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Trump, la goutte d'eau qui va faire déborder Orly

Juil 12, 2017 Poster par 
Trump, la goutte d'eau qui va faire déborder Orly

La venue du président américain ce jeudi pourrait accentuer la pagaille qui règne à l'aéroport sud-francilien en rendant les accès encore plus difficiles.

Jeudi et vendredi, les conditions de fonctionnement de l'aéroport d'Orly pourraient être les pires jamais connues. À la pagaille et aux retards actuels générés par la police aux frontières (PAF), en sous-effectif, vont s'ajouter l'arrivée jeudi, et le départ vendredi, d'Air Force One, le Boeing 747 du président américain Donald Trump. Celui-ci, invité par le président Macron aux cérémonies du 14 Juillet, doit atterrir jeudi en fin de matinée, à une heure qui reste confidentielle. Conséquences, l'autoroute reliant Paris à Orly sera bloquée et le trafic aérien suspendu au moment des mouvements de l'avion présidentiel. Même punition pour le million de passagers voyageant à cette période vendredi lors du départ d'Air Force One. Et les voyageurs bloqués sur la route qui arriveront au terminal après l'heure limite d'enregistrement en seront pour leurs frais : ils devront acheter un autre billet ou payer un supplément.

À moins que le courrier adressé au président américain par Marc Rochet, président d'Air Caraïbes et French blue, ne soit pris en compte. Celui-ci lui suggère respectueusement d'atterrir plutôt au Bourget, l'aéroport d'affaires parisien, où une structure accueille régulièrement les avions des secrétaires d'État américains. Rochet tend la perche à Donald Trump dans cette lettre transmise par l'ambassadeur à Paris : « En allant au Bourget, vous marcherez sur les traces de Lindbergh et ce faisant, vous enverrez un message symbolique fort qui accroîtra le grand respect que les Français ont envers le président d'un si grand pays. » Le profil politique parfois contesté du premier aviateur à avoir traversé l'Atlantique pourrait ne pas déplaire au président américain. De plus, son programme prévoit une visite au cimetière américain de Suresnes, d'accès plus facile du Bourget que d'Orly. Mais le protocole, dont la souplesse est légendaire, prévoit que les chefs d'État soient accueillis à Orly dans un pavillon d'honneur récemment rénové et déplacé dans l'ancienne zone cargo. Notons qu'Air Force One va y stationner deux jours, ce que les avions ministériels français évitent depuis que les A319 de Chirac et Jospin avaient été tagués sur le tarmac d'Orly. Ils séjournent désormais à Évreux (A330) ou à Villacoublay (Falcon et hélicoptères) dans des enceintes militaires.

500 policiers à Orly sur 10 000 fonctionnaires de la PAF

De surcroît, depuis près d'un mois, les files d'attente lors des contrôles de la police aux frontières à Orly, et dans une moindre mesure à Roissy-CDG, suscitent des retards moyens d'environ 90 minutes. En particulier, tous les avions à destination des départements d'outre-mer et des pays du bassin méditerranéen ne sont plus à l'heure. Une mesure simple, évoquée mardi par les responsables des compagnies aériennes et des aéroports lors d'une réunion à Matignon, serait de considérer que les vols à destination des DOM restent du ressort de la France, et non pas de la règlementation Schengen. À Orly, cela constituerait immédiatement 10 000 passagers de moins à contrôler chaque jour.

Les autres aéroports français sont aussi à la peine. Si, en 2016, les compagnies ont enregistré sur le seul terminal Sud « une dégradation de 500 % » des retards par rapport à 2015, des chiffres comparables sont enregistrés à Nice ou Marseille notamment. Président de l'Union des aéroports français (UAF), Thomas Juin, avec son délégué général Nicolas Paulissen, et le délégué général de la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM), Guy Tardieu, ont également insisté sur le déploiement massif de matériels Parafe (sas de contrôle automatisé des passeports). Surtout, la validation de la reconnaissance faciale doit être homologuée, plus rapide que l'actuelle reconnaissance digitale. Le renforcement des moyens informatiques alloués à la PAF doit être prévu pour pallier à la saturation des serveurs lors du scan des passeports. L'optimisation des effectifs doit aussi intervenir. Sur les 10 000 fonctionnaires de la PAF, 500 sont détachés à Orly et 1 700 à Roissy-CDG. De son côté, le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, dans un courrier au ministre de l'Intérieur, demande « des mesures d'urgence ».

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Ces dysfonctionnements inquiètent aussi les membres du comité en charge de la candidature de Paris aux Jeux olympiques. En pleine négociation des JO de 2024, la France affiche au travers des défaillances des services de contrôle aux aéroports un retard d'infrastructures que, plus grave, le pouvoir politique semble ignorer.

Le Point.fr

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