International

ONU: quand «l'Amérique d'abord» de Trump rencontre le temple du multilatéralisme

Il sera l’une des vedettes de l’Assemblée générale de l’ONU. Donald Trump, farouchement critique envers l’organisation mondiale, doit présenter ce lundi 18 septembre 2017 à New York un projet de réforme des Nations unies avant de prendre mardi la parole devant les chefs d’Etat et de gouvernement. Comment le président américain voit-il le rôle des Etats-Unis au sein de l’ONU ?

Il sera l’une des vedettes de l’Assemblée générale de l’ONU. Donald Trump, farouchement critique envers l’organisation mondiale, doit présenter ce lundi 18 septembre 2017 à New York un projet de réforme des Nations unies avant de prendre mardi la parole devant les chefs d’Etat et de gouvernement. Comment le président américain voit-il le rôle des Etats-Unis au sein de l’ONU ?

Derrière cette demande se cache une approche purement comptable. Et qui ne date pas de Donald Trump, comme l’explique l’ancien diplomate Manuel Lafont Rapnouil, aujourd’hui directeur du bureau parisien du European Council on Foreign Relations :

« La direction que les Etats-Unis adoptent traditionnellement, Trump ou pas Trump, c'est une réforme d'efficacité budgétaire et la lutte contre la bureaucratie, la diminution des dépenses inutiles, la rationalisation du fonctionnement... Donc, c'est une réforme déterminée beaucoup par des objectifs budgétaires et des objectifs comptables. »

« On l'a vu quand Nikki Haley, l'ambassadrice américaine, a ouvert la discussion sur le budget du maintien de la paix, ajoute Manuel Lafont Rapnouil. Elle est arrivée avec tout un discours sur le manque d'efficacité des missions des casques bleus. On a très bien vu, à la fin du débat, ce qu'elle a annoncé. Ce qu'elle a mis en avant, notamment vis-à-vis du public américain et du Congrès américain, c'est qu'ils avaient économisé 500 millions. »

« A mon avis, il n’y aura pas de coupes drastiques »

Les Etats-Unis peuvent-ils bloquer le fonctionnement de l’ONU ? Cela paraît très difficile, si ce n’est impossible. Les contributions nationales au budget de l’organisation sont obligatoires, un changement des quotas requiert l’approbation de l’Assemblée générale. Et d’après le chercheur Stewart Patrick, aux Etats-Unis, la position du président ne fait pas l’unanimité au sein du Parti républicain.

« Même les républicains à Washington, traditionnellement sceptiques à l’égard des Nations unies, se rendent compte d’une chose : il serait contre-productif de demander à la fois une meilleure performance de l’ONU et de vouloir réduire la contribution américaine au budget de l’organisation. Je pense que le budget américain alloué aux Nations unies sera finalement assez proche de celui de ces dernières années. A mon avis, il n’y aura pas de coupes drastiques. »

Un Donald Trump plus pragmatique qu'il n'y paraît ?

Autrement dit, certains s'attendent à ce que Donald Trump mette un peu d’eau dans son vin. Car au-delà du discours aux accents nationalistes, du type « America first », qui est un discours qui s’adresse à sa base électorale, il y a une réalité géopolitique que le président ne peut pas ignorer, explique Manuel Lafont Roupnil.

« Il s'est retiré de l'accord de Paris sur le climat, c'est un signe très fort d'un manque d'intérêt et d'une défiance vis-à-vis des mécanismes de coopération internationale. Mais par exemple, sur la Corée du Nord, l'essentiel de la stratégie américaine, aujourd'hui, elle est de négocier, au Conseil de sécurité avec les autres Etats membres du Conseil, des régimes de sanctions onusiens. »

RFI

Lu 12 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Birmanie: la presse officielle vole au secours d'Aung San Suu Kyi

Critiquée de toutes parts, Aung San Suu Kyi n’a quasiment pas commenté les violences qui secouent l’ouest de son pays, la Birmanie. Ces dernières ont pourtant obligé plus de 400 000 Rohingyas musulmans et 30 000 Arakanais bouddhistes à fuir. Principale figure de l'actuel gouvernement, prix Nobel de la paix, la conseillère d’Etat birmane s’est contenté d’accuser des terroristes d’avoir mené des attaques. La presse officielle de son pays la défend.

Aung San Suu Kyi ne se rendra pas à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU, mais s'adressera à son peuple pour la première fois mardi depuis Naypyidaw au sujet des musulmans rohingyas dans l'Etat de l'Arakan. Le message de la lauréate du prix Nobel de la paix sera particulièrement scruté au sein de la communauté internationale, où des voix se sont élevées pour s'étonner de la passivité d'Aung San Suu Kyi face à ce que l'ONU qualifie de « nettoyage ethnique ».

Ce week-end, la presse officielle birmane a réagi en défendant sa position et son action. Le New Light of Myanmar vole au secours d’Aung San Suu Kyi. Photo à l’appui, l’organe de presse du pouvoir publie un reportage sur l’aide humanitaire apportée par les autorités aux déplacés du conflit arakanais, y compris aux musulmans. Il retranscrit l’interview qu’a donnée une ancienne diplomate américaine à une chaîne de télévision occidentale, dans laquelle elle dit comprendre la position très délicate d'Aung San Suu Kyi, du fait que la plupart des Birmans considèrent les Rohingyas comme des immigrés illégaux et soutiennent par conséquent les opérations de l’armée.

Aung San Suu Kyi ne peut donc pas aller à l’encontre de l’avis général sur un sujet aussi brûlant. La presse officielle insiste également sur le fait que la conseillère d'Etat agit pour résoudre la crise. Elle a accepté les recommandations de la commission dirigée par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui préconise de donner des droits à la minorité rohingya, notamment la liberté de mouvement.

RFI

Lu 15 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Métro de Londres: une bombe artisanale à l'origine de l'explosion

L'explosion qui s'est produite ce vendredi matin dans une station du métro londonien a fait 22 blessés selon les services de santé et est considéré comme un acte « terroriste », a annoncé la police de la ville dans un communiqué. Selon les services antiterroristes britanniques, c'est une bombe artisanale qui a été utilisée. Le gouvernement britannique a convoqué une réunion d'urgence.

« Nous considérons qu'il s'agit de la détonation d'un engin explosif artisanal improvisé », a déclaré, ce vendredi 15 septembre à la mi-journée, Mark Rowley, le chef de l'unité antiterroriste de la police londonienne lors d'un bref point presse devant le quartier général de Scotland Yard. Queqlues heures plus tôt, les forces de l'ordres avaient été appelées sur les lieux d'un « incident à la station de métro de Parsons Green », selon un premier tweet de la police de la ville. Les services d'ambulance londoniens et les pompiers ont également indiqué se trouver sur place.

« Nous avons été appelés à 8h20 », ont précisé les services ambulanciers, ajoutant avoir envoyé sur place « de multiples équipes » dont du personnel entraîné à intervenir dans des conditions dangereuses.

Selon des témoins cités par le journal leSun, une « explosion » s'est produite à l'heure de pointe dans une rame du métro, blessant 22 passagers selon les services de santé dans un communiqué publié à la mi-journée.

Si aucune d'entre eux ne semble grièvement atteint, la BBC évoque des témoignages rapportant « qu'au moins un passager » a été brûlé au visage. L'une de ses présentatrices, Sophie Raworth, dit avoir vu une femme avec des brûlures « à la tête et aux jambes ».

Alors que de nombreuses ambulances se sont rendues sur place, le service du métro a été partiellement interrompu dans l'ouest de la capitale, rapporte le quotidienThe Guardian, citant un porte-parole des Transports londoniens.

Sac en feu

LeGuardian est en possession d’une vidéo tournée par un usager montrant un sac plastique en feu dans une rame de train.

Un acte « terroriste »

La police britannique a annoncé en fin de matinée traiter l'incident comme un acte « terroriste ».

Réunion d'urgence

La Première ministre Theresa May doit tenir ce vendredi après-midi une réunion d’urgence consacrée à l’explosion de ce matin. « Mes pensées vont aux blessés de Parsons Green et aux services de secours qui, une fois encore, ont répondu rapidement et courageusement à un présumé acte terroriste », a déclaré la chef du gouvernement.

(avec AFP) RFI

Lu 22 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Birmanie: comment expliquer la prudence d'Aung San Suu Kyi sur les Rohingyas?

L’attitude d'Aung San Suu Kyi est depuis longtemps très ambigüe sur la question des Rohingyas, persécutés en Birmanie. Comment expliquer la prudence quasi coupable de celle qui est désormais de facto la dirigeante du gouvernement ? Eléments de réponse, alors que la « dame de Rangoun » est attaquée de toute part pour sa passivité. Même le dalaï-lama, Nobel de la paix au même titre qu'elle, a fait part de son indignation.

De notre correspondant dans la région,

L’exode des Rohingyas musulmans de l’ouest de la Birmanie vers le Bangladesh se poursuit, atteignant au moins 250 000 réfugiés en trois semaines. Face aux condamnations émanant surtout des pays musulmans, des Nations unies et des organisations de protection des droits de l’homme, Aung San Suu Kyi s’est exprimée pour la première fois ce week-end.

La conseillère spéciale birmane a affirmé que son gouvernement protègerait toutes les personnes vivant sur le sol birman, « y compris ceux qui n’en sont pas citoyens ». Mais la dirigeante birmane tarde à prendre des mesures concrètes pour ces populations.

La première raison est qu’elle n’a pas vraiment les mains libres. L’appareil d’Etat est encore en grande partie contrôlé par les militaires. Ils tiennent les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Frontières ; ce sont justement les ministères qui sont en charge de tout ce qui se passe dans l’Etat d'Arakan, dans l’ouest de la Birmanie.

La situation actuelle dans cette région frontalière du Bangladesh est considérée comme une question de sécurité nationale, et selon la division des tâches entre la dirigeante birmane et les militaires, seuls ces derniers ont leur mot à dire sur ce sujet. D’où l’extrême prudence d’Aung San Suu Kyi et sa réticence à s’exprimer publiquement sur les Rohingyas.

Critiques sur la « dame de Rangoun »

Pourtant, la conseillère spéciale aurait pu en faire beaucoup plus, ne serait-ce qu'en dénonçant clairement les exactions dans l'ouest. C’est d'ailleurs ce que lui reprochent les organisations de protection des droits de l’homme. Elle pourrait utiliser une partie de sa crédibilité politique et de sa popularité pour prendre une position de principe contre les violations des droits dans l’Arakan.

Mais pour elle, cela comporte des risques : d’abord créer des tensions avec les militaires, qui pourraient dès lors s’appuyer sur le ressentiment général des bouddhistes birmans contre les Rohingyas pour l’affaiblir politiquement. Elle risquerait également de se couper de sa base politique.

Dans sa longue lutte pour ramener la démocratie en Birmanie, Aung San Suu Kyi a avant tout été la représentante des Birmans bouddhistes. Les minorités ethniques ne se sentaient pas représentées par elle. En déclarant par exemple que les violations des droits de l’homme dans l’Etat d'Arakan sont des inventions des médias étrangers, elle va dans le sens de ce que pense sa base politique.

Conséquences sur la transition politique

Cette crise a en tout cas des effets très négatifs sur la transition démocratique en Birmanie. D’abord, elle renforce la montée d’un bouddhisme ultra-nationaliste à travers tout le pays. Cet ultra-nationalisme vise en premier lieu les musulmans dans toutes les régions. On commence ainsi à voir des villages qui interdisent l’entrée aux musulmans.

Le boycott économique des musulmans se renforce également, mais même au-delà du clivage bouddhiste-musulman, ce fanatisme bouddhique peut aussi déstabiliser les relations avec les autres minorités ethniques du nord du pays, avec lesquelles le gouvernement a essayé de mettre en place des accords de coopération politique.

Plus largement, la question des Rohingyas focalise maintenant toute l’attention, non seulement à l’intérieur de la Birmanie, mais aussi dans les relations entre la Birmanie et les pays étrangers. Cela ne peut que ralentir et rendre plus difficile la transition démocratique, c’est-à-dire le désengagement progressif des militaires de l’appareil d’Etat.

RFI

Lu 30 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)