Les forces de l’opposition qui prévoient de manifester  demain, jeudi 19 avril, à l’occasion du vote du projet de loi portant sur le parrainage, ne seront pas seules. Elles pourront compter sur le soutien du mouvement citoyen Y’en a marre. L’assurance a été donnée par le porte-parole du jour Fadel Barro hier, mardi, lors d’une conférence de presse.

« Ce combat commence, ce jeudi 19 avril prochain, par une vague de mobilisation citoyenne et pacifique, devant les grilles de l’Assemblée nationale et partout ailleurs à Dakar, mais aussi dans les régions et dans la diaspora pour manifester notre désapprobation et exprimer notre choix d’une démocratie apaisée », pouvait-on lire dans le texte liminaire transmis à la presse.

Pour Fadel Barro et le mouvement citoyen Y’en a marre, le président Macky Sall a enfourché le même cheval de bataille qui avait valu à son prédécesseur, Abdoulaye Wade, le courroux des Sénégalais et qui lui avait valu une cuisante défaite à la présidentielle de 2012. « La posture actuelle du Président Macky Sall nous rappelle l’épreuve malheureuse du 20 mars 2016, qui avait fait valider son Wax Waxeet sur la durée de son mandat, par le référendum constitutionnel », renseignent-ils dans leur déclaration liminaire.

Par ailleurs, Fadel Barro et les membres de Y’en a marre ont appelé le Président Macky Sall à revenir à la raison en suspendant temporairement le vote du projet de loi pour attendre que les négociations entamées par la société civile qui sillonne ne le pays pour rencontrer les autorités religieuses aboutissent.

Sudonline

Le système du parrainage élargi à tous les candidats à la magistrature suprême, une loi très controversée qui doit passer ce jeudi 19 avril à l’Assemblée nationale, fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le pays. Opposants comme gens du pouvoir, sans oublier certaines organisations de la société civile, se livrent à une bataille de communication sans merci pour gagner l’opinion publique. L’enjeu reste ici sans équivoque la manifestation prévue par les opposants au système du parrainage, le jour de son vote par les parlementaires après-demain.

La manifestation prévue par les opposants au régime du président Macky Sall ainsi que certaines organisations de la société civile et autres mouvements citoyens, pour barrer la route à la loi sur le parrainage étendu à tous les candidats aux prochaines joutes, cristallise depuis un certain temps, toutes les attentions.

En effet, depuis que le sujet a été évoqué lors des concertations sur le processus électoral, confié au chef de l’Etat Macky Sall pour arbitrage, adopté sous forme de projet de loi modifiant le Code électoral et la Constitution en Conseil des ministres, et enfin soumis aux parlementaires pour vote, il ne se passe pas un seul jour sans que les acteurs politiques et même ceux de la société civile épiloguent sur la question. L’adrénaline est montée lorsque les pourfendeurs de ce système de «présélection» des candidats à la magistrature suprême ont décidé de manifester à la place Soweto, le jour de son vote, ce jeudi 19 avril. Les opérations d’explication et de mises en garde des partisans du pouvoir font face au refus du dialogue de l’opposition déterminée qu’elle est à en découdre avec le régime de Macky Sall.

EXPLICITER LE PARRAINAGE ET DISSUADER LES POTENTIELS MANIFESTANTS

En effet, dans cette bataille communicationnelle qui a pour but de convaincre les populations du bien-fondé de la loi sur le parrainage, destinée selon la majorité à rationaliser les candidatures pléthoriques aux différentes joutes électorales, le pouvoir ne lésine pas sur les moyens. Même le chef de l’Etat, Macky Sall, est en plein dans la danse. De Lomé où il s’était rendu pour le Sommet de la Cedeao, il a expliqué aux militants acquis à sa cause que le but dudit système était de rationaliser les candidatures, et par ricochet les dépenses électorales. Mieux, le président semble rejeter la balle entre les mains de l’opposition en l’invitant au dialogue sur les modalités de mise en œuvre dudit système.

Toutefois, il n’a pas manqué de prévenir qu’en cas de statu quo, «la loi de la majorité s’appliquera». Le chef de l’Etat n’a, cependant, pas été le seul dans le camp du pouvoir à procéder à des séances d’explication sur le parrainage. Son envoyé spécial, Aminata Touré, chargé de la mobilisation et du parrainage, ainsi que son Directeur de Cabinet, Oumar Youm, la présidente des femmes de Bby, Marième Badiane ou encore ses ministres, Mbaye Ndiaye, Mame Mbaye Niang, Pape Gorgui Ndong, bref…, beaucoup de pontes du régime s’y sont attelés le week-end dernier. Dans leur démarche, les séances de rétablissement de la vérité sur les raisons du parrainage se mélangent aux mises en garde contre les éventuels manifestants, lors du vote de la loi. Mimi Touré, comme Mame Mbaye Ndiaye ont prévenu que «force restera à la loi».

Quand l’opposition fait planer le spectre d’un 23 juin bis !

 Du côté de l’opposition, l’on semble tenir le bon bout pour vilipender le président Macky Sall et son régime devant les Sénégalais et le reste du monde. Les assauts contre le parrainage et autres propos de défiance à l’encontre du pouvoir, lors du vote de ladite loi, ne manquent pas. Si le patron du parti Rewmi, qui dit rejeter toute forme de dialogue avec le président Macky Sall, promet d’écourter son voyage à l’étranger pour prendre part à la manifestation du 19 avril, il n’en demeure pas moins qu’il récuse toute forme de confrontation avec les forces de l’ordre.

Pour Idrissa Seck, il n’est pas question d’en arriver aux mains avec ces dernières, mais de faire face au vote de la loi. Il a tout de même fait savoir que si l’actuel locataire du palais persiste à vouloir toucher la Constitution, «on va le dégager». L’axe de communication des pourfendeurs de la loi reste pratiquement le même pour tous : dénoncer «une manipulation de la Constitution» dans le but d’invalider la candidature de certains adversaires. Ne se limitant pas à protester contre ladite loi, ils promettent d’en découdre avec le régime pour le forcer à revenir sur sa décision et à organiser des élections transparentes.

Regroupés ainsi autour d’une nouvelle plateforme appelée «Front démocratique et sociale de résistance nationale contre les manipulations constitutionnelles et électorales au Sénégal», toutes les forces politiques de l’opposition, dont le mouvement And Doolel Khalifa, And Jëf de Mamadou Diop Decroix, Bokk Gis Gis de Pape Diop, Act d’Abdoul Mbaye, Fds/Bj de Cheikh Bamba Dièye, Pastef d’Ousmane Sonko, Pds de Me Wade, Pur du Pr Issa Sall, Ptp de Me El hadj Diouf, Tekki de Mamadou lamine Diallo, République des valeurs de Thierno Alassane Sall, etc. ainsi que des organisations syndicales promettent un «23 juin-bis». Ils ne ratent pas l’occasion de brocarder la loi et d’appeler à la mobilisation le jour de son vote.

Sudonline

« Le vote de tous les dangers », titre le Walf Quotidien, qui consacre une très large part de son édition du jour aux contestations et manifestations prévues un peu partout dans le pays.

Alors que « le centre-ville de la capitale et sa banlieue sont quadrillés par les forces de l’ordre », le journal relaie les appels de l’opposition, vent debout contre le projet, mais aussi de l’archevêque de Dakar. Pour Monseigneur Benjamin Ndiaye, « il ne faut pas jouer à se faire peur » et il vaut mieux « renoncer provisoirement à ce qui crée le conflit ».

Mais les points de vue sont partagés : le patron du parti And Jef Authentique Landing Savané affirme ainsi dans les colonnes de plusieurs journaux son soutien au projet alors que le chroniqueur Mamadou Sy Tounkara estime dans Rewmi.com que le parrainage peut permettre aux formations politiques « d’être en contact direct » avec la population et de combler ainsi « l’absence d’éducation politique des masses » en présentant directement son programme politique. Mais il reproche au pouvoir le timing de cette réforme « à 10 mois de l’élection présidentielle [et contraire] à la lettre et à l’esprit de notre Charte fondamentale ».

Bref, « la bataille de l’opinion fait rage », note le site d’information Sud Online pour qui « l’opposition est déterminée à en découdre avec le régime de Macky Sall », en lui promettant « un 23 juin bis », référence à ce jour de 2011 où face à la mobilisation populaire, Abdoulaye Wade avait renoncé à réformer la Constitution.

Journée de tension en perspective, mais en l’absence de Macky Sall

Le président sénégalais est en effet en France où il doit s’entretenir demain avec Emmanuel Macron. Une absence qui ne manque pas de lui être reprochée dans la presse sénégalaise. « Ça jase à Paris et ça se discute en France », estime ainsi Rewmi.com pour qui « les questions sérieuses du Sénégal se discutent encore » à Paris. « Le président français à son mot à dire » poursuit le site d’information, « et son avis est important ». En tout cas, estime la publication, « l’attitude de Macky Sall va être perçue par ses adversaires comme une façon de les snober ».

Mais l’opposition sénégalaise sait se faire entendre y compris à Paris, preuve en est cette mésaventure du président dans les rues de la capitale française où son cortège a été enfarinée par des manifestants. « Macky fuit le brasier de Dakar et tombe dans celui de Paris », ironise le site SeneNews qui poursuit « si cette visite était faite pour éviter la mobilisation, c’est raté ».

SeneWeb relate de son côté la grosse colère du chef de l’Etat sénégalais contre les responsables locaux de son parti après cet incident : « tout ça c’est vous », aurait lancé Macky Sall, « c’est parce que vous êtes divisés qu’une vingtaine de personnes arrivent à saboter notre arrivée à Paris. » Et le président sénégalais de s’inquiéter « de la guerre inutile et fratricide » qui agite son parti, avant de conclure : « la division et les querelles intestines ne nous aideront pas si nous voulons conserver le pouvoir. »

La contestation politique au Niger attire également l’attention des journaux

Après la mobilisation contre la Loi de finances, ce sont les étudiants de l’université de Niamey qui ont protesté mercredi. En cause selon ActuNiger « le non-respect par le gouvernement des engagements convenus » il y a quelques jours, alors qu’un bras de fer oppose les étudiants à leurs enseignants. Résultat, des « affrontements violents » selon le site, qui dénombre « au moins 3 blessés graves ».

Et la situation est loin d’être stabilisée, l’Union des scolaires nigériens maintient son appel à une grève de 3 jours et laisse toujours planer « le risque d’une nouvelle année blanche ». « Difficile pour l’instant de dire qui en sortira vainqueur », observe Le Pays. Le quotidien burkinabè s’interroge toutefois : « le Niger a-t-il mal à sa démocratie ? Ne dit-on pas que les manifs de rue traduisent une certaine vitalité démocratique ? », avant de lancer « Questions à un président. »

Autre question à un président, mais cette fois celui de la fédération internationale de football

Aujourd’hui au Faso interpelle Gianni Infantino après les arrestations au sein de la fédération congolaise de foot. « Perpétue-t-il les vieilles pratiques qui avaient cours sous le magistère de [son prédécesseur] Sepp Blatter ? », s’interroge le journal, alors que l’Observateur Paalga se demande « quel carton la justice va-t-elle brandir ? », à l’encontre notamment du président de la Fécofa, Constant Omari, remis en liberté hier soir.

Du côté de la presse congolaise, la prudence est de mise. La Prospérité explique ainsi que l’affaire, des soupçons de détournement dans le cadre de matchs de l’équipe nationale, est intimement lié à une bataille entre le ministère des Sports et la fédération. Et note que plusieurs acteurs centraux dans cette affaire n’ont toujours pas été entendus.

RFI

Le Paris Saint-Germain a remporté le septième titre de champion de France de football de son histoire en battant l’AS Monaco 7-1, ce 15 avril 2018. Les Parisiens ont au passage pris leur revanche sur des Monégasques qui les avaient devancés, la saison passée.

Pas assez fort pour l’Europe, mais trop pour la France. Les années se suivent et le constat est presque toujours le même : le Paris Saint-Germain (PSG), avec son budget colossal (540 millions d’euros) et sa ribambelle de stars, est un club surdimensionné pour le modeste championnat français (Ligue 1).

Ce 15 avril 2018, le PSG l’a rappelé en écrasant l’AS Monaco 7-1, en clôture de la 33e journée de Ligue 1 (L1).

L’AS Monaco balayée comme un petit club

Tout a commencé avec un beau mouvement collectif conclu par l’Argentin Giovani Lo Celso (1-0, 14e), un coup de tête de l’Uruguayen Edinson Cavani (2-0, 17e) et un lob génial de l’Argentin Angel Di Maria (3-0, 20e).

Play Video

Difficile d’imaginer à ce moment-là qu’on assiste à une passation de pouvoir. Le tenant du titre craque en effet encore sur une tête de Lo Celso (4-0, 28e). La réduction du score signée Rony Lopes n’y change rien (4-1, 38e).

Di Maria (5-1, 59e), un but contre son camp du Colombien Radamel Falcao (6-1, 77e), et un tir de l’Allemand Julian Draxler qui est dévié (7-1, 87e), offrent une vengeance parfaite aux Parisiens, devancés la saison passée par ces mêmes Monégasques en L1.

Avec un total de 87 points, Thiago Silva et ses coéquipiers ne peuvent ainsi plus être rattrapés en tête du classement.

Un sans-faute, en France, pour le moment

Trophée des champions, Coupe de la Ligue et Championnat de France : le PSG a presque tout gagné cette saison sur la scène nationale, avec trois des quatre trophées majeurs (reste la Coupe de France dont la finale aura lieu le 8 mai).

Le Paris-SG, pour l'exercice 2018-2019, doit désormais trouver le remplaçant d’Unai Emery sur le banc de touche et renforcer un groupe qui n’a toujours pas atteint les demi-finales de la coupe d’Europe, en dépit des investissements faramineux du Qatar, actionnaire majoritaire depuis 2011.

RFI

mmanuel Macron s'est exprimé mardi 17 avril devant les députés européens. L'exercice a duré près de trois heures. Le chef de l'Etat français a ensuite déjeuné avec le président du Parlement européen, de la Commission européenne et une trentaine de députés européens. Après le discours de la Sorbonne en septembre, le chef de l'Etat français est venu exposer sa vision pour la refondation de l'Europe devant un hémicycle bien rempli.

A la sortie de l'hémicycle, les avis sur la prestation d'Emmanuel Macron sont partagés. A droite, Nadine Morano, se dit déçue. « Je m’attendais avec ce jeune président très passionné et qui a de grandes qualités oratoires à ce qu’il puisse allier son sens de la parole avec des actes ambitieux. Ce n’est pas ce que j’ai trouvé », dit-elle.

Parmi les priorités d'Emmanuel Macron avant les Européennes de l'an prochain, la proposition de créer un programme européen pour financer les collectivités locales qui accueillent des réfugiés, la taxation des géants du numérique et la réforme de l'Union économique et monétaire.

Pour l'eurodéputé socialiste Emmanuel Maurel, il y a un manque d'ambition. « Il a été convenu avec des propositions très rares. Le rapport de force avec l’Allemagne nous est très défavorable et un président qui revoit ses ambitions à la baisse, c’est dommage », souligne-t-il.

Même son de cloche de la part de l'eurodéputé socialiste Guillaume Balas, qui estime que les projets sur la réforme de l'Union économique et monétaire d'Emmanuel Macron vont se heurter à ceux de l'Allemagne.

Le rapport de force avec l'Allemagne n'est peut-être pas si défavorable que ça, estime pour sa part l'eurodéputé Jean-Marie Cavada de l'Alliance des libéraux et des démocrates : « Les vrais sujets sont toujours sur la table. Oui, on a un ministre des Finances, oui, on a un budget, la chancellerie trouvera sans doute un moyen terme pour négocier, parce que n’oubliez pas que ce dit la CDU n’est qu’une jambe, si je puis dire droite,du gouvernement allemand qui a aussi une jambe gauche qui va compter dans la coalition. »

Avant le déplacement d'Emmanuel Macron à Berlin jeudi, le Parti social-démocrate allemand a rappelé à ses partenaires conservateurs de la coalition à soutenir les propositions de réforme de la zone euro.

En France, l'Assemblée nationale a commencé lundi 16 avril à examiner le projet de loi asile et immigration. Un texte critiqué par les associations de défense des migrants, controversé jusque dans les rangs de la majorité. Malgré les réunions de conciliation organisées par Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, et les discussions en commissions, une petite dizaine de députés En Marche ont déposé des amendements pour adoucir un projet qui à leurs yeux manque « d'humanité ».

« On ne fait jamais d'omelettes sans casser des oeufs, et s'il faut casser des oeufs, je le ferai ! » Voilà l'avertissement lancé la semaine dernière par Richard Ferrand à ses troupes. Le patron des députés La République en Marche veut garder la main sur son groupe pléthorique. Pas question d'avoir des voix discordantes. Le mot « exclusion » n'est pas prononcé, mais la menace est claire. Aurore Bergé, l'une des porte-parole du groupe, l'a redit ce mardi matin sur la chaine de radio Europe1.

« Les gens sont libres, mais s'ils veulent se mettre de fait à l'écart de la ligne qui est la nôtre, à l'écart de la ligne sur laquelle le président de la République a été élu, alors c'est à eux de prendre leurs responsabilités », a-t-elle déclaré.

Une trentaine d'amendements déposés

Si vous n'êtes pas avec nous, vous être contre nous. Une philosophie digne de la mafia. Gilles Legendre, un autre porte-parole En Marche, croit encore à la méthode douce. Il refuse de parler de sanctions. « Nous avons une grosse semaine de débat autour de ce texte avec de nombreuses journées et de nombreuses nuits, ça permettra à chacun de prendre ses responsabilités et franchement je pense qu'à l'arrivée, ce sujet n'en sera plus un », explique-t-il.

Malgré les pressions, le petit groupe de frondeurs a déposé une trentaine d'amendements, contre l'allongement de la durée de rétention par exemple.

Mais la plupart devraient s'abstenir lors du vote.

RFI

La justice a condamné mardi l’opposant Barthélémy Dias et maire de la commune dakaroise de Mermoz-Sacré-Coeur à six mois de prison ferme, après ses propos injurieux à l'égard des magistrats.

Barthélémy Dias retourne dormir ce mardi soir dans sa cellule de la prison de Rebeuss. Le tribunal des flagrants délits de Dakar lui a infligé une peine de six mois de prison ferme – le parquet réclamait deux ans – pour avoir entre autres comparé les magistrats à « des prostituées ». Des propos tenus en réaction à la condamnation, le 30 mars dernier, du maire de Dakar Khalifa Sall à cinq ans de prison pour « escroquerie aux deniers publics ».

« On va évidemment faire appel de cette décision qui n’est pas fondée, déclare à Jeune Afrique son avocat Me El Hadji Diouf. La condamnation de Barthélémy Dias est le reflet d’une démocratie malmenée, où il est interdit de penser autrement que le pouvoir. »

« Les périls qui guettent le Sénégal »

Même son de cloche du côté du député Cheikh Bamba Dieye, proche de Barthélémy Dias, qui met en garde ses pairs : « Sa condamnation, ainsi que celle de Khalifa Sall, sont autant de signes des périls qui guettent la démocratie au Sénégal. Le président Macky Sall entend être le seul candidat à l’élection de 2019. Et pour cela, il élimine systématiquement tous ses opposants. Tous les acteurs politiques sont désormais en danger. »

Le père de « Barth’ », l’ancien ministre Jean-Paul Dias, s’est également confié à Jeune Afrique sur la condamnation de son fils : « Elle est injuste et infondée en droit. Car aucun magistrat n’a porté plainte pour outrage. À l’évidence, cette condamnation démontre l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique. Deux jours avant le verdict dans l’affaire Khalifa Sall, la police suivait mon fils partout où il allait. Ils cherchaient un prétexte pour l’arrêter. Voilà la vérité. »

Porte-flingue

Connu pour ses coups de sang et ses sorties au vitriol vis-à-vis de ses adversaires, Barthélémy Dias a donné le sentiment de n’avoir cure d’un nouveau séjour derrière les barreaux. Lors de son procès, le 8 avril dernier, il avait lui-même fait part de son désir de rester en prison, pour se retrouver auprès du maire de la capitale. « Si Khalifa Sall couche en prison, alors moi aussi, je suis prêt à faire don de ma liberté », avait-t-il ainsi déclaré.

Le porte-flingue de l’opposition n’en est pas à son premier séjour derrière les barreaux. Fin 2011, il n’avait pas hésité à dégainer son pistolet 9 mm, pour faire feu en direction de quelques nervis du Parti démocratique sénégalais (PDS) qui encerclaient la mairie de Mermoz-Sacré-Coeur. L’un des assaillants avait été retrouvé mort, sans qu’il soit possible d’affirmer que « Barth » ait été l’auteur du coup de feu mortel.

L’épisode lui avait valu une condamnation en 2017 à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour coups et blessures volontaires et détention illégale d’arme – une peine alors couverte par sa détention provisoire en 2012.

Jeune Afrique 

Le cancer du col de l’utérus continue de faire des ravages chez la gent féminine. Il se positionne comme le premier cancer chez la femme, au Sénégal. Cependant, beaucoup d’entre-elles méconnaissent leur statut  du fait qu’elles ne sont pas adeptes des hôpitaux. Pourquoi les femmes ne fréquentent-elles pas les structures de santé ? Comment éviter la maladie ? Réponse dans cette rubrique de Sud Santé.

Le cancer du col de l’utérus est une maladie qui se développe sur la muqueuse du col de l’utérus, autrement dit sur le tissu qui le recouvre. Plus précisément, elle prend naissance dans la première couche de la muqueuse qui porte le nom d’épithélium. Cette maladie très sournoise se développement et touche beaucoup de femmes.

Seulement, beaucoup d’entre-elles n’arrivent dans les structures de santé que tardivement, quand la maladie s’est déjà développée. Des femmes interrogées sur la prise en charge de leur santé sont partagées entre ignorance et négligence.

Pour cette dame trouvée dans une structure de santé des HLM, le cancer du col de l’utérus, c’est du nouveau. «Je fais mes visites pré et post-natales et c’est fini. Je n’ai jamais fait de dépistage du  cancer du col de l’utérus.  Je  ne connais même pas cette maladie», a-t-elle fait savoir. Cette dernière, la trentaine révolue, se réfère à la prescription de son soignant. «Je ne suis pas malade, je ne ressens rien au niveau de mes parties génitales. Donc je n’éprouve pas le besoin d’aller en faire (dépistage). Et autre chose, il y a la sage-femme  qui est là, si rien ne va, elle va me référer dans un autre hôpital. Et, comme elle ne dit rien, je crois que je me porte bien», a-t-elle conclu.

Comme cette dame, beaucoup de ses paires se trouvent dans cette situation. Le manque de communication entre le personnel soignant et les malades est une des causes de cette ignorance. Des femmes, durant toute leur vie, n’ont jamais été orientées pour faire le frottis afin de connaitre l’état de leur col. Mariètou Diallo, une dame habitant les HLM témoigne: «j’ai fait quatre enfants. Ils sont devenus des adultes. Mais, au cours de mes consultations, en aucun moment les sages-femmes ne m’ont demandé d’aller faire le dépistage. Certes, ces dernières années, on parle de dépistage du cancer de col de l’utérus, du sein, mais je pense que c’est le personnel soignant très proche de la population qui doit porter le combat et faire de telle sorte que celles qui ont les moyens puissent aller faire le frottis. Aux moins nantis d’attendre les campagnes gratuites pour aller le faire. Car il y va de notre santé», a-t-elle fait comprendre.

Dans les hôpitaux, le coût de la prise en charge du dépistage du col de l’utérus, appelé frottis, est très élevé. Il faut débourser 10 à15 mille pour le faire, à défaut de prise en charge. Un coût qui décourage et qui amène certaines femmes à se barricader sur leur sort. «La prise en charge du dépistage du cancer du col de l’utérus, n’est pas à la portée des petites bourses. C’est très cher et ça n’encourage pas», a avancé Juliette Sarr, une autre dame du quartier des HLM.

Et de poursuivre: «le besoin est tellement important que quand on organise des séances de dépistage (gratuit), les femmes répondent massivement. Je pense qu’il faut augmenter l’offre pour permettre à toutes les femmes de tout âge d’en bénéficier pendant les campagnes gratuites et profiter de ces moments pour faire passer des messages».

Rappelons que le col de l’utérus fait partie de l’appareil de reproduction féminine. C’est la partie inférieure étroite de l’utérus aussi appelé matrice. Il s’agit du passage reliant l’utérus au vagin.

En séminaire avec les cadres de son parti au cours du week-end, à Saly, Idrissa Seck, le leader de Rewmi et candidat à la succession de Macky Sall, a lancé les bases de sa gouvernance, si bien évidemment, il est porté à la tête du pays au soir du 24 février 2019.  Dans un discours séquencé, parfois même railleur, ou aussi anecdotique, le patron des «Oranges» a décliné quelques pans d’une feuille de route devant être soumis au crible des cadres du Rewmi et du citoyen lambda. Avant de pouvoir solliciter le suffrage des Sénégalais et matérialiser ce programme alternatif pour le Sénégal, Idrissa Seck a toutefois demandé «pardon» à tous ceux qu’il a eu à heurter par ses paroles et gestes en tant qu’homme politique et homme d’Etat. Non sans manquer de jeter quelques piques au régime de Macky Sall.

Il faudra compter avec le président du parti Rewmi pour les prochaines joutes électorales qui s’annoncent déjà épiques. En effet, Idrissa Seck fera face au président de la République, Macky Sall, candidat à sa propre succession. Même si le patron des «Oranges» ne le dit pas explicitement, il a posé des actes clairs, le samedi 14 avril dernier, lors du séminaire consacré aux Cadres de son parti, en vue de présenter un programme alternatif aux Sénégalais. En effet, le président du Conseil départemental de Thiès a tenu d’abord à régler un préalable avant de solliciter le suffrage des Sénégalais. Devant des militants acquis à sa cause, sans oublier les invités venus nombreux assister à cette rencontre tenue dans un hôtel à Saly, Idrissa Seck a présenté ses excuses au peuple sénégalais. Il déclarera ainsi : «Je voudrais, aujourd’hui, avant de solliciter le suffrage des Sénégalais, vous regarder dans les yeux et convoiter d’Allah, qu’ils me pardonnent mes offenses comme je pardonne aussi à ceux qui m’ont offensé». L’ancien Premier ministre d’Abdoulaye Wade présente ainsi ses excuses à tous ceux qu’il a eu à heurter, blesser ou choquer par la parole ou par son comportement tout au long de sa carrière d’homme politique ou d’homme d’Etat. Faisant d’une pierre deux coups, il a demandé pardon à Fatou Sock, une responsable de son parti qui aurait gelé ses activités politiques. Pour avoir reconnu publiquement ses erreurs, la mise en cause a appelé à l’instant pour annoncer son retour aux affaires à Rewmi. Des propos tenus après avoir répondu à un appel.

LE SENEGAL SOUS IDRISSA SECK

Tout en annonçant un programme qui sera concocté par les cadres de son parti et discuté avec l’ensemble des corps de métier, puis enfin posté sur le net pour recueillir les avis des uns et des autres, l’ancien maire de Thiès a décliné sa feuille de route dans bien des domaines. Ainsi donc, dans le secteur éducatif, en rendant hommage aux enseignants et chercheurs, il a annoncé la création d’un Conseil supérieur de l’éducation. Cette institution, qui ne sera confiée ni à un Premier ministre, encore moins à un ministre, sera présidée par le président de la République. Elle inclura, à son avis, les meilleurs dans tous les domaines, notamment recteurs d’université, proviseurs de lycée, directeurs de collège, d’écoles élémentaires et d’écoles maternelles. Faisant ainsi les yeux doux aux enseignants, dans un contexte marqué par une tension entre ledit corps et le régime, il dira «qu’il est inadmissible que, qui que ce soit, soit mieux payé que les enseignants». Il trouve ainsi inacceptable qu’au Sénégal, les enseignants soient négligés.

INAUGURER L’ERE D’UNE GESTION JUSTE, EFFICACE ET AMBITIEUSE

Poursuivant son esquisse de programme à mettre en œuvre, si toutefois les Sénégalais lui faisaient confiance au soir du 24 février 2019, le président de Rewmi a promis d’inaugurer, au Sénégal et en Afrique, l’ère d’une gestion «juste, efficace et ambitieuse». Jetant des piques aux tenants du pouvoir, il a trouvé que «les notions de gouvernance sobre et vertueuse sont vagues». Ainsi donc, à l’image des Américains qui soutiennent vaille que vaille leur fils, “Idy“ a promis d’augmenter les pensions des anciens combattants et celles des blessés de guerre. Il a donné la garantie de faire en sorte que les soldats sachent qu’il veillera personnellement à ce qu’ils aient des conditions convenables, quand il les enverrait en mission.

Sur la justice, Idrissa Seck a certifié qu’il fera en sorte que le président ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature, une des doléances des magistrats. Toutefois, il précise qu’il ne veut pas «un gouvernement des juges». «Je veux un Conseil supérieur de la magistrature dont la composition sera remaniée», préconise-t-il. Pour avoir fait le constat selon lequel, «aucun magistrat n’est hors de sanction en dehors d’un seul cas», le natif de Thiès pense qu’il n’est pas question de laisser aux juges libre cours. Ainsi donc, il pense «qu’il faut associer à l’indépendance de la magistrature, leur responsabilité». Ce qui suppose qu’il faut les sanctionner quand ils fautent.

Déclinant ses ambitions dans le domaine économique, il a révélé qu’il fera en sorte qu’en 2029, fin de son deuxième mandat, que plus personne au Sénégal ne demande de l’électricité et que l’accès soit universel. Avec la découverte du pétrole et du gaz, «s’il n’est pas volé par la famille Sall d’ici là», raille-t-il, Idrissa dit vouloir faire du Sénégal «un hub de production d’électricité». Dans la même veine, notamment sur le mix-énergétique, il a exprimé son souhait de voir environ 30% de la puissance installée en énergie renouvelable. Tout en déplorant les taxes imposées au niveau du secteur tertiaire, il a promis de revoir la fiscalité des entreprises du secteur numérique.

VOTE DE LA LOI SUR LE PARRAINAGE : Rewmi manifestera le 19 avril prochain

Le président du parti Rewmi n’a pas manqué de décrocher quelques flèches en direction du président Macky Sall. Il a ainsi accusé le chef de l’Etat et son gouvernement d’avoir tenté d’empêcher la réunion de son parti à Saly, Mbour. «Ils ont exercé des pressions sur les réceptifs hôteliers de Saly, y compris sur des propriétaires de domiciles privés que nous avions réservés pour accueillir nos hôtes étrangers et dont les contrats ont été annulés cette après-midi même (le samedi) pour motif de travaux. Alors que les maisons avaient été visitées et étaient dans un excellent état», déplore-t-il. En effet, la manifestation allait tomber à l’eau à cause d’un désistement de dernière minute d’un propriétaire d’hôtel. Finalement, elle a été tenue dans un jardin d’un hôtel à Saly, avec tous les désagréments qui en ont suivi, notamment l’exiguïté des lieux pour contenir tout le monde.

S’agissant du vote de loi modifiant la Constitution et le Code électoral, le président du conseil départemental de Thiès a confirmé sa présence à la manifestation prévue par l’opposition et certaines organisations de la société civile. En ce qui concerne la médiation entreprise par la Société civile, Idrissa refuse la main tendue du chef de l’Etat car, à son avis, la société civile «cherche à renouer les fils d’un dialogue rompu». Il a dit clairement qu’il ne dialoguera pas avec Macky Sall «parce que sa parole n’est pas stable». En revanche, il a demandé aux médiateurs, d’aller dire au président de faire ce qu’il doit faire, à savoir : «de ne pas violer notre Constitution, de ne pas instaurer ce parrainage». Cela, tout en précisant qu’ils ne veulent pas brûler le pays, mais qu’ils resteront déterminés. Il a promis par ailleurs que «si Macky Sall viole la Constitution du Sénégal, nous le dégagerons de là». 

Sudonline

Le candidat du Parti Démocratique Sénégalais (Pds) à l’élection présidentielle du 24 février 2019, Karim Meïssa Wade,  s’est inscrit hier, lundi 16 avril, sur les listes électorales.

L’ancien ministre d’Etat libéral, résidant hors du Sénégal depuis sa grâce présidentielle a accompli cet acte civique depuis le Koweït avant de recevoir son récépissé en bonne et due forme, comme le note le Pds dont il devrait porter les couleurs dans la course à la magistrature suprême, dans une dizaine de mois.

Du coup, Karim Wade semble mettre un bémol à tous ceux qui soulignaient son incapacité de pouvoir participer à toute forme d’élection, parce que non inscrit sur les listes électorales. Reste maintenant à savoir si l’ancien ministre libéral, challenger déclaré du Pds contre Macky Sall, pourra venir voter dans son centre de Fann/Point-E à Dakar.  

Sud Quotidien

Page 1 sur 215

logotwitterFacebook