Des thésards mis en difficulté comme dans un ring de boxe par " certains professeurs africains invités "

ichrono.info milite pour que rien ne soit tabou surtout dans le domaine du savoir. P B CISSOKO


Qu'est-ce qu'une thèse de doctorat ?


Une thèse de doctorat est une épreuve qui vous permet d'obtenir un diplôme de doctorant. Il s'agit d'un exercice rédactionnel important qui requiert d'importantes recherches et un investissement sur le long terme.
Décider de faire une thèse de doctorat n'est pas une décision facile. C'est un véritable engagement personnel, professionnel et intellectuel qui va durer 3 années après un Master 2, soit un Bac +8.- Justine Debret.

Combien de fois oa-t-on entendu que des ( certains africains) professeurs qui viennent participer à un jury de thèse mènent la vie difficile aux thésards.


Mais pourquoi cette façon de faire, dans quel but, quel intérêt ?


Qu'est-ce qu'un enseignant, c'est selon moi un homme instruit capable de transmettre du savoir avec une pédagogie qui favorise la réussite et non l'échec.
Il me semble que c'est tout le contraire pour une certaine caste de Professeurs.


Rappelons quelques faits.


Quand on vous autorisé à présenter votre thèse c'est que le travail est reconnu et vous avez un quitus pour la présenter devant votre directeur de thèse et d'autres enseignants spécialisés sur le sujet.


« En constituant le jury, le jeune chercheur entre dans la cours des grands ceux- la qui devront le juger Connaissant son domaine on pourra dire qu'il peut parler d'égal à égal avec ces doyens mais sans forfanterie comme le dit le Pr D SAMB dans son Manuel de méthodologie.
Une fois que vous avez fini d'exposer, chacun des membres du jury prendra la parole pour et le Pr Djibril SAMB de dire « Les questions vont alors fuser. Plus exactement, les suffragants vont discuter tour à tour avec vous. En général, ils connaissent très bien la question, mais pas nécessairement mieux que vous.
Leur érudition, souvent impeccable pourra vous éprouver durement. Rien n'échappera à leur vigilance, les fautes d'accent, de syntaxe, les solécismes, les barbarismes, les citations erronées, les omissions bibliographique, les contresens, les paralogismes, etc. Bref, par moment vous vous sentirez particulièrement modeste et pourrez avoir l'impression que votre thèse ne vaut rien. Pouvez-vous bien, à ce moment –là, que la loi du genre Vous êtes une sorte de bizut et vous êtes soumis, par les anciens, à un supplice semblable par certains côtés au bizutage
. Eux-mêmes ont connu cela dans un passé, il est vrai lointain. Pourquoi seraient-moins durs envers vous qu'on ne l'a été envers eux Donc pas de panique. »
Notez tout, reconnaissez des erreurs, repérez les critiques qui vous paraissent sévères et relativisez l'importance tout en argumentant».
Il y a eu une soutenance il n'y a pas si longtemps, une jeune thésard demande à son directeur de thèse d'inviter un professeur africain spécialiste de la question. Mais quelle ne fut sa surprise quand ce Pr prend la parole pour dire que du mal avec une arrogance et mépris.


Le directeur de thèse surpris , obligé de prendre la main en demandant à son collègue de dire ce qu'il y a de bien dans cette thèse approuvé par l'école doctorale.
C'est honteux quand on en arrive là et à présent une amie me dit il ne faut plus les inviter.
Je ne suis pas pour cette option, l'université à besoin de toutes les compétences mais les, syndicats des enseignants du supérieurs doit pouvoir organiser des séminaire sur la participation à un jury de thèse, pour éviter le ridicule qu'offrent certains professeurs en mal de publicité.


Je me rappelle la participation élégante du grand Pr Abdoulaye Bara DIOP à la thèse de mon ami le Pr Lamine Ndiaye à Besançon ( il est aujourd'hui à l'UCAD département t Sociologie).


Une amie était obligée de s'énerver et de répondre avec emphase au professeur invité et c'est le regard de son époux dans la salle qui lui a incité à se calmer, à respirer et répondre de façon savante exhaustive et érudite.


Pour préparer ce petit sujet mais important pour que le savoir ne soit un ring de boxe thaÏ, j'ai interrogé des professeurs et voici une belle réponse «Bonsoir pape on tente d'échanger demain dans tous les cas le rôle d'un intellectuel est de formuler des observations, en précisant ses arguments oui dans une thèse on peut toujours trouver quelques passages intéressants il faut le souligner Pr A BA habilité à diriger des thèses–France.


Au secours et évitons de faire du mal pour ridiculiser quelqu'un qui a travaillé fait des recherches poussées pendant 3 ans.


Un étudiant est une personne respectable et il vaut mieux le critiquer pour qu'il s'améliore mais non le casser pour le dégoûter de l'enseignement et de la recherche. Il y a de la place pour tout le monde.


On dit souvent en Afrique que si certaines personnes sont si dures, c'est qu'elles croient que leurs places sont menacées et donc il faut freiner les autres. >Nos pays ont besoins de jeunes intellectuels compétents et bien formés. Nous ne demandons pas la clémence, la générosité de façade mais du respect. On peut critiquer pour construire et il faut éviter le spectacle qu'on nos professeurs se donnent à l'étranger et même au pays et sur le continent.

La jeune génération écrit et publie beaucoup est-ce là la menace ; est-ce là le danger ?


Le syndicat des professeurs doit revoir cette question et travailler sur la manière de se conduire quand on est invité dans un jury ici ou là-bas.


Critiquer oui pour accompagner vers l'excellence tout en respecter les formes.


Infos trouvées ici et là


Qu'est-ce qu'une thèse de doctorat ?


Justine Debret. Une thèse de doctorat est une épreuve qui vous permet d'obtenir un diplôme de doctorant. Il s'agit d'un exercice rédactionnel important qui requiert d'importantes recherches et un investissement sur le long terme.
Décider de faire une thèse de doctorat n'est pas une décision facile. C'est un véritable engagement personnel, professionnel et intellectuel qui va durer 3 années après un Master 2, soit un Bac +8.
Qui est concerné par une thèse de doctorat ?


S'engager pour une thèse de doctorat, c'est un investissement de soi.


Les thésards sont des étudiants passionnés par leur domaine d'études, ainsi que par la recherche.
Un parcours particulier avant de faire une thèse de doctorat ?


Après leur Master 2 et leur mémoire de fin d'études, ils peuvent décider de continuer leur cursus universitaire avec un doctorat, c'est-à-dire de passer par la rédaction d'une thèse de doctorat en 3 ans.


Le titulaire d'une thèse, ou thésard comme on aime à les appeler, sera détenteur du grade universitaire le plus élevé. Il sera Docteur dans un domaine spécifique.
Dans le système LMD (Licence Master Doctorat) européen, les thésards sont Bac +8 et au niveau international ils sont détenteurs d'une Ph.D. (Philosophiae doctor).
Quel investissement pour une thèse de doctorat ?


L'investissement personnel d'un futur thésard est colossal, puisque le doctorant va devoir mener à bien des recherches théoriques et empiriques novatrices avant de rédiger sa thèse de doctorat


Le Jury


Le nombre des membres du jury est compris entre quatre et huit.


Il est composé au moins pour moitié de personnalités françaises ou étrangères, extérieures à l'école doctorale et à L'Université Paris-Saclay.
Sa composition doit permettre une représentation équilibrée des femmes et des hommes, c'est-à-dire comparable à la représentation dans la section du Conseil National des Universités concernée.
La moitié du jury au moins doit être composée de professeurs ou personnels assimilés ou d'enseignants de rang équivalent qui ne relèvent pas du ministère chargé de l'enseignement supérieur. Université saclay

L'éducation bienveillante: regarder l'élève /l'étudiant comme un humain


Ce n'est pas parce que les professeurs vous ont fait souffrir que vous devez faire subir à autrui la même chose. Et si ces enseignants n'avaient rien compris, parce qu'il y a d'autres façons de faire passer le message , la critique.


Elle nécessite patience, compréhension, écoute active, dialogue et une infinie souplesse dans sa manière notamment de pratiquer son autorité.
L'enfant / l'étudiant doit, certes, accepter les contraintes liées à l'exercice de la thèse mais il doit pouvoir également s'épanouir dans ce cadre nouveau qui n'est pas celui de la maison.


L'enseignant de son côté doit se montrer compréhensif, ouvert, juste dans ses décisions mais ferme à la fois.


L'élève, l'étudiant, en tant qu'humain est très sensible à la justice et à l'écoute qu'on lui porte. Je ne compte plus malheureusement le nombre de fois où j'ai vu un enfant/étudiant se faire rabrouer sans « aucune forme d'explication », le voir partir dans une colère noire qui de surcroît l'amena souvent à une sanction encore plus sévère. Ce genre de situation ne devrait plus exister dans nos écoles.
Un enseignant qui abuse de son autorité est en fait un enseignant dépassé. NOUS sommes des professionnels et nous devons garder sang-froid et calme (je sais comme ça peut être une rude épreuve).


Nous devons considérer les erreurs de nos élèves comme des expériences et non comme des fautes que ce soit dans l'appréciation de leur travail ou dans celle de leur comportement.

 

Ibrahima Thiam, candidat déclaré à l’élection présidentielle 2019, vient de publier un livre-programme dans lequel il dresse un diagnostic sans complaisance de la situation économique du Sénégal. Ichrono vous dévoile les bonnes feuilles de ce livre, distribué par Amazon, Fnac et les plateformes numériques. 

 

« L’Afrique produit toujours quelque chose de nouveau. » « Out of Africa always something new. »

 

En février 2019, les électeurs sénégalais auront à choisir leur futur président de la République. Le chef d’État actuel, Macky Sall, est candidat à sa propre succession, mais outre que le pays éprouve un besoin de changement, en particulier au niveau de ses dirigeants, je considère que sa réélection serait une mauvaise chose pour le Sénégal. J’aurai l’occasion de m’en expliquer largement dans les pages qui suivent.

C’est pour cette raison qu’en septembre 2017, avec des compatriotes, j’ai décidé de créer un mouvement, et non un énième parti politique, dénommé Un Autre Avenir. Le choix de ce titre en dit long sur notre objectif et ma volonté d’offrir aux Sénégalaises et aux Sénégalais un futur différent de celui auquel ils sont promis avec l’équipe actuellement au pouvoir. Il n’a pas été choisi à la légère, car il porte en lui les germes de l’espérance pour notre peuple et en particulier les plus jeunes d’entre nous. La génération des quinze, vingt ans, voit son horizon bouché, sans perspectives personnelle et professionnelle. Elle est désenchantée, frustrée, ne voyant aucune solution réelle se dessiner pour les prochaines décennies. Mais à la différence de leurs aînés, les jeunes des années 2020 n’entendent pas se résigner, ne veulent pas sombrer dans le fatalisme.

La télévision, internet, les réseaux sociaux, les voyages, leur permettent aujourd’hui d’être connectés quotidiennement, heure par heure, avec l’ensemble des pays qui composent la planète. Ils n’ignorent rien des difficultés politiques, économiques, sociales, climatiques, auxquelles sont confrontées de nombreuses nations. Ils voient sur les écrans de leur tablette, de leur smartphone, de leur portable les images terribles engendrées par la guerre, la famine, les catastrophes naturelles. Et comme beaucoup ils compatissent aux malheurs du monde, car la jeunesse est naturellement, je dirai instinctivement, généreuse. L’égoïsme sera pour plus tard, s’il survient un jour.

Mais constater qu’autour de soi, à proximité ou de façon éloignée, des gens souffrent n’a jamais été d’un grand réconfort. Mes compatriotes sénégalais sont des gens dignes et n’exposent pas au grand jour les misères dont ils sont victimes. Ils les dissimulent soigneusement. C’est leur richesse que de savoir cacher la pauvreté, de masquer la dureté des épreuves qu’ils rencontrent et s’efforcent de surmonter au jour le jour. Mais ce n’est pas pour autant qu’intérieurement ils ne ressentent pas un profond désarroi.

Dans le chapitre précédent, je faisais allusion à cette vie qui ressemble parfois à la jungle, mais il ne faut jamais oublier que dans cette jungle tous n’ont pas vocation à être des lions, et il faut donc être attentif aux personnes les plus fragiles de la société, à celles qui vivent dans la misère ou la précarité.

Lorsqu’on est soucieux du bien-être de son peuple on ne doit négliger personne, et encore moins ceux que la vie n’a pas favorisés. Personne ne doit être oublié sur le bord de la route. Tous les êtres humains, en particulier les plus pauvres, se valent et méritent notre soutien et notre bienveillance.

La vraie richesse est celle du cœur et de l’esprit, et non pas celle de son compte en banque.

Car si nous n’y prenons garde, les désillusions peuvent nourrir la révolte. L’histoire est pleine d’exemples et je ne souhaite pas que mon pays y succombe un jour. Un peuple sans espérance est un peuple qui se meurt, même s’il meurt debout.

Nous assistons déjà depuis quelques années à des soubresauts inquiétants avec l’exil d’une partie de notre jeunesse désireuse d’accéder à un avenir meilleur. Combien de nos jeunes ont tragiquement trouvé la mort en traversant le Sahel ?

Le problème de l’émigration d’une partie de nos concitoyens est devenu de plus en plus aigu au fil des années, pour devenir dramatique ces derniers temps. Les candidats au départ sont de plus en plus nombreux, même s’ils ne constituent pas ces hordes que l’Occident, l’Europe en particulier, se plaît à décrire à longueur de journaux télévisés.

Qui sont-ils, ces compatriotes attirés par la promesse de lendemains qui chantent, de jours meilleurs, d’un nouvel Eldorado ? Principalement des hommes, plus rarement des femmes. La plupart sont audacieux, car il leur faut du courage pour tout laisser derrière eux, abandonner les leurs et affronter les dangers de la route et de la traversée en mer. Ils sont ambitieux, car c’est parce qu’ils sentent qu’en restant au pays leur ambition est brimée qu’ils décident un beau jour de franchir le Rubicon, de sauter le pas.

Certains sont désespérés, sachant qu’ils n’ont plus rien à perdre, que la vie ne leur offre aucun avenir, ni familial, ni professionnel, ni patrimonial. Ils se sentent bannis, exclus dans leur propre patrie. Ils aspirent à plus de liberté. Il y a aussi des rêveurs qui imaginent leur existence comme un conte de fées et la vivent par procuration dans leur tête.

Alors un beau jour, nantis de leur baluchon et d’un pactole qu’ils ont laborieusement accumulé durant des mois, voire des années, en sollicitant la famille, des amis, ils partent pour l’aventure. Ils savent que le chemin sera long, difficile, semé d’embûches, qu’ils risquent leur vie à tout moment lors de la traversée de certains pays, victimes de pillards, de bandes qui les rançonneront. Nombre d’entre eux n’atteindront jamais la terre promise et leur cadavre, dépouillé de tout, finira dans quelque décharge, parmi les chiens errants à la carcasse famélique, avec les ordures pour seule sépulture.

D’autres connaîtront un sort comparable un peu plus loin, victimes de brigands qui les vendront pour quelques centaines d’euros à des marchands sans scrupule qui les réduiront à l’état d’esclave. Les plus chanceux parviendront peut-être à se libérer de leur chaîne au bout de plusieurs semaines, de quelques mois. Ce sera alors pour mieux se faire rançonner par des mafias de passeurs qui leur extorqueront leur maigre écot pour une traversée de la Méditerranée, mer de tous les dangers. Des dizaines de milliards sont générés par ce trafic négrier pour des milliers de morts noyés en Méditerranée.

Combien d’embarcations de fortune atteindront le rivage italien ? Avec combien de survivants à bord ? Pour nombre d’entre eux, la mer sera leur tombeau. Restera alors les autres, les survivants d’une épopée inhumaine aux allures parfois dantesques.

Stefan Zweig a écrit : « Rien peut-être ne rend plus sensible le formidable recul qu’a subi le monde depuis la Première Guerre mondiale que les restrictions apportées à la liberté […] des hommes. […] Avant 1914, la terre avait appartenu à tous les hommes. Chacun allait où il voulait et y demeurait aussi longtemps qu’il lui plaisait. » L’humanité vivait alors sans passeport, un papier que les hommes ont inventé à l’occasion de la Première Guerre mondiale en s’engageant à le supprimer sitôt la paix revenue.

Cette promesse fut longtemps débattue, à la Société des Nations puis à l’ONU, avant d’être définitivement enterrée dans les années soixante. La libre circulation des hommes, ce droit fondamental, historique, millénaire, est devenue depuis une cinquantaine d’années une utopie. Et pourtant le nombre de migrants sur la planète est relativement stable, environ 3 % de la population mondiale, soit trois fois moins qu’au xixe siècle. 

Paradoxalement, à l’heure où, dans une société mondialisée, tout circule plus vite et plus loin, l’argent, l’information, l’énergie, la culture, etc., l’homme seul connaît un frein à la circulation.

Ce problème de l’émigration sera à n’en pas douter un des grands enjeux du xxie siècle, et son traitement ne sera possible que si tous les acteurs se réunissent autour d’une table et unissent leur action, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée, faute de quoi nous assisterons, impuissants, à la multiplication de drames insoutenables.

Comment peut-on rester insensible face à une telle situation, à un spectacle aussi inhumain, douloureux ? Comment peut-on accepter que nos enfants, privés d’espoir, paient un aussi lourd tribut à l’échec des politiques conduites depuis des années par des dirigeants cupides, corrompus, plus soucieux de « se servir » que de servir le pays ?

Leur sang, qui est le nôtre, a trop irrigué les routes, les fleuves, la mer avant que leur cadavre ne se dessèche au soleil ou soit immergé dans les profondeurs bleutées de la Méditerranée.

Le Sénégal, longtemps présenté comme le phare démocratique et la réussite économique de l’Afrique, a vu progressivement au fil des années sa lumière pâlir et son développement se ralentir. Et pourtant, le pays dispose d’énormes richesses naturelles qui, exploitées intelligemment, pourraient garantir un niveau de vie, un pouvoir d’achat à la population sénégalaise. Nos jeunes ont en effet démontré leur capacité d’adaptation, d’imagination, de créativité dans de nombreux domaines : culturels, industriels, artisanaux pour ne citer que ceux-là. D’autres, après de brillantes études dans des universités africaines, européennes et américaines, ont été admis au sein de l’élite intellectuelle internationale et occupent aujourd’hui des emplois prometteurs dans les domaines scientifiques, diplomatiques, financiers, économiques.

Autant dire que le Sénégal possède en lui toutes les qualités et les ressources pour offrir à ses enfants l’avenir qu’ils méritent. Et pourtant, que voyons-nous autour de nous ? De l’anxiété, des doutes, de la colère qui monte. Les personnes les plus fragiles de la société ont le sentiment d’avoir été oubliées, délaissées, abandonnées au bord du chemin. D’autres souffrent cruellement d’inégalité, de discrimination, d’absence de toute solidarité. Or, une nation est « une et indivisible » et chacun doit pouvoir bénéficier des mêmes droits, au même titre qu’il a des devoirs envers la collectivité. Les uns et les autres doivent aussi prétendre vivre en sécurité.

Le Sénégal est l’héritier d’une longue histoire. Nos prédécesseurs ont, au cours des siècles précédents, façonné le pays sous l’influence de Cheikh Ahmadou Bamba et de Maodo Malick, deux illustres guides religieux. Ils ont ouvert la voie et nous ont laissé le pays ; à charge pour nous de faire fructifier cet héritage pour les générations suivantes. Il en va du devoir des hommes politiques qui prétendent le diriger. Parmi les grands chantiers auxquels le futur chef de l’État sera confronté il y a, au-delà de la moralisation de notre vie politique et publique, de la reconnaissance du pluralisme, signe de vitalité démocratique, l’administration résolue des grands dossiers que sont l’éducation, la santé, la justice, la culture, l’environnement, la révolution numérique, les transports, pour n’en citer que quelques-uns.

Tout cela ne sera pas le fait d’un homme seul, fut-il président de la République, pas plus que de son gouvernement. Les Sénégalais dans leur ensemble doivent contribuer à ce nouveau souffle que j’appelle de mes vœux. Avec eux tout est possible, sans eux rien n’est envisageable. Pour cela nos compatriotes, hommes et femmes, jeunes comme adultes, doivent renouer avec l’optimisme, se rassembler de façon déterminée en dehors des clivages partisans et dans un souci humaniste.

Pour ma part je serai au service de tous, j’agirai avec détermination, humilité et dévouement, dans le respect de chacun, et je ne me laisserai arrêter par aucun obstacle et intimider par personne. J’en prends ici l’engagement, car je n’ai d’autre désir que d’être utile à mon pays et d’agir pour que chacun et chacune d’entre vous ait foi demain dans sa vie personnelle, familiale et professionnelle. C’est pourquoi je ne vous ferai pas de promesses, trop souvent fallacieuses, car chacun sait qu’elles n’engagent que ceux et celles qui les écoutent. Elles représentent trop souvent un catalogue d’espoirs déçus. Je me contenterai de vous proposer un chemin et de vous inviter à voyager ensemble durant le temps du quinquennat.

Et si, parce qu’il s’agira d’une décision issue du suffrage universel, vous m’élisez en février prochain, je prends d’ores et déjà l’engagement de m’interdire d’effectuer plus de deux mandats si les urnes m’étaient de nouveau favorables en 2024.

Sans chercher par un subterfuge quelconque, par exemple une modification de la constitution, à revenir sur cet engagement.

Nos dirigeants passés et actuels ont en effet eu trop tendance à confisquer le pouvoir, à vouloir se maintenir coûte que coûte aux responsabilités. Je soupçonne même certains d’avoir rêvé d’être « président à vie ». La tentation est grande en effet pour certains autocrates de vouloir « régner » plus que de « gérer » les affaires d’un pays.

Ce sont là des mœurs, des pratiques, d’un autre âge.

On a vu en effet trop de chefs d’État, à peine élus, avoir comme obsession leur réélection. Cela nuit gravement à une bonne gouvernance et aux règles d’alternance indispensables dans toute bonne démocratie.

 

L’émergence en question

 

Peu après son élection en 2012, Macky Sall a lancé son « Plan Sénégal émergent » avec un objectif : atteindre cette émergence d’ici 2035. On est loin d’atteindre ce but. La croissance est loin d’être suffisante pour faire reculer la pauvreté : plus de 54 % de nos compatriotes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté ; l’emploi, telle l’Arlésienne, se fait attendre alors que chaque année, ce sont plus de deux cent mille nouveaux arrivants qui sont enregistrés sur le marché du travail.

Or, ce n’est pas le rôle du secteur public de pourvoir à l’essentiel des embauches, mais force est de constater que le secteur privé, sur ces deux cent mille, n’en recrute que le tiers. Ainsi les PME, qui constituent 90 % de nos entreprises, ne contribuent qu’à hauteur de 30 % en matière de création d’emplois. C’est très largement insuffisant.

Certes la croissance sénégalaise a, au cours des trois dernières années, dépassé annuellement 6 %, mais le compte n’y est pas et pour créer les emplois correspondant à l’afflux des jeunes sur le marché du travail, il faudrait que celle-ci soit entre 7 et 8 %. J’ai le regret de dire que nous faisons moins bien que les pays subsahariens comparables. Rappelons aussi que 45 % de notre population a moins de quatorze ans, ce qui est un facteur d’espoir mais aussi une lourde responsabilité.

Récemment vingt-cinq chercheurs, venus de tous horizons académiques et politiques, ont passé au crible le fameux « Plan Sénégal émergent », et leur constat est loin d’être positif. Pour leur rapport, intitulé « La course à la nouvelle frontière des revenus », ils ont systématiquement comparé les données sénégalaises avec celles des champions africains que sont notamment le Kenya, qui a massivement investi dans l’énergie et l’agroalimentaire, l’île Maurice, dont on ne compte plus les innovations dans divers domaines, le Nigeria, le Cap-Vert, mais aussi l’Angola, qui a révolutionné le commerce de proximité, l’Éthiopie, le Ghana, le Mozambique, le Rwanda ou encore les Seychelles. Et les chercheurs de mettre le doigt sur les faiblesses de la politique industrielle, agricole. Ils indiquent aussi que le climat des affaires n’est pas propice à une diversification de l’économie dans les domaines du tourisme, de la pêche et de l’horticulture.

Plus grave, selon eux si le Sénégal continue à emprunter au rythme actuel, son taux d’endettement, qui atteint 59,3 % de son produit intérieur brut (PIB), dépassera les 107 % en 2020, c’est-à-dire dans deux ans.

Résultat, les chercheurs en arrivent à préconiser des mesures qui ressemblent beaucoup aux recommandations du FMI et de la Banque mondiale, ce qui est pour le moins inquiétant.

Comme les experts de l’Union africaine, je considère que nous devons être prudents en matière d’endettement, car ce sont les générations suivantes qui en supporteront le coût. La lutte contre la pauvreté ne pourra d’ailleurs se faire sans un assainissement de nos finances publiques et du système bancaire et par une meilleure collecte des impôts.

Il faudra bien aussi parler un jour de la croissance démographique, qui au Sénégal se situe à environ 3 % annuellement. C’est un sujet tabou dont personne ne veut parler, car le contrôle des naissances est politiquement incorrect dans de nombreux pays subsahariens.

En clair, plutôt que vingt-sept projets d’investissement retenus par le « Plan Sénégal émergent », il aurait été préférable d’en limiter le nombre au profit de certains, plus pertinents. Cela aurait sans doute donné plus de lisibilité aux onze réformes, depuis la gouvernance jusqu’à la protection sociale, qui ont été conduites depuis 2012.

 

Diamniadio, le miroir aux alouettes ?

 

Ne dit-on pas que l’enfer est peuplé de bonnes intentions ? Le pôle urbain de Diamniadio est une de celles-là. Il s’agit là d’un des projets phares du PSE établi à partir du constat que le développement de Dakar était arrivé au bord de l’explosion. Et aussi que la capitale enregistrait un sérieux déficit de logements, environ cent cinquante mille selon le ministère du Renouveau urbain.

L’idée était donc louable, la réalisation l’est moins. À l’origine, le projet consistait à créer quarante mille logements, maisons et appartements, pouvant accueillir trois cent mille habitants.

En visitant le vaste chantier, l’étranger a presque le sentiment de se retrouver à Dubaï, mais très vite on s’aperçoit qu’on est plus proche du village Potemkine, du nom de ce ministre russe qui, en 1787, avait érigé des façades en carton-pâte afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée.

Certes, certains ouvrages sont somptueux, mais on a très vite le sentiment que ce pôle urbain a été pensé au mépris des populations autochtones. Ce qui fait qu’à côté d’une ville de haut standing, avec des hôtels 5 étoiles, des terrains de golf et des bâtiments administratifs, on trouve une ville pauvre avec ses rues en latérite et ses maisons en zinc.

Plus grave est le choix de l’emplacement de ce pôle urbain. Sa proximité avec Dakar donne le sentiment qu’il n’est qu’une excroissance de la capitale. Il n’y a pratiquement pas de rupture de continuité urbaine entre le centre-ville de Dakar et Diamniadio. On aurait voulu étouffer davantage la capitale qu’on n’aurait pas pu faire mieux.

On dirait que les promoteurs de ce projet ont oublié qu’avec Dakar, un quart de la population sénégalaise vit sur seulement 0,57 % du territoire national.

On peut d’ores et déjà s’attendre à de gigantesques embouteillages à la sortie de Dakar, et ce n’est là qu’un inconvénient mineur, mais qui posera pourtant bien des tracas aux automobilistes.

Il me faudrait aussi parler de la qualité du sol, jugé instable, qui exige des équipements particuliers et une technicité complexe, donc coûteuse, pour ériger des bâtiments en hauteur en toute sécurité.

Par ailleurs, du fait même du caractère pharaonique du projet, qu’on pourrait qualifier de folie des grandeurs, on risque de faire demain de Diamniadio un ghetto réservé aux riches. Loin de la mixité sociale qui aurait été souhaitable, on a, au contraire, provoqué une forme de ségrégation, les pauvres s’en trouvant de factoexclus en raison des prix pratiqués.

En raison de leur coût, les logements sont en effet inaccessibles à la population moyenne, et ne parlons pas des couches défavorisées, ce qui est socialement profondément injuste.

Quand on connaît le revenu moyen au Sénégal, il y a quelque part de la démesure dans ces gratte-ciels, ces équipements de dernière génération, je dirais même de la provocation.

Il reste à espérer que Diamniadio ne se révélera pas à l’avenir un de ces « éléphants blancs » dont notre continent est familier, à savoir des projets sans lendemain, non aboutis.

Certes, il était urgent et essentiel de trouver une solution à la métropolisation grandissante de Dakar, à la disparition de ses espaces verts, à l’avancement de la mer. La capitale n’en peut plus de sa centrale à charbon, de sa cimenterie et de certaines industries polluantes néfastes à l’environnement qui font que la ville connaît le plus fort taux de tuberculeux au Sénégal.

Malheureusement, non loin de Diamniadio les règles ne sont pas davantage respectées, qu’il s’agisse de la forêt de Sebikotane ou de la zone maraîchère de Lendeng, de la cité Tobago ou encore du littoral et de la bande des Filaos.

Il y a tout lieu de craindre que ce nouveau pôle urbain soit le miroir aux alouettes de Macky Sall et, plutôt que de se lancer dans une telle aventure peut-être aurait-il mieux valu renforcer le rôle des villes secondaires, mais c’est là une autre histoire. Celle d’une véritable politique d’aménagement du territoire, une planification nationale où Diamniadio n’aurait pas eu sa place.

Il y a eu trop souvent par le passé des opérations, destinées à satisfaire l’ego de dirigeants en mal de laisser leur nom à la postérité, qui se sont révélées de véritables fiascos. Des opérations qui, au final, ont été une véritable gabegie pour le trésor et l’économie sénégalais.

Le chef de l’État, mais aussi les ministres ainsi que les hauts fonctionnaires, a le devoir d’être scrupuleux quant à l’emploi de l’argent des contribuables.

 

E7 - Global Education Initiative 2018-Anticper l'éducation de demain dans l'action 11/12/2018 Paris Palais des Congrès

Amy Sarr Fall Directrice d'Intelligence Magazine, Le Pr S B Diagne, Audrey Pulvar, ATTALI invité d'honneur;   et beaucoup d'autres seront présents. Merci à Mr Bamba FALL du consulting group de nous avoir soufflé l'information. P B Cissoko

Le Vendredi 7 Décembre 2017, plusieurs personnalités du monde de la culture, de l'éducation et des sciences se sont réunies au Westin Paris Vendôme pour lancer officiellement l'Initiative Citoyenne Mondiale pour l'Éducation (Global Citizens Initiative for Education) dont l'objectif est d'anticiper l'éducation de demain dans l'action. En effet, un collectif d'experts renommés a voulu saisir l'occasion de la célébration des 70 ans de la déclaration universelle des droits de l'homme, prévu à Paris en Décembre 2018, pour rappeler que l'éducation est un droit vital qu'il faut renforcer par la refonte des systèmes afin de les rendre plus innovant, inclusif et universel.

Ce projet mondial porté par la plateforme Intelligences Citoyennes (www.icitoyennes.org) entend provoquer un véritable débat universel pour rendre le système d'enseignement mieux adapté aux nouvelles réalités socio-économiques de nos pays.

Dans l'optique de renforcer durablement la protection du droit à l'éducation, son financement et ses opportunités, le comité scientifique riche de 25 nationalités compte fédérer les différentes sensibilités autour d'une nouvelle charte à promouvoir aux quatre coins du monde dans le cadre des thématiques ci-après :

La constitutionnalisation de l'éducation comme un droit vital pour les filles
✔ Les compétences urgentes à promouvoir pour une économie verte
✔ Garantir un meilleur avenir aux enfants réfugiés et migrants grâce à l'éducation
✔ La promotion de l'innovation scientifique et entrepreneuriale
✔ Promouvoir la démocratie numérique

Ainsi, le Mardi 11 Décembre 2018 au Palais des Congrès, des chercheurs et personnalités engagées dans le progrès de l'humanité mèneront des réflexions autour de ces cinq sujets majeurs sous le thème général de:
"L'éducation au coeur de la transition pour une transformation sociale et économique en 2030."

Cet « Appel de Paris » en faveur d'un engagement plus accru des Chefs d'Etat et de gouvernement pour l'éducation entre en droite ligne avec les fondamentaux des Objectifs du Développement Durable qui placent l'éradication de la pauvreté au cœur de son plan d'action.

Notre engagement repose sur la conviction profonde que l'on ne peut parvenir à un équilibre social sans une démocratisation des ressources intellectuelles. De surcroît, on ne peut parvenir à réussir une transition vers un développement durable si les compétences nécessaires pour y parvenir ne sont pas acquises et promues grâce à la structuration de partenariats multisectoriels.

Notre action est aussi motivée par la certitude que l'éducation est l'instrument le plus déterminant dans la prévention de la radicalisation et du terrorisme. La réévaluation des systèmes éducatifs pour les adapter aux besoins et attentes actuels s'avère ainsi indispensable.
Panels

Dividende démographique et opportunités de la révolution numérique

Transition écologique: défis et compétences

L'éducation des filles : un droit vital

L'avenir des enfants réfugiés et migrants face a la crise de l'éducation

La promotion de l'innovation scientifique et entrepreneuriale

 

1849 : Le grand discours de Victor Hugo contre la misère par Pierre Ancery


« Il n'est pas juste d'être sourd à la misère surtout celle qui est à nos pieds. Pour la misère en générale les philanthropes demandent de donner de partager pour équilibrer les choses sinon les migrations seront forcées et personne ne pourra stopper le mouvement et la violence qui en résultera –le monde est responsable et chacun est responsable » p B Cissoko


Le 9 juillet 1849, Victor Hugo prononce à l'Assemblée un réquisitoire contre l'inaction du pouvoir en place face à l'extrême pauvreté. Son discours fera date.


9 juillet 1849. Victor Hugo, depuis peu député à l'Assemblée législative, s'apprête à prononcer un discours aussi lyrique qu'emporté. Profondément marqué par les événements de 1848 et bouleversé par la détermination des insurgés (alors que maire du 8e arrondissement de Paris, il a participé à la répression des mouvements ouvriers de juin), il entend dénoncer le fléau qui est, selon lui, à l'origine de toutes les révoltes populaires : la misère.

Ce jour-là, on débat à l'Assemblée sur les lois relatives à la prévoyance et à l'assistance publique. Hugo est le premier à prendre la parole. Il commence par faire référence à la manifestation parisienne du 13 juin 1849, organisée par l'extrême gauche autour de Ledru-Rollin et réprimée par l'armée, qui s'est soldée par la mort de huit manifestants :

« Aujourd'hui, le calme s'est fait, le terrorisme s'est évanoui. La victoire est complète ! il faut en profiter. Mais savez-vous comment il faut en profiter ? [...] Il faut profiter de la disparition de l'esprit révolutionnaire pour faire reparaître l'esprit de progrès ; il faut profiter du calme pour engendrer la paix, non pas la paix des rues, mais la paix des cœurs et des esprits. »

Hugo, partisan de l'ordre et de la propriété, ne peut souscrire aux thèses socialistes et révolutionnaires, mais il leur reconnaît le souci sincère de la détresse sociale, dont il fait le cœur de son discours :

« Je ne suis pas de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui croient qu'on peut détruire la misère. La misère est une maladie de la société, comme la lèpre est une maladie de l'homme. Elle peut disparaître comme la lèpre, oui. »

Il cite ensuite plusieurs exemples :

« Il y a dans Paris, dans ces faubourgs que le vent de l'émeute a soulevés, il y a telle maison où des familles entières, hommes, femmes, enfants, vivent pêle-mêle n'ayant pour lit, – c'est à Paris, Messieurs – n'ayant pour lit, pour couverture, j'ai presque dit pour vêtements, que des chiffons en fermentation, infects, ramassés au coin des bornes.

Ces jours-ci, un malheureux homme, un homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un homme de lettres est mort de faim, à la lettre, et il a été constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.

Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? (Une voix : – Non. Plusieurs voix : – Parlez !) Au moment où le choléra sévissait le plus violemment à Paris, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes des charniers pestiférés de Montfaucon ! »

Montfaucon était alors un quartier misérable de Paris (à l'emplacement actuel des Buttes-Chaumont), qui servait de décharge à ciel ouvert.

« Eh bien, ces faits ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que ces faits ne soient pas ; je dis que ces faits, quand ils existent dans un pays civilisé, engagent la société tout entière ; que je m'en regarde comme solidaire et complice ; que de tels faits ne sont pas seulement des crimes envers l'homme, que ce sont encore des crimes envers Dieu. »

Enfin, le futur auteur des Misérables se montre accusateur envers ceux qui espèrent maintenir la paix sociale uniquement par les armes.

« Vous venez, avec le concours de la garde nationale et de l'armée, avec le concours de toutes les forces vives du pays, de raffermir l'État ébranlé. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, la paix publique, la civilisation. Vous avez fait une chose immense. Eh bien, vous n'avez rien fait, non.

Messieurs, vous n'avez rien fait, tant que l'ordre matériel raffermi n'a pas pour base l'ordre moral consolidé : vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre, tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère, tant que ceux qui pourraient travailler, et demandent à travailler, ne trouvent pas de travail, tant que ceux qui sont vieux et ne peuvent plus travailler sont sans asile ; vous n'avez rien fait tant que l'usure dévore nos campagnes. Tant qu'on meurt de faim dans les villes ; vous n'avez rien fait tant qu'il n'y a pas de lois évangéliques qui viennent en aide aux familles honnêtes, aux bons paysans, aux gens de cœur ; vous n'avez rien fait tant que l'homme méchant, dans l'œuvre souterraine qui se poursuit encore, a pour collaborateur fatal l'homme malheureux. »

Avant de conclure :

« Ce n'est donc pas à votre générosité que je m'adresse : je m'adresse surtout à votre sagesse. C'est l'anarchie qui ouvre les abîmes, c'est la misère qui les creuse. Vous avez fait des lois contre l'anarchie, faites-en contre la misère ! »

http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-moments-d-eloquence/victor-hugo-9-juillet-1849


Le discours de Victor Hugo appuie la proposition d'Armand de Melun visant à constituer un comité destiné à « préparer les lois relatives à la prévoyance et à l'assistance publique ».
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.


La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?


Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.


Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.
Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ?

Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !


Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé !

(Les plus précaires dont certains immigrés logent dans ces appartements) P B C

Ile-de-France: Plus de 150.000 logements privés indignes et de nouvelles formes d'habitat dégradé apparaissent

« La Fondation Abbé Pierre publie cette année son 20e rapport sur « L'État du mal-logement en France ». 20 ans après, elle ne s'imaginait pas devoir dresser un aussi dur constat de la situation actuelle.
Le 20e rapport sur l'État du mal-logement en France est l'occasion de s'interroger sur les blocages structurels, sociaux ou idéologiques, qui produisent aujourd'hui une situation toujours aussi pénible pour plusieurs millions de nos concitoyens, dont plus de 3,5 millions sont mal logés ou même en errance... » https://batinfo.com/actualite/plus-de-35-millions-de-mal-loges-en-france_1910

INFO «20 MINUTES» L'Institut d'aménagement et d'urbanisme publie ce lundi une étude intitulée «L'Habitat indigne et dégradé en Ile-de-France». Paris et la Seine-Saint-Denis sont les départements les plus touchés mais les six autres ne sont pas épargnés...
Floréal Hernandez

De l'habitat indigne à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). (Archives) — A. GELEBART / 20 MINUTES


Difficile de repérer l'habitat indigne et insalubre en Ile-de-France. Si les fissures sur certaines façades alertent, beaucoup de logements privés dégradés passent inaperçus. Selon une étude de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) et de la direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement (Drihl) – L'Habitat indigne et dégradé en Ile-de-France. Etat des lieux des enjeux et des politiques –, il y aurait 157.300 logements privés potentiellement indignes en Ile-de-France. Soit 4 % du parc privé de la région.
Ce document auquel a eu accès 20 Minutes révèle que cet habitat prend de nouvelles formes, touche aussi bien les locataires que les propriétaires et que tous les territoires – riche, rural, pavillonnaire... – sont concernés.
Les nouvelles formes de l'habitat indigne
L'habitat indigne couvre un large champ de logements : ceux insalubres, les immeubles en ruine, l'habitat précaire... Et « de nouvelles formes sont apparues, souligne Anne-Claire Davy, auteure de l'étude et spécialiste habitat et modes de vie à l'IAU. La division pavillonnaire en petits logements, des locaux impropres à l'habitation par destination comme les garages, des locaux de stockage, une cabane de jardin, etc. »
La sociologue urbaniste cite ainsi un pavillon de 160 m2 à Orsay (Essonne) divisé en 6 à 7 logements dont même la chaufferie était louée. « Il y avait une grille tarifaire en fonction de la surface, de la présence ou non d'une fenêtre. » Cette division touche aussi des appartements dans des immeubles.
La location d'habitat indigne et dégradé est un marché « fructueux » pour les marchands de sommeil. « Des bailleurs peu scrupuleux rencontrent une importante demande de ménages qui cherchent à se loger coûte que coûte. Ce marché est même parfois "juteux" », note l'étude. « Le m2 est payé relativement cher par rapport à la piètre qualité du logement », poursuit Anne-Claire Davy. Et ce pas uniquement à Paris ou proche banlieue. A Stains et Peirrefitte, deux communes de Seine-Saint-Denis limitrophes du Val-d'Oise, « des cas de locations chères de petites surfaces issues de division pavillonnaire "sauvage" ont ainsi été constatés ». Le prix? Respectivement 600 euros par mois pour 16 m2 et 650 euros par mois pour 15 m2.
Pas le même habitat indigne partout en Ile-de-France
« Il y a une diffusion géographique de l'habitat indigne. En 2011, la grande couronne était moins concernée », explique Anne-Claire Davy. La part du parc privé potentiellement indigne (PPPI) atteint 6,5 % et 7,5 % du parc privé à Paris et en Seine-Saint-Denis (chiffres de 2013). Pour les autres départements franciliens, le taux varie entre 1 et 4,2 %.
A Paris, ce sont ainsi plus de 61.000 logements privés qui sont potentiellement indignes, soit 40 % du PPPI régional. La majorité de ces logements sont dans les 11e, 18e et 19e. Mais « le nombre a diminué de 10 % entre 2009 et 2013. Après une décennie de traitement massif des immeubles et des logements, l'insalubrité est aujourd'hui plus diffuse et moins visible à Paris », remarque l'étude.
En Seine-Saint-Denis, les communes d'Aubervilliers, de Saint-Denis ou de Saint-Ouen ont un PPPI de 20 % voire plus. L'habitat indigne touche un parc privé ancien mais aussi des copropriétés des années 1960-1970. Des locaux – commerces, entrepôt, atelier d'activité, etc. – sont utilisés comme logements « souvent sans travaux de transformation ». A Aubervilliers, un petit immeuble qui n'avait qu'un «bail commercial» a brûlé fin août, faisant sept blessés dont cinq graves. Le risque de saturnisme « reste très élevé » dans le département.
Dans le Val-d'Oise, on trouve de l'habitat indigne dans « l'habitat rural ancien [...] occupé par des propriétaires modestes et âgés », « des mobile-homes et caravanes occupées à l'année, cabanes bricolées... » Dans les communes comme Sarcelles, Argenteuil, Villiers-le-Bel ou Pontoise, l'habitat indigne « prend des formes proches de celles qu'on constate en petite couronne ».
L'habitat indigne se concentre sur Vincennes, Villeneuve-Saint-Georges et Ivry-sur-Seine – 44 % du PPPI – dans le Val-de-Marne. Sa composition ? « Essentiellement de petits immeubles de rapport du XIXe siècle et de l'héritage d'un tissu ancien de bourgs ruraux. » La division parcellaire est « avérée à Villeneuve-Saint-Georges, Fontenay-sous-Bois ou Choisy-le-Roi ».
Les communes proches de Paris – Clichy, Gennevilliers et Colombes – sont les plus touchées par l''habitat indigne dans les Hauts-de-Seine. L'Agence régionale de santé a observé « la généralisation des logements loués avec une part en "souplex", qui reste insalubres malgré des travaux parfois importants ».
En Seine-et-Marne (2,3 % du PPPI), les formes d'habitat indigne rencontrées sont variées : « anciens locaux communs de fermes ou châteaux occupés comme habitations mais ne répondant pas aux normes de confort d'un logement, places de campings et cabanes occupées à l'année ».
Ce sont les communes des Yvelines (1,3 % du PPPI), « aux franges de la petite couronne qui comptent le plus de logements en PPPI ». L'étude dévoile d'autres formes d'habitat indigne dans les tissus urbains : « annexes de résidence de standing, combles, caves, locaux annexes, buanderies, [...] poulaillers, abris de jardins, etc. »
Dans l'Essonne (1 % du PPPI), « près de 50 % des logements classés en PPPI sont des maisons individuelles ». Certaines grandes copropriétés récentes sont également en grandes difficultés (Grigny 2, Pyramides à Evry). « Le département est également confronté au développement des logements locatifs suroccupés du fait du bailleur ou découpés, que ce soit dans le tissu pavillonnaire ou collectif, les espaces urbains denses ou le tissu rural plus éloigné », pointe l'étude l'IAU et de la Drihl.
Quels outils pour repérer l'habitat indigne ?
« Repérer, c'est vouloir agir », lance Anne-Claire Davy. La sociologue reconnaît qu'un certain nombre de communes – souvent les plus petites – n'ont pas l'ingénierie pour débusquer l'habitat indigne sur leur territoire, notamment unservice communal d'hygiène et de santé (SCHS). La sociologue urbaniste incite à « croiser intelligemment certains fichiers » et elle énumère : les compteurs EDF, les demandes de logements sociaux, les demandes d'abattement de la taxe d'habitation, l'accélération des ventes sur une adresse, les adresses de distribution récurrente de produits de dératisation quand une ville met en place une distribution sur demande...
« Les élus peuvent être impressionnés par la complexité du parc privé, constate-t-elle. En théorie, une collectivité peut faire des travaux d'office financés par l'Anah [Agence nationale de l'habitat] et remboursés ensuite par le propriétaire. » La région Ile-de-France agit en faveur du parc privé notamment « au redressement des copropriétés en difficulté ». En octobre, l'Etat a annoncé, en octobre, un plan de 2,5 milliards d'euros sur 10 ans pour aider les 684 copropriétés dégradées.

#Balancetontaudis: Quand les Marseillais dénoncent les logements insalubres
INDIGNATION L'initiative a été lancée par le quotidien régional, La Marseillaise...
Manon Aublanc

Après #Balancetonporc, #Balancetontaudis. Cinq jours après l'effondrement deux immeubles à Marseille, qui a provoqué la mort de sept personnes, le désarroi fait place à la colère chez les habitants de la cité phocéenne. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont décidé de partager des photos de logements pour dénoncer l'insalubrité.
Indignés, certains habitants ont choisi de publier des photos, accompagnés de la mention #Balancetontaudis. Et le résultat est inquiétant : des bâtiments fissurés, des trous dans les murs, des morceaux de plafonds qui se décrochent ou des dégâts des eaux, etc.

 

Dans cette lettre, vendue aux enchères mardi, le célèbre physicien explique que, pour lui, le mot Dieu "n'est que "le produit des faiblesses humaines".


Une lettre manuscrite d'Albert Einstein dans laquelle le physicien met en doute l'existence de Dieu a été vendue mardi à New York 2,89 millions de dollars (2,55 millions d'euros) lors d'enchères organisées par Christie's.


Un record pour une lettre d'Einstein. Il s'agit d'un record pour une lettre du Prix Nobel de physique de 1921. Le prix est sensiblement supérieur à la fourchette d'estimation, située entre 1 et 1,5 million de dollars. La dernière vente de cette lettre remontait à 2008, lorsqu'elle avait été adjugée à un collectionneur privé pour 404.000 dollars, a précisé Christie's.


En mars 2002, une lettre adressée en 1939 à Franklin D. Roosevelt, alors président des États-Unis, l'avertissant des projets atomiques allemands, avait été acquise pour 2,1 millions de dollars.
La Bible, des "légendes assez primitives".

Dans la lettre vendue mardi, datée de 1954 et écrite en allemand à l'adresse du philosophe Eric Gutkind, Einstein, plus grand physicien du 20ème siècle, réfute toute croyance religieuse, lui le juif qui avait fui l'Allemagne après l'avènement d'Hitler. "Le mot Dieu n'est pour moi rien d'autre que l'expression et le produit des faiblesses humaines, et la Bible un recueil de légendes vénérables mais malgré tout assez primitives", écrit le chercheur depuis l'université de Princeton, dans le New Jersey, un an avant sa mort en avril 1955. "Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle, n'y changera rien (pour moi)", ajoute-t-il dans cette missive d'une page et demie au philosophe allemand.


Les juifs, "pas meilleurs que les autres groupes".

Dans sa lettre, l'auteur de la théorie de la relativité, mort à 76 ans, n'épargne pas le judaïsme. "Pour moi la religion juive est, comme toutes les autres religions, l'incarnation d'une superstition primitive", écrit-il.

"Et le peuple juif auquel j'appartiens fièrement, et à la mentalité duquel je me sens profondément ancré, n'a pas pour autant une forme de dignité différente des autres peuples". "Au vu de mon expérience, ils ne sont pas meilleurs que les autres groupes humains, même s'ils sont protégés des pires excès par leur manque de pouvoir. Sinon je ne perçois rien d''élu' chez eux."

 

Qui est responsable de la pauvreté ? François-Michel MAUGIS – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe

Qui est responsable de la pauvreté ?

Probablement personne et tout le monde, tant est multiple la nature humaine. Il y a chez tous les êtres vivant des disparités qui n'expliquent pas la pauvreté mais la prodigieuse diversité des êtres. Et c'est une bonne chose. Rappelez-vous cette maxime : « L'ennui naquit un jour de l'uniformité ». Non, ce qui sort du cadre de la normalité n'est pas la pauvreté d'un petit nombre mais l'excès de pauvreté au sein d'une population. Et là, je dois dire que la société humaine bat des records. Alors, oui, qui est responsable de ces excès ?


Il s'agit d'un système de pensée qui a fini par submerger l'équité et la fraternité que l'on rencontre dans toutes les espèces vivantes. À l'époque du chasseur/cueilleur et au début de l'agriculture, le fondement même de toute vie reposait sur les capacités naturelles de la terre à produire : relative insouciance dans les régions chaudes du Monde où la terre produit toute l'année, un comportement un peu différent dans les régions du monde touchées par le froid hiver improductif, obligeant les hommes à prévoir, à faire des réserves. Pendant un temps, s'est maintenu dans ces régions du Monde, un certain esprit d'entre-aide que l'on retrouve encore dans de rares endroits.

Mais très vite, cette convivialité naturelle a dérivé. La notion de réserve, d'épargne s'est vite transformée en notion de pouvoir. Et quoi de plus tentant qu'abuser de son pouvoir ? Aidés en cela par la prodigieuse montée en puissance des monnaies, les possesseurs de réserves se sont peu à peu détachés des fondamentaux naturels de départ et ont pris leurs réserves pour des terres fertiles productrices d'intérêts. Ce fut donc la fin des grands équilibres naturels. Des millions d'humains se sont précipités sur ce nouvel eldorado, Nous en payons aujourd'hui chèrement le prix. La très gourmande et insatiable mécanique financière, fait feu de tout bois. Rien ne lui résiste, pas même les états.

La logique financière du profit se nourri de tout et justifie, encore aujourd'hui, la destruction de cette terre nourricière des origines. L'équilibre est rompu et le déséquilibre financier du Monde s'amplifie au détriment de notre capital terrestre et, même de notre capital humain.

François-Michel MAUGIS – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe.
http://www.assee.fr

C’est sous une forte escorte policière que l’opposition réunie sur la bannière du Front démocratique et social de résistance nationale a marché hier, jeudi 29 novembre 2018, de la place de l’Obélisque au rond-point de la RTS. Les principales doléances de l’opposition sont relatives au contrôle du fichier électoral,  à la dénonciation du parrainage, à la requête de « Monsieur Elections » pour le scrutin présidentiel entre autres.

C’est avec une forte mobilisation constituée principalement de jeunes que l’opposition a battu le macadam à Dakar hier, jeudi 29 novembre 2018. La manifestation était assez hétéroclite avec les diverses effigies de leaders politiques représentés, marquée cependant par une forte présence des Karimistes. Du coup, le candidat en exil du Pds Karim Wade était l’absent le plus présent, sur le fait des nombreuses pancartes et des photographies empreintes de clichés et d’effigies où on pourrait lire par exemple « Karim président 2019 ». Les jeunes venus massivement avec une forte présence des femmes sont ont tenu à manifester pour la libération de leur candidat et le « respect des droits de Karim Wade » d’une part. Tout en exigeant d’autre part la « libération du député Khalifa Sall ». De la place de l’Obélisque au rond-point de la RTS, les membres de l’opposition ont ainsi bravé le régime du président Macky Sall accusé de tous les maux du Sénégal. Dans leurs différentes interventions, les leaders de l’opposition présents à la marche sont tous revenus sur l’importance de permettre à l’opposition « d’auditer et d’accéder au fichier électoral ». Qui plus est, le régime de Macky Sall a été invité par ses opposants à arrêter ce qu’ils appellent le « bradage des ressources naturelles par des contrats nébuleux». A la fin de la marche, l’opposition s’est donné rendez-vous pour une autre manifestation, le jeudi 6 décembre, mais cette fois devant le ministère de l’Intérieur. 

REACTIONS...

OUMAR SARR, SGN ADJOINT DU PDS : «Nous menons un combat pour une élection transparente où on n’élimine pas des candidats»

La prochaine étape sera la manifestation devant le ministère de l’Intérieur. Suivant la réaction du gouvernement, nous allons nous organiser autrement. S’ils n’acceptent pas ces manifestations qui sont des manifestations légales permises par la Constitution, il y aura probablement des débordements, il y aura toutes sortes de combat y compris des combats de rue. Nous ne voulons pas cela, c’est pourquoi nous faisons des manifestations calmes dans la paix. Nous espérons que le gouvernement va nous entendre et va autoriser les autres manifestations. Nous voulons simplement que le peuple sénégalais nous entende, que Macky Sall nous écoute, que la communauté internationale sache que nous menons un combat légal et légaliste, un combat pour une élection transparente où on n’élimine pas des candidats par des coups de loi. Nous voulons vraiment une élection dans laquelle tout le monde sera gagnant.

DETHIE FALL, DEPUTE ET VICE-PRÉSIDENT DE REWMI : «Hors de question de suivre Macky Sall dans un processus électoral piégé de bout en bout»

Nous allons vigoureusement nous opposer aux pratiques antidémocratiques du président Macky Sall. Comment candidat à la candidature comme les autres, il peut se permette d’être le seul à disposer du bon fichier électoral, de pouvoir en soustraire et en ajouter qui il veut ? Pourquoi insiste-t-il à vouloir faire organiser les élections par un de ses militants ? C’est inacceptable. Macky n’écoute plus, il est obnubilé par un deuxième mandat. Nous lui opposerons la résistance nécessaire. Il n’a qu’à libérer les otages politiques Khalifa Ababacar Sall, Karim Wade et prendre toutes les dispositions pour leur participation à l’élection présidentielle. Il a choisi d’installer le pays dans une instabilité et nous le tiendrons responsable de tout ce qui se passera au Sénégal d’ici la présidentielle. Il est hors de question de le suivre, sans rien faire, dans un processus électoral piégé de bout en bout. Nous allons nous battre pour notre démocratie qu’il a opté d’affaiblir. Les Sénégalais ne veulent plus de lui, Il n’a qu’à préparer son départ.  

Sudonline

Les députés de l’opposition n’ont pas été tendres envers le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, lors de son passage à l’hémicycle hier, jeudi 29 novembre. En effet, dans leurs prises de parole, ces parlementaires ont multiplié les attaques contre le ministre en question, respectivement sur les cas Khalifa Sall et Karim Wade, sur le fonctionnement de la justice et sur son engagement politique.

La parlementaire libérale Sokhna Dieng Mbacké a été la première à dénigrer la gestion des droits et libertés dans le pays. A son avis, dire que le Sénégal respecte les droits de l’homme ne correspond pas à la réalité. Elle en veut pour preuve le fait que les recommandations de l’Organisation de Nations Unies et celles de la Communauté économique et monétaire ouest-africaine (Cedeao) ne sont pas appliquées.  Pis, pour le député, les Sénégalais ont l’impression d’être dans une république où les droits ne sont pas respectés. Pour autant, elle s’est demandé comment le Sénégal pourra présider le conseil des droits de l’homme des Nations Unies en janvier prochain alors qu’il n’est pas respectueux de ses recommandations. Marie Sow Ndiaye du Parti démocratique sénégalais (Pds), quant à  elle,  évoque un reniement par le Garde des Sceaux de ses convictions antérieures. Aussi juge-t-elle que les enseignements d’Ismaïla Madior Fall en tant que professeur de droit à l’université Cheikh Anta Diop ne sont plus conformes à ses actes. Mary Sow Ndiaye arguera par ailleurs par que le Garde des Sceaux est responsable de l’impopularité du régime actuel.

Enfonçant le clou, le député Aboubacar Thiaw s’est voulu ironique pour indexer Ismaila Madior Fall. « Je connais un brillant professeur qui se prêtait aisément à ce jeu d’équilibre pour la justice, en tout cas du moins théoriquement. Mais une fois devenu ministre de la Justice, il peine à dire en matière de droit la vérité, toute la vérité et rien que la vérité », a-t-il estimé. Aboubacar Thiaw dira en outre qu’il n’y a plus de justice au Sénégal et que tous les cas d’injustice servent à couvrir et à renforcer un régime totalement aux abois. Pour sa part, dénonçant un traitement sélectif dans les affaires de Khalifa Sall et de Karim Wade, la parlementaire Woré Sarr a jeté l’anathème sur une justice dite sélective. Selon elle, ces deux personnes condamnées n’ont pas fait pire qu’Alioune Sall qui a le contrôle de la Caisse de dépôt et des consignations, quoiqu’il ait été épinglé par l’Ofnac. Et de poursuivre : « La justice sélective se vérifie aussi par le traitement réservé à l’affaire du Prodac qui met en cause le ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang».

Abondant dans la même dynamique,  le député de la diaspora Mame Diarra Fam trouve en ce qui la concerne que le Garde des Sceaux n’a une autre mission que de « tripatouiller, de gommer, serrer et d’effacer les lois ».  « Pour un professeur de votre trempe, respecté, ce n’est pas normal qu’on vous fasse déchirer, tailler, gommer», a-t-elle dit. Quid de Mamadou Diop Decroix ? Le député de l’opposition et leader d’And-Jef s’est tout simplement demandé si Ismaila Madior Fall est resté un professeur de droit. « Vous ne gérez plus la justice. Vous gérez la politique de l’Apr. Vous êtes un politicien. J’avais énormément de respect pour vous, mais je suis déçu », a-t-il déclaré. Parlant de l’engagement politique du Garde des Sceaux, le parlementaire a jugé qu’il est dans un domaine qu’il ne maitrise pas, raison pour laquelle il fait de nombreuses erreurs. Concluant les diatribes contre Ismaila Mador Fall, Cheikh Bamba Dièye du Fsd/Bj a dénoncé pour sa part « des décisions de justice partielles avec des détournements qui sont restés impunis pour la simple raison que leurs auteurs sont proches du camp présidentiel ».

LE MINISTRE DE LA JUSTICE SUR SON ENGAGEMENT ET SUR LE PARRAINAGE : «Je suis fier…du parrainage. Le Sénégal va organiser une présidentielle et les candidats ne seront pas nombreux»

« Je tiens à rassurer que je suis toujours professeur. Je suis fier des milliers de Sénégalais pour lesquels j’ai contribué à la formation.  Je suis fier  de la trentaine de docteurs que j’ai formés au Sénégal et en Afrique.  Je suis fier du nombre d’agrégés en droit et en science politique que j’ai formés.  Et je suis fier aujourd’hui d’être le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et d’être à côté d’un président réformateur de notre génération…Je n’ai rien gagné avec la fonction de ministre du point de vue matériel. Tout ce que j’ai comme ministre, je l’avais avant dee l’être... Je  ne suis pas venu pour des conditions matérielles. Je suis venu parce que j’ai l’honneur d’avoir été appelé par un président jeune et réformateur. Depuis que je suis avec le président, je suis fier de tout ce que nous avons accompli ensemble. Je suis fier d’avoir participé au parrainage. Le Sénégal va en 2019 organiser une présidentielle et les candidats ne seront pas nombreux parce que ceux qui ne représentent absolument rien ne pourront pas être candidats ». 

Ismaïla Madior Fall recadre le débat

Attaqué de toutes parts par les députés de l’opposition lors de son passage devant l’Assemblée nationale hier, jeudi 29 novembre 2018, Ismaila Madior  Fall n’a pas mis de gants pour porter la réplique. De son engagement politique aux accusations de non-indépendance de la justice en passant par les cas Khalifa Sall et Karim Wade, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, s’est voulu explicite envers ses détracteurs.

Ismaila Madior Fall est formel.

Répliquant hier, jeudi, lors du vote du budget de son ministère à l’Assemblée nationale, aux critiques de l’opposition sur le fonctionnement de la justice, le Garde des Sceaux a tenu à préciser que « La tendance, c’est de réduire la justice à deux cas d’affaires ordinaires dans lesquelles sont impliqués deux hommes politiques. On égare les décisions qui sont rendues. On les politise, on caricature et après, on veut faire croire aux Sénégalais que c’est ça la justice». Et d’arguer dans la foulée : « La justice a un caractère multidimensionnel qu’on ne peut pas réduire à deux cas d’affaire pénale. La justice n’a aucun problème. Dans tous les tribunaux, les juges font leur travail. Si la justice avait un problème, les Sénégalais lui auraient tourné le dos. Les Sénégalais n’ont pas de problèmes avec la justice. Ce sont deux individus qui ont des problèmes avec elle parce qu’ils  sont impliqués dans des contentieux ordinaires et qui ont été condamnés ». Et le ministre de la Justice de brocarder à son tour les députés de l’opposition : « On ne peut pas accepter que des individus veuillent chahuter la justice parce que simplement leurs partisans sont impliqués dans des affaires ordinaires. Des pays viennent s’inspirer de la pratique de la justice au Sénégal. Ce ne sont pas des chahuts qui vont effacer le label démocratique du Sénégal ».

Revenant dans le fond sur le cas de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, le ministre de la Justice dira : « Il y a beaucoup de confusions dans les recommandations de la Cedeao concernant l’affaire Khalifa Sall.  La Cour de justice de la Cedeao n’a pas ordonné la libération des prévenus et l’arrêt des poursuites. Elle a dit que certains droits ont été violés et l’Etat du Sénégal versera la somme de 35 millions s’il y a une décision définitive après que la Cour suprême a statué en cassation. Il faut aussi signaler que la décision n’invalide pas le jugement des juridictions sénégalaises ».

Pour ce qui concerne l’affaire Karim Wade également, le ministre de la Justice s’est clair devant la représentation parlementaire. Pour Ismaila Madior Fall, « Le comité des droits de l’homme de l’Onu ne peut pas invalider une décision rendue par les juridictions sénégalaises. Ce sont de simples constatations qui sont faites ». Et le ministre de tancer l’opposition parlementaire : «C’est de la manipulation que de dire que le Comité des droits de l’homme a condamné le Sénégal.  Il faut arrêter les manipulations de l’opposition même dans un contexte pré-électoral, il faut dire aux Sénégalais la vérité. Il faut avoir l’honnêteté politique de faire dire à ces organes ce qu’ils ont réellement dit ».

Quid du retour de Karim Wade ? A ce niveau aussi, le Garde des Sceaux n’a pas usé de langue de bois. «  Karim Wade a fait l’objet d’une condamnation. Il est gracié, mais l’amende elle est toujours valable. Il a le droit de rentrer dans son pays et de vaquer à ses occupations, mais s’il rentre dans le pays, il va rembourser les 138 milliards. A défaut, la contrainte par corps va s’exercer. Tant qu’il est à l’étranger, on ne peut pas le contraindre à payer. Mais, quand il  arrive au Sénégal, la contrainte par corps va s’exercer». D’ailleurs, concernant la candidature de Karim Wade, le ministre de la Justice persiste et signe : l’article L 15 du Code électoral qui stipule que tout candidat doit être inscrit sur les listes électorales disqualifie sa participation à la présidentielle de février prochain.

Fatou NDIAYE

 

Ibrahima THIAM, pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle ?

Nous sommes honorés de publier cette semaine l’interview que nous a accordé le Président du mouvement « Autre Avenir », Ibrahima Thiam, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle qui se déroulera au Sénégal en février prochain. Un entretien au cours duquel celui-ci nous révèle la sortie ces jours-ci d’un livre programme : « Un nouveau souffle pour le Sénégal ». Dans notre édito du mois d’août dernier, (lire ci-dessous) où nous dressions le portrait du candidat « idéal » susceptible de faire entrer le Sénégal dans le 21èmesiècle, nous ne pensions pas être à ce point prophétique car Ibrahima Thiam semble bien être cet homme capable de porter un « New Deal » Sénégalais, cet homme porteur d’une volonté, d’une ambition, d’une vision d’avenir pour les Sénégalais et les Sénégalaises, cet homme aussi incarnant une candidature de renouveau que nous appelions de nos vœux. L’interview d’aujourd’hui n’en a que plus d’intérêt, de sens et de force.

    

-      Question : Et pour commencer, à l’intention de ceux qui ne vous connaîtrez pas encore, qui êtes-vous Ibrahima Thiam ?

-      I.Thiam : Je suis né en 1965 à Kaolack, j’ai donc cinquante-trois ans. Ma mère, Katy Mbaye est Sénégalaise et mon père, Mamadou, Gambien. Mon enfance s’est déroulée au Sénégal ou je l’ai quitté pour me rendre en France afin de poursuivre mes études.

-      Question : Justement pouvez-vous nous présenter votre cursus universitaire ?

-      I. Thiam : Je suis titulaire d’un Deug de sociologie que j’ai obtenu à l’université de Nancy, d’un DUT de techniques de commercialisation auprès de Paris XII et d’une Maîtrise des sciences de gestion délivrée par l’université Paris Dauphine. Je ne suis donc pas un technocrate et ne suis pas passé par l’Ecole nationale d’administration. Mon parcours professionnel s’apparente davantage à ce qu’on appelle la société civile et j’en suis fier car j’ai le sentiment de ne pas appartenir à la caste de la haute administration et de n’avoir pas été formaté dans un moule comme tant d’autres dirigeants politiques. 

-      Question :D’accord, et donc quelle direction avez-vous prise au terme de vos études ?

-      I. Thiam : J’ai débuté ma première carrière professionnelle en tant que gestionnaire de patrimoine. En 1998, j’ai intégré comme Responsable du service budget de la Délégation Régionale Paris Ouest & Nord du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique), un des plus grands instituts scientifiques de recherche dans le monde. Et en 2004, je suis devenu chargé de mission à l’INSERM qui est un des plus grands instituts de recherche médicale en Europe. Peu après j’ai intégré l’Institut Fédératif de Recherche en qualité de responsable administratif et financier avant de rejoindre en 2013 l’ICAN (Institute Cardiometabolism And Nutrition) où durant deux ans j’ai piloté la mise en place des plateformes scientifiques et cliniques durant deux, en 2015, j’ai à nouveau rejoint le centre de de recherche de Saint-Antoine de l’INSERM en qualité de secrétaire général. Changer d’entreprise plusieurs fois dans sa vie permet d’évoluer dans sa vie professionnelle, d’accumuler des expériences, s’enrichir au contact de nouvelles personnes, de milieux différents. Comme secrétaire général il me revient d’assumer la direction administrative et financière de l’établissement. Je suis aussi chargé de l’accompagnement, de la mise en œuvre et du suivi des projets scientifiques du centre de recherche. On pourrait résumer mon rôle en disant que je dois organiser, planifier et coordonner les différents acteurs et à ce poste on attend de moi une connaissance approfondie de la réglementation juridique, administrative et financière relative aux établissements publics. Cela nécessite également des qualités managériales car la plus grande richesse de l’entreprise est, d’abord et avant tout, humaine.

-      Question : Cette vie professionnelle en France, très prenante, vous a tenu éloigné du Sénégal, avez-vous pu néanmoins conserver une relation privilégiée avec le pays ?

Ibrahima Thiam :  J’ai un attachement viscéral avec mon pays et ma région d’origine et durant toutes ces années j’ai initié sur place diverses initiatives comme la création d’un incubateur de start-up (T4COM) et d’une exploitation agricole (SENAGRI). J’ai aussi contribué à l’équipement de douze bibliothèques à Kaolack avec la région Ile-de-France, le conseil général du Val-de-Marne et la ville d’Alfortville. J’ai également organisé des chantiers internationaux a travers des séjours de deux semaines à Kaolack avec des jeunes déshérités du département de Val-de-Marne, accompagné la scolarité pendant dix ans des jeunes enfants en décrochage scolaire et réalisé trois courts-métrages avec des collégiens en difficulté scolaire du collège Henri Barbusse. Pour moi l’engagement associatif, ou citoyen, est quelque chose d’essentiel, très enrichissant, très formateur et je suis fier de l’avoir fait au service de mon pays.

-      Question : Parallèlement à ces activités vous avez aussi milité dans le cadre politique en occupant même des responsabilités au sein de l’opposition sénégalaise en Europe ?

-      Ibrahima Thiam : En effet, car être loin des yeux ne signifie pas être loin du cœur et le sort de mes compatriotes au Sénégal ne m’a jamais laissé indifférent. Je m’inquiète de la situation de précarité dans laquelle se trouve beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire de misère. Je m’inquiète de la gabegie financière et de l’usage des fonds publics pour des projets qui ne participent pas suffisamment au développement économique du pays et au niveau de vie des Sénégalais. Je suis scandalisé par le niveau de corruption atteint dans certains secteurs clés de notre économie alors que le Sénégal dispose de nombreux atouts pour en faire un modèle en Afrique. Même la démocratie, que l’on cite en exemple, subit des atteintes permanentes de la part d’un pouvoir autocratique, aujourd’hui à bout de souffle. La situation qui est faite à Karim Wade et à Kalifa Sall est de ce point de vue scandaleuse, en les empêchant de pouvoir se présenter aux élections de février prochain, et ce alors que l’ONU a contesté le bien fondé des poursuite entamées contre eux. Cela disqualifie le régime de Macky Sall, au niveau des instances internationales.C’est pour toutes ces raisons que voici un an j’ai créé le mouvement «Autre Avenir » afin de proposer un New-Deal aux Sénégalais et de redonner un nouveau souffle au pays. Aujourd’hui ce mouvement est présent à Dakar et dans chacun des quatorze départements du pays à travers des permanences animées par de nombreux militants. Nous sommes également présents aux côtés de la Diaspora, en France, mais aussi en Belgique, en Espagne, en Angleterre, en Italie et aux Etats-Unis, etc. Pour populariser notre mouvement on peut aussi consulter notre site : www.autre-avenir.com, qui se veut un outil de communication interactif destiné aux médias, aux sympathisants, aux militants et à toute personne désireuse de nous suivre, voire d’adhérer à notre cause. 

-      Question : Qu’est-ce qui a motivé votre décision de vous présenter à l’élection présidentielle ?

-      Ibrahima Thiam : Le désir d’offrir une alternative au pouvoir en place actuellement à Dakar. D’être une voie de recours après un septennat de Maky Sall qui s’est montré incapable de résoudre les difficultés quotidiennes de nos compatriotes. Il faut qu’une nouvelle génération accède aux pouvoirs, non pas en faisant de belles promesses qui n’engagent que ceux qui les entendent, ni même en venant avec de magnifiques projets qui plusieurs années après seront toujours dans les cartons. Ma démarche est différente et je l’explique dans un livre à paraître d’ici quelques jours « Un nouveau souffle pour le Sénégal ». A travers une vingtaine de chapitres je me suis efforcé d’analyser la situation au Sénégal, d’établir un diagnostic, un état des lieux en matière économique, sociale, dans les domaines de la santé, de l’enseignement et la formation, de la culture, de la justice, de la culture, de la pêche, du tourisme, de l’énergie, etc. Le but étant à partir de ce constat d’apporter les corrections nécessaires, mettre fin aux dysfonctionnements, aux inégalités criantes, faire que ce qui ne marche pas aujourd’hui fonctionne demain. J’attends énormément des jeunes et des femmes pour remettre le Sénégal sur la voie du développement et de l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes. Nous disposons sur place de ressources naturelles importantes, y compris le pétrole, nous pouvons aussi compter sur une élite intellectuelle capable de bâtir des projets entrepreneuriaux innovants. L’exil ne doit pas être une solution pour des jeunes inquiets de leur avenir et je veux qu’ils puissent trouver sur place un travail et des conditions de vie décente. Pour cela il nous faut soutenir et amplifier la croissance qui seule peut créer des nouveaux emplois, soutenir les jeunes créateurs d’entreprise, leur donner une chance de réussir et d’être fiers d’eux-mêmes. Les partis politiques traditionnels sénégalais sont épuisés, à court d’idées et de motivation. Essentiellement parce qu’ils sont dirigés par des caciques de la politique qui aspirent à obtenir des privilèges pour eux et à distribuer des avantages à leur entourage, à se servir de leur position, plutôt qu’à servir la nation. Ces mœurs sont d’un autre temps et sont condamnés par une grande partie de la population. Il est plus qu’urgent de procéder à un renouvellement des hommes et des idées, tel est le sens de ma candidature à l’élection présidentielle de février 2019. J’ajoute que je veux lui redonner ce qu’il m’a apporté en mettant au service du pays le fruit de mon expérience, de mes réflexions et de mon énergie. Le Sénégal à besoin de tourner une page et je l’invite à en écrire une nouvelle porteuse d’espoir et d’avenir.

Nous tenons à remercier Ibrahima Thiam de nous avoir accordé cet entretien et de nous avoir expliqué le sens de sa démarche et sa volonté d’être le représentant en février 2019 de millions de Sénégalais qui ne se reconnaissent pas dans la politique conduite depuis le début de son mandat par Macky Sall.

A noter qu’Ibrahima Thiam va être doublement en concurrence avec Macky Sall, en févier bien sûr mais aussi dès aujourd’hui en librairie car la sortie, ces jours-ci, de son livre « Un nouveau souffle pour le Sénégal » coïncide avec la mise en rayon d’un ouvrage du chef de l’Etat. Ouvrage dans lequel celui-ci glorifie son action depuis qu’il a été élu. Nous laisserons le soin aux Sénégalais de se prononcer sur cette démarche plus égocentrique que réaliste, plus passéiste que porteuse d’avenir. Mais peut-il y avoir meilleur éloge qu’écrit par soi-même ?  

Interview réalisée par le Directeur de la publication

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