été moi-même victime d’un manque criard d’équité dans le traitement des dossiers d’audit issus de la première alternance, je comprends que les partisans du Maire s’offusquent à l’idée qu’il y’a présomption d’une absence d’équité dans le traitement de ce dossier.

Pouvez-vous revenir sur cet épisode de votre feuilleton judiciaire ?

En 2001, le procureur de la République avait bouclé près d’une vingtaine de dossiers d’audit, sur lesquels seuls trois avait fait l’objet de poursuites impitoyables, pour la bonne et simple raison que les mises en cause à l’époque, avaient systématiquement refusé de transhumer en direction du camp des vainqueurs. Deux de mes collègues et moi-même furent mis en prison. Ce fut le point de départ d’un long marathon judiciaire à l’issue duquel je fus totalement blanchi au niveau de toute la chaîne de juridiction de notre pays, sans avoir eu à déposer la moindre caution. Du juge d’instruction jusqu’à la cour de cassation à l’époque, en passant par la chambre d’accusation. De ce long feuilleton judiciaire, le soutien le plus en vue que nous, les prévenus avions obtenus, venait non pas des politiques, mais surtout de la société civile, en particulier la RADDHO, dont le Président de l’époque Alioune Tine s’était illustré pour dénoncer, non pas le principe de la reddition des comptes, mais la discrimination et le caractère sélectif du choix des dossiers à diligenter. Au tribunal précisément à la cour d’appel, l’avocat général avait ébahi l’assistance en déclarant tout de go que mon dossier était tellement vide que je n’aurais même pas dû franchir l’étape du juge d’instruction, à fortiori aller en prison. Ce magistrat s’appelait Alioune Ndao, celui-là même qui a été procureur spécial près la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite, quelques années plus tard. Le courage dont il avait fait preuve, me dissuade aujourd’hui d’accréditer la thèse qui voudrait que les magistrats soient toujours à la solde du ministère public. L’évocation de ce dossier m’offre toujours l’occasion d’exprimer toute ma gratitude à mon jeune frère et ami Maître Papa Leyti Ndiaye qui m’avait accompagné dans ces moments difficiles.                                      

Pour en revenir au maire de Dakar, il est emprisonné depuis plus de 6 mois pour un délit présumé de détournement de deniers publics. Dès lors que le ministère public se saisit d’un dossier de cette nature, il est tout à fait logique donc qu’une instruction soit ouverte, pour lui permettre de se défendre avec l’assistance de ses conseils. Jusqu’ici rien d’anormal !         Mais là où l’homme de la rue s’interroge, c’est qu’au même moment où ce dossier qui porterait sur un montant inférieur à 2 milliards est traité avec autant de diligence et de célérité, la presse révèle tous les jours, sans être formellement démentie, l’existence de dossiers portant sur des montants nettement supérieurs, qui seraient issus des différents rapports d’audits de nos corps de contrôle. Ces mêmes corps de contrôle soupçonnés à tort ou à raison d’être sous anesthésie depuis un certain temps, pour éviter que des dossiers compromettants soient portés sur la place publique. Le fait que leurs rapports ne soient plus publiés à date, qu’on le veuille ou non, provoque un sentiment de scepticisme auprès des défenseurs de l’orthodoxie républicaine.

Ce qui crédite la thèse du deux poids, deux mesures défendus par les partisans de Khalifa Ababacar Sall, qui estiment qu’il ne s’agit rien d’autre que d’une cabale savamment orchestrée pour empêcher au maire de Dakar de briguer la magistrature suprême lors de la Présidentielle de 2019 ?

Des lors qu’on aborde la question sous l’angle strictement   politique, on est forcément dans l’interprétation, et par conséquent on peut se permettre d’accréditer la thèse qui va dans le sens des intérêts du moment. Par le passé il y a eu beaucoup de dossiers par rapport auxquels les interprétations ont évolué en fonction du contexte, voire de la position et des alliances des acteurs concernés.

A votre avis quelle solution le président Macky Sall devrait-il adopter, face à ce qui apparaît comme un véritable obstacle à ces concertations et notamment avec cette affaire Khalifa Sall ?

Le 19 Septembre 2012, précisément sept mois après l’installation du Président Macky Sall au pouvoir, j’avais accordé une interview au journal «l’Enquête» de mon jeune frère Mamoudou Wane, dans laquelle je disais exactement ceci :                     «La pire des situations qui puisse arriver au président Macky Sall sous son magistère, c’est de se retrouver dans des postures ambiguës où on le compare à Abdoulaye Wade». Dans la même veine je précisais «que le président de la République doit faire prévaloir la stricte application des principes et valeurs fondamentales qui guident le fonctionnement d’un Etat moderne. A savoir, mettre en avant les principes de neutralité et d’égalité envers ses concitoyens, et assurer une mutabilité, c’est-à-dire engager une série de véritables réformes qui vont marquer des ruptures salutaires par rapport au régime précédent. Il lui faut donc remettre l’Etat à l’endroit et restaurer l’orthodoxie dans l’administration publique. A cet égard, la nomination de personnes dans l’administration et ses démembrements, selon leur appartenance à un parti politique ou à des réseaux de relations, plutôt que selon leur mérite, pourrait remettre fortement en question la neutralité réelle de l’Etat envers ses propres citoyens et agents publics. Et c’est à la fois frustrant et démotivant pour les agents de l’Etat, de voir placer à la tête de leur structure des personnes sur lesquelles ils émettent des réserves fondées quant à leurs capacités à les diriger.

Pensez-vous qu’il en est arrivé à cette situation ?

A vrai dire pas encore ! Mais vous savez, je suis conseiller en organisation. Depuis plus de 30 ans, de par ma vocation, (comme du reste de par celle de mes autres collègues) je joue un rôle d’alerte et de conseil. De ce point de vue, je pense en toute modestie avoir suffisamment de recul pour dire qu’aujourd’hui plus que jamais, les populations accordent autant d’importance au bilan immatériel de leurs dirigeants qu’à celui de leurs réalisations sur le terrain. Même si ce volet est d’une extrême importance. Le Président Wade a certes réalisé des infrastructures, même si nombre d’entre nous demeurons encore dubitatifs, quant aux conditions dans lesquelles cela s’est fait. Mais ce que lui a fait perdre le pouvoir, ce qui a emmené les populations à se détourner de lui, c’était entre autres son entêtement à considérer qu’il y a personne qui compte dans ce pays, en dehors de son propre fils. Littéralement traduit du wolof, il affirmait que « les sénégalais ignorent jusqu’au menu du dîner qu’ils ont pris la veille ». Ne disait-il pas aussi qu’il pouvait même nommer son chauffeur ambassadeur ? Ignorant sans doute que si tel était le cas, ce n’est pas tous les états du monde qui seraient prêts à lui en accorder l’accréditation. Sa fameuse boutade «maa wakhone wakhête» l’aura définitivement achevé. Il avait fini par construire autour de sa personne l’image d’un chef peu respectueux à l’égard ses concitoyens et capable de reniement à tout bout de champs. Ce n’est pas rassurant ! Et ce n’est pas culturellement admis dans nos traditions. Ce bilan immatériel, il était loin de l’avoir intégré dans sa stratégie. Je n’ai pas le moindre doute que le Président Macky Sall est animé de bonne foi lorsqu’il prend certaines décisions. Mais quand, pour dans circonstances exceptionnelles il est obligé d’y renoncer, l’on semble éprouver énormément de difficultés à gommer dans la tête de l’opinion cette perception de tromperie, voire même de défi, délibérément entretenue. Et malheureusement, ses adversaires politiques ne manquent aucune occasion d’exploiter ce dysfonctionnement. Cette perception négative pourrait bien expliquer aussi, la réticence qu’ils ont à accorder du crédit à son appel au dialogue. Il arrivera un moment où ils le manifesteront avec plus d’emphase et de manière encore plus tapageuse. Dans ce dossier du maire de Dakar, la contre offensive déclenchée par ses partisans, surtout avec cette question de l’immunité parlementaire, pourrait laisser croire qu’il y a des allures de tâtonnements, voire d’improvisation. Dès lors, il appartient aux partisans du Président Macky Sall de déconstruire au plus vite cette image d’Epinal que déjà, la question de la durée de son mandat et la récente nomination de son frère à la tête de la Caisse de Dépôt et de Consignation pourrait bien avoir renforcée. 2019, c’est déjà demain.

SudOnline

 

vendredi, 17 novembre 2017 13:45

Premières divisions au sein de La République en marche

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A la veille de son premier Congrès, La République en marche (LREM) connaît quelques difficultés en interne. Alors que Christophe Castaner prendra officiellement les rênes du mouvement et que les membres du bureau exécutif seront élus samedi 18 novembre, des voix s'élèvent pour critiquer le manque de démocratie au sein du parti.

« Le triomphe du marketing sur la démocratie », « l'opacité du fonctionnement » ou bien encore « le mépris pour le peuple ». La liste des griefs de la centaine de marcheurs qui devrait claquer la porte du parti aujourd'hui est longue. Mais au sein du mouvement, on minimise cette colère. « Ça reste une poignée de marcheurs », assure la députée de Paris, Laetitia Avia.

Quelques personnes qui feraient mieux de venir discuter avec les autres, selon Sacha Houlié, vice-président de l'Assemblée nationale : « Ceux qui s’en vont, c’est peut-être qu’ils ont envie d’exister au moment du congrès. C’est dommage. Moi je leur conseille d’exister, mais de façon constructive. Moi je leur conseille surtout de s’investir. Il y a quand même une grande liberté de ton et de parole dans le parti politique qui est le notre. »

Reste que face aux critiques, il a fallu lâcher du lest. Un débat a finalement été organisé jeudi soir entre les 4 listes candidates pour le bureau exécutif et samedi, le vote pourrait avoir lieu à bulletin secret, et non pas à main levée.

« On est au début de ce mouvement En marche qui a été quand même un grand choc, un renouvellement. Il faut poser les bonnes bases dès le départ. Donc s’il doit y avoir du débat en interne pour que ça aille mieux, que ce soit encore mieux, c’est déjà pas si mal, vous voyez. Moi ça m’intéresse d’aller vers plus de démocratie interne, plus de participation, plus de transparence », souligne Joachim Son-Forget, à l'origine de la liste numéro 3.

Du côté de l'opposition, on se réjouit de ces premières divisions dans le mouvement d'Emmanuel Macron. Son nouveau monde n'est pas si nouveau que cela, persiflent certains.

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Au Zimbabwe, nouveau coup de théâtre ce vendredi matin. Le président Robert Mugabe a fait sa première apparition publique depuis le coup de force de l'armée, mercredi. Il s’est rendu à une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare. Et alors qu’on le croyait en résidence surveillée, il est apparu libre.

C’est une véritable surprise. Le chef de l’Etat Robert Mugabe s’est rendu, ce matin, à une réception organisée par l'université Zimbabwe Open à Harare. Il était vêtu d’une robe universitaire jaune, d'une toge bleue et d'une coiffe assortie. Cela ressemble à un véritable coup de communication.

En effet, avec cette visite, Robert Mugabe montre qu’il est libre qu’il est toujours le chef de l’Etat et qu’il est toujours aux manettes. Côté militaires, qui affirment depuis le début que ce n’est pas un coup d’Etat, le message est clair. « Vous voyez le chef de l’Etat est libre, nous n’avons pas suspendu la Constitution. Nous sommes en discussion, en négociation ».

Négociations difficiles

Des négociations qui n’ont pas encore abouti. On sait que le président a rencontré les responsables de l’armée, jeudi après-midi, ainsi que les deux envoyés spéciaux de l’Afrique du Sud et un médiateur ; Il ne s’agit pas de n’importe qui puisque ce prêtre est le confident de Robert Mugabe.

Il est très difficile de savoir ce qui est ce qui est ressorti de la négociation. Visiblement, il y a des blocages et c’est pour cela qu’il n’y a pas d’annonce. Les militaires exigent la démission de Robert Mubage et qu’il laisse sa place à son ex-vice-président Emmerson Munangagwa. Mais Mugabe s’accrocherait et ne voudrait pas partir du moins pas tout de suite.

Les sources les plus fiables parlent d’un accord, mais ce qui bloquerait ce serait le calendrier. Difficile de s’entendre sur la date du départ de Robert Mugabe : immédiatement, après le congrès de la Zanu-PF, le parti au pouvoir le mois prochain, ou encore après les élections présidentielles l’année prochaine. Tout cela reste encore très incertain.

RFI

vendredi, 17 novembre 2017 13:36

Mondial 2018: les 32 équipes qualifiées à la Coupe

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Après sa victoire 2-0 au match retour face à la Nouvelle-Zélande mercredi 15 novembre, le Pérou est le 32e et dernier pays à se qualifier pour la Coupe du Monde. Un peu plus tôt, c’est l’Australie qui avait validé son ticket pour la Russie face au Honduras. Tour d’horizon de ces 32 équipes qui prendront part au Mondial.

Le casting de la 21e Coupe du monde de l’histoire est désormais bouclé. Au total ce ne sont pas moins de 32 équipes nationales qui prendront part au Mondial en Russie, dans lesquelles on retrouve des habituées de la compétition mais aussi des nations qui participeront pour la première fois au tournoi, quand d’autres le retrouveront après plusieurs années d’absence.

Au rang des favoris, on retrouvera le Brésil de Neymar, quintuple vainqueur de l’épreuve, mais aussi l’Allemagne, championne du monde en titre et l’Argentine, qualifiée in extremis grâce à un triplé de Lionel Messi. L’Espagne, vainqueur en 2010, sera aussi de la partie, tout comme la France qui se verrait bien décrocher une deuxième étoile mondiale après sa finale de l’Euro perdue en 2016.

Il faudra aussi compter sur les outsiders comme l’Angleterre ou l’Uruguay d’Edinson Cavani et de Luis Suarez. Après sa victoire inattendue à l’Euro, le Portugal, difficilement qualifié à la différence de buts, sera également de la partie, tout comme la Belgique, meilleure attaque des éliminatoires de la zone européenne.

Les petits nouveaux et ceux qu’on n’avait pas vu depuis longtemps

Deux équipes vivront cet été la première Coupe du monde de leur histoire : l’Islande et le Panama. Les Islandais avaient déjà réalisé un très beau parcours à l’Euro en accédant aux quarts de finale pour leur première participation. L’Islande est désormais du plus petit pays à s’être qualifié pour la Coupe du monde.

Il s’agira aussi d’une première pour le Panama qui a arraché sa qualification dans les dernières minutes de jeu face au Costa Rica. Tout le pays a fêté jusque tard dans la nuit du 11 octobre l’exploit de ses joueurs. Le président du Panama, Juan Carlos Varela, a même décrété la journée fériée.

Le Pérou, dernier qualifié au Mondial, a lui déjà participé à la compétition mais c’était il y a 35 ans, en 1982, autant dire une éternité. Pour fêter la nouvelle, le gouvernement péruvien a lui aussi décrété ce jeudi 16 novembre comme étant un jour chômé.

L’Egypte et le Sénégal retrouvent le Mondial

Presque 28 ans après leur dernière participation, les Egyptiens vont retrouver la Coupe du monde grâce à un penalty inscrit à la 94e minute par la star de l’équipe, Mohamed Salah, lors du match de qualification face au Congo. 16 ans après sa première participation en 2002, le Sénégal va également retrouver la compétition avec l’une des meilleures générations de footballeurs qu’a connu le pays depuis des années.

Du côté des nations africaines, la Tunisie et le Maroc vont aussi faire le déplacement en Russie. Le Nigeria, premier qualifié de cette Coupe du monde après la Russie, pays hôte donc participant d’office, vient compléter le tableau et fait figure d’habitué de la compétition.

32 équipes placées dans 4 chapeaux

La Suède, qui retrouvera la coupe du monde sans Zlatan Ibrahimovic qui a pris sa retraite internationale, la Pologne, l’Australie, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, le Costa Rica, la Colombie, le Mexique, la Suisse, la Serbie, la Croatie, l’Iran, le Japon et le Danemark viennent compléter la liste des 32 nations qualifiées pour la compétition.

Elles ont étés chacune placées dans l’un des quatre chapeaux qui serviront au très attendu tirage au sort qui aura lieu le 1er décembre prochain à Moscou.

RFI

Assoication kieke.enfant-En phase avec les peuples autochtones du Gabon et de centre Afrique-spectacles et expositions-Paris 1 décembre 2019

De : Hermine Boucavel mailto:Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ]

Bienvenue dans la forêt du Bassin du Congo
Nouveau départ pour les enfants de la forêt! →

Hermine Boucavel a permis à 368 enfants pygmées d'être scolarisés en République ... L'ONG kièlè les enfants de la forêt a besoin de dons afin de permettre la .


A la rencontre d'une jeune femme formidable Hermine Boucavel


Hermine Boucavel, créatrice de l'association » Kièlè les enfants de la forêt » est française d'origine gabonaise.


Educatrice depuis 15 ans auprès d'enfants et adolescents, elle contribue à l'aide sociale en France, à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne en France-

Agent du Conseil Départemenatl du Val de Marne 


Elle a effectué un voyage en République Centrafricaine et au Congo en février 2010 avec sa grand-mère afin de rendre visite à sa famille. Durant ce voyage elle a visité la forêt et a rencontré les peuples autochtones. Accueilli dans une hutte pendant 1 semaine, les jeunes adolescents ont eu une conversation avec elle, et ont senti sa sensibilité pour les enfants. Ils lui ont parlé un peu français etça l'a beaucoup fait rire et elle leur a demandé si ils voulaient apprendre le français ; ils ont di qu'effectivement ils le souhaitaient et l'ont sollicité sur le besoin d'apprendre à lire et à écrire.
De ce fait, sensibilisée par l'état d'abandon de ces jeunes pygmées, sans accès à l'éducation scolaire, Hermine s'est engagée avec ses propres euros à monter la première école de la forêt en République Centrafrique qu'elle a reformulé sous l'appelation de l'Association Kièlè les enfants de la forêt.


« Ce que je souhaite? Protéger l'identité des peuples autochtones, préserver la forêt, la nature et assurer une autonomie pérrene. »


https://kieleenfants.wordpress.com/2011/06/15/a-la-rencontre-dune-jeune-femme-formidable-hermine-boucavel/


Merci à Massar de nous avoir mis en contact avec hermine, ichrono.info informe, transmet pour que le savoir soit partagé

 

16ème EDITION DE LA FILDAK-PRECOLLOQUE DU THEATRE NATIONAL DANIEL SORANO - HOMMAGE À FATOU NIANG SIGA- par Alpha Amadou SY

Fatou Niang Siga, que la République, par le biais du ministère de la Culture, honore aujourd'hui, est originaire du nord de notre pays. Pour être plus précis, elle est née en 1932 dans cette ville où le fleuve flirte densément avec l'Océan avant de tomber littéralement dans ses bras, nous voulons nommer Saint-Louis du Sénégal.


Fatou Niang Siga reste l'une des rares Sénégalaises à avoir eu le privilège d'assumer avec épanouissement son triple statut de d'épouse, de mère et de citoyenne.
Enseignante, elle a successivement servi à Saint-Louis, à Louga, avant de revenir « au royaume d'enfance » pour y terminer sa carrière comme Directrice de l'école Léona Fille, devenue école SAER SEYE.
Sur le plan politique, elle a d'abord milité à la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) y assumant les charges de Présidente de l'Association des jeunes. Ayant rejoint, l'UPS, l'ancêtre de l'actuel Parti socialiste du Sénégal, elle s'y verra confier les charges de secrétaire chargée des relations extérieures du Conseil des Femmes ; Mme caroline en était la Présidente.
Son dynamisme et son sens de l'initiative l'amèneront à être membre fondatrice du Cercle de la Jeunesse et de la 1ère équipe féminine de basket Ball de Louga.


Enfin, sur demande de Son Excellence Le Président Me A WADE, elle a préparé l'exposition sur la mode (habillement, coiffure et parure), à l'occasion de la remise du prix Houphouët Boigny à l'UNESCO.
Les textes qui composent son œuvre, d'une densité et d'une originalité suffisamment reconnues pour lui valoir l'hommage de la République, ont comme prétexte originel l'unique souci d'aider ses enfants et petits- enfants à s'approprier des pans de leur culture dangereusement menacée par les effets conjugués de l'érosion du temps, des contrecoups de la mondialisation et de l'absence du réflexe de la conservation.


Cette préoccupation, parfois aux allures obsessionnelles, s'explique par la conjugaison d'un certain nombre de facteurs. La fille, dont la précocité était assez frappante pour que l'institutrice du coin suggère ses parents de l'inscrire à l'école des Blancs, a dû être séduite par la magie de l'écrit. Il s'y ajoute que durant son séjour au mythique Lycée Faidherbe - devenu aujourd'hui Lycée Cheikh Oumar Foutiyou Tall - elle a sans doute réalisé, de quelque manière, la fragilité d'un patrimoine confiné à l'oralité. En outre, pour avoir embrassé le noble métier d'enseignante, elle ne manqua pas de prendre conscience de l'urgence de consigner, pour la postérité, ce qu'elle avait appris à « l'école du soir », à l'heure du conte. Le dernier mais pas le moindre, ce souci constant, dans le double axe de la préservation et de la transmission témoignait aussi, de quelque façon, de l'influence du père, premier archiviste africain du Sénégal.


En tout état de cause, à la lecture de « Reflets de modes et traditions saint-louisiennes », (éditions Khoudia, Dakar, 1990), de « Saint-Louis et sa mythologie », (édité chez Xamal, à Saint-Louis, (avant d'être repris à compte d'auteurs en mai 2005) « Costumes saint-louisien d'hier à aujourd'hui » (à compte d'auteur, en mai 2005), il est loisible de réaliser, non sans bonheur, que Fatou Niang Siga est allée bien au-delà de cet objectif. Son œuvre s'intègre parfaitement dans cette problématique qui a certainement l'âge de la littérature africaine d'expression française, à savoir l'affirmation de l'identité culturelle.


Consciente, comme dirait ce puissant esprit allemand qu'est Hegel, que tout rapport, de quelque ordre que ce soit avec l'Autre, suppose l'affirmation de soi, Fatou Niang Siga inscrit la transmission des valeurs cardinales dans la trajectoire d'une affirmation identitaire qui, au demeurant, n'a rien de meurtrière : « Nous pensons que, à travers les informations que nous donnons sur certaines modes et traditions anciennes de notre pays, la jeunesse sentira la nécessité et la valeur de la solidarité dans la vie en société. Si cet objectif est atteint, nous aurions alors apporté notre contribution à la réhabilitation des valeurs morales qui ont marqué la vie de nos ancêtres : une épuisable source de références »


Dans cet esprit, Fatou Ninag Siga publie« Reflets de modes et traditions saint-louisiennes dont la quintessence est généreusement mise en évidence par Dr Mamadou Abib Kébé : il s'est agi de montrer « que la coiffure, le Fanal et le Sanjay sont des objets sémiotiques qui témoignent de l'identité culturelle propre à la société ouolof saint-louisienne : la coiffure est l'élément structurant de base qui informe des faits sociaux tels que le mariage, le baptême et la circoncision. Le Fanal est le produit de cette intersubjectivité née de la rencontre de l'homme blanc et de l'homme noir dans le contexte colonial ; le Sanjay, aux origines mythiques, rappelle les racines profondes de cette culture saint-louisienne qui s'inscrit dans un vaste ensemble qui témoigne de l'unité culturelle du monde noir »


L'appétit venant en mangeant, Fatou Niang Siga, qui avait nourri la modeste ambition d'écrire et même de n'écrire que « pour ses enfants et ses petits-enfants » , se retrouva dans une aventure intellectuelle dont l'originalité n'a pas échappé à la vigilance du critique Kébé : « Dans une entreprise qui tient de l'essai et du récit, qui se veut descriptive et normative, l'auteure nous peint, à travers des faits de cultures spécifiques, les aspects fondamentaux de l'identité saint-louisienne. Cette peinture, qui se veut systématique et diachronique, met en relief les éléments structurants, les facteurs dynamiques qui présentent les faits de culture, moins comme des objets de musée à conserver, que comme un esprit vivant qui se reproduit dans la permanence et la variation. »


Cette démarche, d'une remarquable fécondité intellectuelle, sera de rigueur dans ces deux autres ouvrages susmentionnés. Aussi parviendra-t-elle, par ce truchement, à trier au volet ce qui est reconnu comme l'atout majeur des Saint-Louisiens : l'expression d'une belle synthèse entre les civilisations négro-africaine, arabo-islamique et occidentale.
À la lumière des investigations de Fatou Niang Siga, il est loisible de comprendre comment ce syncrétisme a fini par produire une personne typique dont elle décrit ainsi le profil : « L'élégance du geste, de la parole, de l'habit, de la démarche et de la cuisine (avec le goût naturellement) était cultivé comme une vertu cardinale au même degré tels que l'honnêteté, le sens de l'honneur, du respect de l'autre, de la dignité et de l'hospitalité.

Etre débraillé ou négligé était un pêché capital. Chacun à son niveau, avec les moyens dont il disposait, se devait d'offrir à la communauté l'image la plus positive de sa personne...


À petits pas, lentement: une manière de célébrer la parfaite corrélation entre l'indispensable sérénité de l'esprit, la dignité de l'habillement et la poésie du corps humain. Il faut mériter l'insigne honneur d'avoir été créé à l'image de Dieu ».


Du reste, cette image est tellement intériorisée que les Sénégalais en général considèrent dans le cadre de la polygamie que c'est peine perdue que de déployer un quelconque effort pour rivaliser avec les Saint-louisiennes, réputées « mokk pooc ».


Saint-lousienne jusqu'au bout des ongles, elle a su s'approprier de ce patrimoine singulier qui fait de sa Cité natale, « la civilisation de l'Universel en miniature ».
Monsieur le Ministre, Honorables invités,


La République, en honorant de si belle manière, une des figures de proue de Ndar, honore une dame qui le mérite, honore les Lettres saint-louisiennes et honore tout Saint-Louis.
Cette conviction mienne résulte de ma conscience du fait que la générosité de Fatou Niang Siga ne s'épuise guère dans l'écriture, quoiqu'elle soit l'une des expressions la plus achevée de l'ouverture vers l'Autre et du sens du partage. Débordant de loin la sphère de la création, elle a été déclinée par un geste légitimement salué comme « hautement social et civique » , consistant en un don de 1240 ouvrages aux cinq universités publiques de notre pays.

Comment aussi ne pas évoquer, dans la même veine, le soutien de Fatou Niang Siga aux acteurs culturels, ses dons aux dahiras, aux daras et aux mosquées et son assistance discrète aux déshérités ?


Dans sa retraite du moment, Fatou Niang Siga, en fervente mouride, fait montre d'une piété remarquable sur toile de fond d'une spiritualité d'une rare intensité, tout en gardant cette joie de vivre et ce sens de l'humour d'une fraîcheur évidente. Pour s'en persuader, il suffit de rappeler ses propos, tenus lors de l'organisation de la première édition du Festival International de Poésie Itinérant en Afrique, en mai 2006. S'adressant aux organisateurs et invités, au nombre desquels Paul Dakeyo du Cameroun, Poète- éditeur, Alioune Badara Coulibaly du Sénégal, Poète, Président du Cercle des Ecrivains et Poète de Saint- Louis, Josée Lapeyrére de la France, Poétesse et Psychiatre, Marouba Fall du Sénégal, Poète et Romancier, Louis Camara du Sénégal, Poète et Conteur, Taijin Tendo du Japon, Poète, Mohamed Toihiri des Comores, Poète et Professeur de littérature comparée, elle déclarait :


« Plus que des souhaits de bienvenue : depuis que la nouvelle d'un mouvement d'une partie du monde m'est parvenue, je me suis mise à égrener mon chapelet, priant pour que votre voyage se fasse sans encombre et que toutes vos activités répondent à votre attente. Et, j'ai regretté de ne pouvoir être à l'accueil avec mes collègues de Saint- louis, pour ma contribution à la téranga que nous vous devons. »


Fatou Niang Siga ajoutait pour conclure :


Vous l'avez sûrement constaté : le saint-louisien est naturellement ouvert, accueillant à souhait, aimant vivre en association pour échanger. Ne pouvant tricher avec ses sentiments, sa spontanéité parfois surprend ou déconcerte. Vous l'auriez constaté si la pesanteur de l'âge ne m'indisposait pas, car ce serait avec chants et quelques pas de danse que je vous aurais exprimé la joie et la fierté qui m'habitent aujourd'hui. »


Monsieur Le Ministre de la Culture, par ma voix, Saint-Louis, Fatou Niang Siga et sa famille exprime leur profonde gratitude à la République reconnaissante ; merci aussi au Comité scientifique pour le choix porté, à la fois, sur cette grande femme des lettres et sur ma modeste personne pour ce redoutable exercice de présentation d'une citoyenne si complexe ;
Enfin, merci à toutes et à tous pour votre bien aimable attention.

REFERENCES
Aïdara, Abdoul Hadir; Saint-Louis du Sénégal d'hier à aujourd'hui, Éditions Granvaux, octobre 2004 ;
Dia, Fadel, «Adieu Saint-Louis, bonjour Ndar », CRDS, D 84 ;
Diakhité, Cheikhou, « Le parler sait-louisien », inédit ;
Diop, Mame Séye, « Témoignage lors de la présentation-dédicace des ouvrages de Fatou Niang Siga, le 28 décembre 2005 à la Chambre de Commerce de Saint-Louis ;
Kébé, Mamadou Abib, « Reflets de modes et traditions saint-louisiennes de Fatou Niang Siga : une ingénieuse défense et illustration de l'identité culturelle de Saint-Louis. », colloque du FIPIA, mai 2009, Saint-Louis ;
Ndar Info : Don de 1240 livres ; http://www.ndarinfo.com/DON-1-240-ouvrages-offerts-aux-cinq-universites-publiques-du-Senegal-L-acte-hautement-social-et-civique-de-Fatou-Niang_a17702.html
Niang , El Hadj Ndiouga, Témoignage à la Cérémonie de présentation-dédicace du 28 mai 2005 à la Chambre de Commerce de Saint-Louis ;
Niang, Siga Fatou :
- « Costumes saint-louisien d'hier à aujourd'hui » (à compte d'auteur, en mai 2005) ;
- « Discours de bienvenue à la Délégation du FIPIA, 17 mai 2006 » ;
- « Reflets de modes et traditions saint-louisiennes », Dakar, éditions Khoudia, Dakar, 1990) ;
- « Saint-Louis et sa mythologie », Saint-Louis, éditions Xamal, à Saint-Louis, (avant d'être repris à compte d'auteurs en mai 2005) ;
Sy, Alpha Amadou :
- « Fatou Niang Siga ou quelques considérations d'une Saint-louisienne sur l'esthétique saint-louisienne » ;
- L'imaginaire saint-louisien (doomou Ndar à l'épreuve du temps) », Paris l'harmattan, 2015 ;
- « Saint-Louis du Sénégal ou la « Civilisation de l'Universel en miniature », Forum de Saint-Louis du 15/06/2017.

ALPHA AMADOU SY PHILOSOPHE/ECRIVAIN TEl: 221775230504 Email :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Fax : 221339611793 BP : 319 Sie :www.ifrance.com:mnas

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L’intérêt sécuritaire porté au continent par les Américains découle d’une menace terroriste en plein accroissement L’administration Obama a mis en avant, dans son bilan sur l’Afrique, ses initiatives phares dans les domaines de l’éducation, de l’énergie et des échanges commerciaux. Cette présentation omet toutefois une autre caractéristique de ce bilan : la militarisation croissante de la politique américaine, une tendance qui risque de s’accentuer avec son successeur Donald Trump.

La lutte contre le terrorisme pourrait même devenir le prisme dominant de l’approche américaine du continent. Cette évolution découle de l’estimation de la menace à Washington, du poids croissant du Pentagone dans la mise en œuvre de la politique étrangère américaine en général, et en Afrique en particulier. Précisons d’emblée qu’elle est soutenue par le Congrès.

Des « solutions africaines aux problèmes africains »

Cette évolution signale aussi la transformation d’Africom – créé par George W. Bush en 2007 – d’un commandement censé mettre en œuvre une approche globale civilo-militaire à un commandement de plus en plus combattant. Un tournant lié à l’intervention en Libye en 2011 et à l’attaque du consulat américain de Benghazi en 2012, dans laquelle l’ambassadeur de l’époque trouva la mort.

Les militaires américains présents en Afrique – environ 6 000 sur le continent, dont 4 000 sur la principale base de Djibouti – ont avant tout un rôle d’appui, de formation et d’assistance aux forces locales : il s’agit de ne pas apparaître comme un cobelligérant (le traumatisme de Mogadiscio en 1993 sous Clinton reste vif), le mot d’ordre sur le long terme demeurant celui des « solutions africaines aux problèmes africains ».

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Obama a en effet poursuivi la guerre globale des Etats-Unis contre les groupes djihadistes où qu’ils soient, tout en modifiant son approche militaire. Avec l’augmentation des groupes terroristes et de leurs activités en Afrique, le continent a constitué un laboratoire de la transformation opérée par Obama dans les engagements militaires américains. Cette mutation est elle-même guidée par le concept d’« empreinte légère » reposant sur la formation, l’équipement et l’appui aux forces armées des pays directement concernés par ces menaces sur le terrain.

En témoigne la multiplication des références à des régions et pays africains dans plusieurs discours emblématiques d’Obama sur le terrorisme, en particulier le discours de West Point, ou celui de septembre 2014 annonçant la stratégie américaine vis-à-vis de l’organisation Etat islamique, dans lequel Obama citait en référence la stratégie mise en œuvre depuis plusieurs années en Somalie ainsi qu’au Yémen.

La montée en puissance de la présence de l’Afrique dans les intérêts américains découle de l’évaluation en hausse constante de la menace terroriste venue du continent. Ainsi, en 2012, le département d’Etat identifiait quatre organisations terroristes en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, il en identifie quatre fois plus.

La première priorité des Etats-Unis en Afrique demeure la Somalie, les Chabab étant identifiés par Africom chaque année dans sa présentation au Congrès comme la menace principale visant les intérêts américains.

Lire aussi :   Obama, « chef de guerre » contre le terrorisme en Afrique

La deuxième priorité est, aujourd’hui, l’Afrique du Nord et de l’Ouest, en particulier le Sahel où les Etats-Unis agissent en soutien de l’opération française « Barkhane » (ou l’inverse), et la Libye, où Washington intervient également directement depuis l’été 2016.

La troisième priorité sur le continent est la lutte contre Boko Haram, affilié au groupe Etat islamique, aux côtés des autorités nigérianes et camerounaises, en coopération avec la France et la Grande-Bretagne. Le chef de l’US Army déclarait récemment que 80 % des activités prévues en 2018 pour les forces terrestres américaines en Afrique concernaient le bassin du lac Tchad (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun). Le département d’Etat, de son côté, a confirmé l’engagement financier supplémentaire des Etats-Unis pour le Sahel, à hauteur de 60 millions de dollars.

Montée en puissance du dispositif américain

Les Américains ont semblé découvrir avec la mort récente de quatre soldats des forces spéciales l’ampleur de leur présence au Niger, pays qui compte aujourd’hui 800 militaires américains sur son sol, et plusieurs bases, dont une d’« ampleur historique » (pour l’US Air Force) en construction, destinées en priorité aux drones de surveillance – le débat serait en cours aux Etats-Unis sur la question de les armer, le Niger en ayant confirmé la demande.

Cette présence au sol, la plus importante dans un pays africain hors Djibouti, est liée à l’alourdissement de l’empreinte américaine depuis l’élection de Donald Trump. La même évolution est observable en Somalie, où la présence américaine a quadruplé depuis janvier, pour atteindre 400 soldats.

Enfin, les frappes et raids se sont également intensifiés en Libye et en Somalie : 500 frappes en Libye, plus d’une douzaine de raids en Somalie depuis un an, la tendance étant donc antérieure à Trump, en particulier en Libye.

La priorité reste toutefois la formation et l’entraînement des armées partenaires. Mais les conditions sur le terrain ont changé, et la politique américaine a elle aussi évolué. Au vu des déclarations récentes du secrétaire à la défense, James Mattis, suite à l’affaire du Niger, le focus africain du contre-terrorisme américain pourrait s’accentuer.

Lire aussi :   Que font les forces spéciales américaines en Afrique ?

On rappellera tout de même ici que plus des trois-quarts de l’aide américaine à l’Afrique vont à des programmes de santé, en particulier de lutte contre le sida, mis en place par George W. Bush. Ce sont ces programmes, en particulier, qu’un questionnaire envoyé aux diplomates américains par la nouvelle équipe Trump à son arrivée semblait vouloir remettre en question (le processus est en cours). La militarisation de l’approche américaine en serait renforcée, alors même que la diplomatie américaine devrait voir ses moyens diminuer.

Les limites de l’empreinte légère

L’empreinte légère repose, en particulier, sur l’emploi des forces spéciales. Le commandement américain des forces spéciales (Socom, Special Operations Command) a été protégé des coupes du budget défense américain. Son commandement opérationnel (JSOC, Joint Special Operations Command), a pris une importance croissante en tant que planificateur et acteur central de la lutte contre le terrorisme, place entérinée officiellement par Obama dans les dernières semaines de son mandat.

Pour mémoire, les effectifs des forces spéciales américaines sont d’environ 70 000 hommes (moins de 5 % forces militaires totales américaines) pour un budget en 2012 de 10,5 milliards de dollars (1,4 % du total budget défense). En 2016, pour la première fois, les forces spéciales ont eu davantage de pertes que les forces régulières, une évolution significative qui découle directement du choix de l’empreinte légère. Or cette orientation devrait se maintenir en raison de la contrainte budgétaire et de la prévalence des guerres et menaces irrégulières ; elle est d’ailleurs est soutenue par le Congrès, en particulier pour l’Afrique.

La Somalie, invoquée comme modèle par Obama, est aussi un cas d’étude des risques liés à l’empreinte légère. La lutte contre les Chabab représente le plus gros budget d’assistance militaire américaine en Afrique, avec un total de 1,4 milliard de dollars sur la dernière décennie (2007-2016), pour l’essentiel sous la forme d’assistance sécuritaire bilatérale aux armées des pays engagés sur le terrain, Kenya et Ethiopie en tête. Ce montant reste très largement inférieur (1 000 fois) au coût des guerres en Irak et Afghanistan.

Lire aussi :   Qui sont les Chabab, soupçonnés d’être à l’origine de l’attentat de Mogadiscio ?

Mais si l’approche indirecte somalienne coûte moins cher, elle illustre également les conséquences contre-productives de cette option. Le cas somalien montre en effet les limites de l’efficacité de la stratégie indirecte, puisque la menace perdure, voire augmente, plus de dix ans après que les Etats-Unis en aient fait leur première priorité sur le continent. Washington a d’ailleurs adopté ces derniers temps une approche de plus en plus directe, qui semble relativiser la réussite du « modèle somalien » vanté en son temps par Obama.

Il faut surtout rappeler ici que les efforts lancés par Washington après les attentats de 2001 pour prévenir puis contenir la menace terroriste en Afrique de l’Est, en finançant les efforts des principaux partenaires africains (Ethiopie, Kenya, Ouganda, Burundi, Djibouti) engagés dans la résolution de la crise politique somalienne, ont contribué à faire du mouvement Al-Chabab une menace au niveau régional qu’il ne constituait pas nécessairement au départ. Demain, le même scénario pourrait se produire au Niger, et ailleurs en Afrique.


Le Monde.fr

Une secousse de magnitude 7,3 a frappé dimanche 12 novembre le nord-est de l’Irak et des régions frontalières en Iran et en Turquie. Le dernier bilan officiel fait état de plus de 200 morts et 1700 blessés côté iranien, six côté irakien.

Les habitants de Bagdad ont pu ressentir cette forte secousse pendant une vingtaine de secondes. Parfois plus dans d'autres provinces d'Irak, selon des témoignages rapportés par l'Agence France-Presse.

L'épicentre du séisme a été enregistré dimanche, aux alentours de 18h TU, à une profondeur de 25 kilomètres à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la ville d’Halabja, dans une zone montagneuse de la province irakienne de Souleimaniyeh, indique l’Institut géologique américain (USGS).

L'Iran le plus durement frappé

Le séisme a également été ressenti en Iran, qui enregistre pour l’heure le bilan le plus lourd. Selon les médias locaux, le bilan, qui n'a cessé de croître dans la nuit et demeure encore provisoire, s'élève à plus de 200 morts et plus de 1700 blessés. Des chiffres annoncés par la cellule de crise mise en place par le ministère de l'Intérieur.

Les villes les plus touchées semblent être celle de Qasr-e Shirin, à la frontière, Azgaleh ou encore Sar pol Zahab et Islamabad. « Nous sommes en train d'installer trois camps d'urgence » dans cette zone, a déclaré à la télévision d'Etat le gouverneur adjoint de Kermanshah où au moins une cinquantaine de répliques ont été ressenties depuis deimanche soir rapporte ce lundi notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

D'après l'agence de presse officielle Irna, des équipes de secouristes du Croissant-Rouge iranien, du Bassidj, des Gardiens de la révolution et de l’armée ont été mobilisées pour aider la population dans l'ouest de l'Iran. Mais les opérations s’annoncent difficiles, certaines routes étant coupées.

Selon le site internet de la radiotélévision d'Etat, les écoles seront fermées ce lundi dans les provinces de Kermanshah et d'Ilam. Les médias publics ont appelé la population au calme. « La situation est sous contrôle dans les zones frappées par le séisme », a assuré la télévision d’État.

Trois jours de deuil ont été décrétés dans la province de Kermanshah.

En décembre 2003, la ville historique de Bam, située dans le sud de l’Iran, avait été totalement dévastée, par un fort séisme qui avait fait à l’époque 31.000 morts. En juin 1990, un séisme d'une magnitude de 7,4 en Iran près de la mer Caspienne avait fait 40 000 morts, plus de 300 000 blessés et 500 000 sans-abri.

Six morts au Kurdistan irakien

En Irak, six victimes ont été signalées dans la province de Souleimaniyeh, dans le Kurdistan irakien, selon des responsables.

Dans certaines zones des deux pays, l’électricité est coupée. Et les habitants ont été appelés à dormir à l’extérieur de leurs maisons par précaution.

En Turquie, où la secousse a également été ressentie, aucun dégât ni victime ne sont à déplorer, selon les autorités.

et avec AFP

lundi, 13 novembre 2017 09:06

Mondial 2018: l’Afrique fait sa révolution

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Depuis la Coupe du monde 2006, qui avait vu les premières participations conjuguées au Mondial du Togo, de l’Angola, de la Côte d’Ivoire, et du Ghana, l’Afrique n’avait pas connu une phase de qualification aussi surprenante. Des cinq équipes présentes au Mondial 2014, seul, le Nigeria a survécu au renouvellement des élites du foot africain. L’Egypte, le Maroc, le Sénégal, et la Tunisie sont désormais aux commandes. Retour sur des éliminatoires qui ont redessiné la carte du foot africain.

   Le paradoxe nigérian

On peut rater les deux dernières Coupes d’Afrique des Nations, et être la seule équipe africaine présente aux Coupes du monde du Brésil et de la Russie. C’est tout le paradoxe de l’équipe du Nigeria, incapable de se qualifier pour les CAN 2015 et 2017, mais qui a survolé (quatre victoires, deux nuls) sa poule de qualification devant la Zambie, le Cameroun, et l’Algérie. Il faut dire que les Super Eagles ont pris l’habitude d’honorer leur rendez-vous mondial depuis leur première participation en 1994. Depuis la Coupe du monde américaine, le Nigeria n’a manqué en effet qu’un Mondial (2006) sur sept.

En Russie, l’équipe dirigée par l’entraîneur franco-allemand Gernot Rorh tentera de disputer son premier quart de finale d’une Coupe du monde. Un défi sur mesure pour John Obi Mikel, le capitaine et les Supers Eagles. De quoi honorer la mémoire de Stephen Keshi, disparu en juin 2016 à l'âge de 54 ans, qui avait remporté la CAN 2013 avec les Super Eagles à sa tête, et celle de 1994 en tant que joueur.

   L'Afrique du Nord se retrouve

Vingt-huit ans ! C’est le nombre d’années qui séparent l’Egypte de sa dernière Coupe du monde (1990) à sa prochaine. Une éternité pharaonique pour un pays qui demeure la référence du foot africain (recordman des CAN remportées, 7). Mais au niveau Mondial, l’Egypte n’a jamais su se faire inviter à la table des grands de façon régulière. Si elle a été la toute première nation africaine à participer au Mondial (1934), elle a attendu 56 ans pour disputer le deuxième, et 28 pour le troisième. Il lui a fallu écarter le Ghana qui l’avait, lui-même, barrer la route du Mondial 2014. C’est avec appétit que les Pharaons, finalistes de la CAN 2017, dirigés par l’Argentin Hector Cuper, vont débarquer en Russie.

Pour le Maroc, l’attente fut moins longue, mais a duré tout de même 20 ans. Pour prendre la succession des Bassir, et Hadji, qui ont représenté les Lions de l’Atlas à la Coupe du monde française (1998), les Boussoufa, Benatia ont dû sortir le géant ivoirien qui restait sur trois Mondials d’affilée (2006, 2010, 2014). Les hommes d’Hervé Renard offrent l’image d’une équipe avec un gros potentiel, de grosses individualités, et une très bonne défense (zéro but encaissé en éliminatoires). Tous les ingrédients d'un cocktail que le technicien français devrait servir en Russie.

Pour la Tunisie, les retrouvailles avec la Coupe du monde, après des absences en 2010 et 2014, étaient plus ou moins attendues. Les Aigles de Carthage ont tenu leur rang dans une poule où la RD Congo aura été un outsider très crédible. Les Tunisiens doivent leur qualification aux quatre points pris en confrontations directes avec les Léopards. Equipe très joueuse avec une attaque imprévisible, la Tunisie peut avoir des absences en cours de matches comme lors de la dernière CAN. C’est certainement sur ce point que le technicien local, Nabil Maaloul, devra travailler avec son groupe. Car pour ce qui du talent, les Aigles en ont assurément.

   Sénégal, Aliou Cissé en symbole

Pour le Sénégal, il était écrit qu’une qualification à la Coupe du monde 2018 devait venir de l’héritage de la Coupe du monde 2002. Alors que les Lions du Sénégal couraient derrière une présence au Mondial depuis l’exploit de la bande à El Hadji Diouf, quart-de-finaliste en 2002, c’est le capitaine de cette équipe, devenu sélectionneur, qui a mené le Sénégal à sa deuxième Coupe du monde. Aliou Cissé prend la succession de son mentor Bruno Metsu (décédé en 2013) et peut être fier de son exploit malgré une qualification qui fut plus dure que prévu. La faute à l’affaire du match de la deuxième journée finalement rejoué face à l’Afrique du Sud, et au Burkina Faso qui a contesté l’hégémonie des Lions dans ce groupe D. Au final, le Sénégal demeure invaincu dans ces éliminatoires en attendant son dernier match mardi 14 novembre face à l’Afrique du Sud à Dakar. L’occasion de fêter la qualification et célébrer un héros de 2002, devenu guide éclairé de 2018.

RFI

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