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Projet de loi asile-immigration en France: «Ils auront du sang sur les mains»

Ce mardi, le projet de loi asile-immigration était présenté au Sénat. Un texte qui doit durcir les conditions d'accueil des réfugiés en France et favoriser les reconduites aux frontières. Au même moment, ils étaient plusieurs centaines à protester devant l'entrée du bâtiment. Principale revendication : le retrait de ce projet de loi.

Un chant - « Etrangers, réfugiés, bienvenue dans nos contrées » - pour souhaiter la bienvenue aux migrants résonne devant le Sénat. A l'intérieur, au même moment, il est plutôt question de renforcer les frontières.

Mathilde Mas de l'assocation Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), explique l'une des nombreuses conséquences que ce projet de loi pourrait avoir, comme par exemple la fin du regroupement familial pour les frères et sœurs d'un réfugié mineur : « Cela veut dire qu’aujourd’hui les parents d’un réfugié mineur, isolé, qui arrivent en France, qui est reconnu réfugié, les parents sont obligés de choisir entre rester au pays avec leurs autres enfants ou rejoindre leur enfant qui est en France. Et les sénateurs ont souhaité maintenir ça pour le moment, c’est très inquiétant. »

A quelques pas, Claude Bernard a les mains recouvertes de peinture rouge. Tout un symbole : « Dans peu de temps, les sénateurs et les députés, s’ils votent cette loi, ils auront du sang sur les mains. »

Justement, comme une lueur d'espoir, Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste, sort avec un mégaphone à la main. Il assure qu'il défendra leur point de vue devant le Sénat : « Ces associations ont beaucoup de mérite et je leur ai dit que je parlerai tout à l’heure en pensant à elles. »

La preuve pour ces manifestants que leur mobilisation sert à quelque chose.  Leur voix sera entendue pendant toute la durée des débats.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Familles de migrants séparées: Trump fait fi des critiques

Les représentants des églises, d’anciens procureurs américains et des élus de tous bords protestent contre le maintien d’enfants dans des centres d’accueil surpeuplés, loin de leurs parents. Mais la Maison Blanche ne fléchit pas. Donald Trump est allé rencontrer hier soir les élus républicains au Congrès, sans résultat tangible.

Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Le président américain campe sur sa ligne dure. Donald Trump a reconnu que la diffusion de ces images d’enfants séparés de leurs parents n’étaient pas bonnes sur le plan politique, mais il s’est montré inflexible : il ne veut régler cette question que dans le cadre d’un vaste projet de loi qui comprendrait le financement d’un mur à la frontière sud et des mesures de restriction à l’immigration légale.

Une approche contestée par quelques élus républicains et par la totalité des démocrates. « Il y a tant d’obstacles au passage d’une loi, le président pourrait régler cela d’un trait de plume, cela n’a aucun sens », a ainsi déclaré le chef de la minorité démocrate au Sénat.

Et c’est vrai que le processus législatif risque de prendre du temps, au minimum plusieurs jours pendant lesquels de nombreux enfants continueront d’être arrachés à leurs parents. Contre toute évidence, Donald Trump continue de faire porter la responsabilité de ces séparations familiales au parti de l’opposition.

Il l’a répété sur Twitter mardi, « les démocrates sont le problème ». « Ils se fichent de la criminalité et veulent que les immigrés illégaux déferlent et infestent le pays. »

« Infester », le verbe choque dans l’opinion. Il est habituellement réservé aux espèces animales nuisibles.

Ainsi, de plus en plus d’élus dont de hauts responsables du parti républicain se déclarent hostile à cette politique de tolérance zéro lancée fin avril par le ministre de la Justice. Douze sénateurs ont écrit à Jeff Sessions ce mardi pour lui demander de mettre un terme aux séparations familiales le temps qu’une loi soit votée.

 → A (RE)LIRE : Enfants séparés de leurs parents migrants: la polémique enfle aux Etats-Unis

Deux gouverneurs républicains ont aussi annoncé qu’ils refuseraient de déployer la garde nationale à la frontière tant que le problème ne serait pas résolu. Et six cents membres de l’Eglise méthodiste ont signé un communiqué dans lequel ils qualifient les séparations familiales de « maltraitance à l’encontre des enfants ».

La politique de Donald Trump est également mise en cause sur le plan légal : le gouverneur de New York a annoncé que son Etat allait attaquer l’administration fédérale pour violation des droits des enfants de migrants.

RFI

Conférence des Africanistes -Enseigner en français et en langues africaines. par le Pr Musanji Ngalasso-Mwatha-Musée du Quai Branly Paris 16

 

Conférence des Africanistes -Enseigner en français et en langues africaines. par le Pr Musanji Ngalasso-Mwatha-Musée du Quai Branly Paris 16

Comment concevoir les outils didactiques ? par le Pr Musanji Ngalasso-Mwatha-Musée du Quai Branly Paris

jeudi 21 juin 2018 à 18h, Musée du quai Branly-Jacques Chirac, Salle de cinéma, Entrée gratuite

Les débats engagés, depuis 50 ans, par les intellectuels africains, au niveau des Etats et au sein des institutions de la Francophonie, ont montré la nécessité de développer des politiques linguistiques favorisant la convivialité et le partenariat entre le français et les langues nationales, en particulier au niveau de l'enseignement. Nous pensons que l'heure n'est donc plus aux débats théoriques sur l'opportunité ou non d'intégrer les langues nationales dans l'enseignement. Le temps est venu de passer résolument à l'action concrète qui consiste à concevoir les outils de travail permettant de rendre opératoires et opérationnels cette convivialité et ce partenariat linguistiques. Le programme ELAN, qui engage déjà plusieurs Etats africains francophones, va dans le bon sens en mettant l'accent sur l'élaboration des manuels didactiques qui doivent permettre l'instauration d'un enseignement bilingue de qualité.

Pour plus d'informations voir la pièce jointe ou aller su notre site: http://africanistes.org/evenement/ngalasso-mwatha-musanji-enseigner-francais-langues-africaines-concevoir-outils-didactiques


Maria Teixeira
Secrétaire générale
Société des Africanistes
Musée du quai Branly
222, rue de l'Université
75007 PARIS
http://www.africanistes.org

Ngalasso Mwatha Musanji, membre de l'Académie Africaine des Langues - ACALAN


Ngalasso Mwatha Musanji est professeur émérite à l'Université Bordeaux Montaigne et Senior Research Fellow à l'Université de Johannesburg (Afrique du sud). En mars 2017, il est élu Membre de l'Académie Africaine des langues (ACALAN), organisme de l'Union Africaine situé à Bamako (Mali).


Entretien avec Ngalasso Mwatha Musanji
Comment définiriez-vous cette Académie ?


ACALAN signifie « Académie africaine des langues » et œuvre pour la valorisation des langues africaines
C'est une institution scientifique spécialisée de l'Union Africaine. Créée en 2001, l'ACALAN a son siège à Bamako (au Mali). Elle se compose de membres, en provenance de divers états d'Afrique, qui sont élus par leurs pairs. L'Académie jouit d'un statut de personne morale de droit public et ce statut particulier est géré par ses membres en assemblée.
L'ACALAN n'est pas, comme on le dit souvent, à tort, une « Académie des langues africaines » dont l'objectif serait la promotion exclusive des langues nationales. Le projet de l'Académie n'est pas de mettre hors du continent les langues héritées de la colonisation (anglais, français, portugais, espagnol). Ces langues de rayonnement international sont considérées comme des partenaires objectifs des langues africaines. Elles ont intérêt à aider les langues nationales à se développer et à s'outiller techniquement et scientifiquement, au risque d'être accusées, avec raison, d'impérialistes et de néocoloniales.


Il reste que la principale mission de l'ACALAN est de normaliser et de perfectionner les langues africaines. Il s'agit de promouvoir les langues transfrontalières en donnant une impulsion décisive à la recherche en coopération étroite avec l'ensemble des académies nationales et en assurant l'appui technique aux différents États membres pour la formulation et la mise en œuvre de leur politique linguistique. L'ACALAN œuvre pour la valorisation des langues africaines pour en faire des outils de travail à tous les niveaux, pour faciliter les échanges culturels et renforcer la coopération économiques entre les États africains.
L'utilisation des langues africaines doit être un facteur d'intégration, de respect des valeurs culturelles, de solidarité et de compréhension mutuelle afin de promouvoir la paix et de prévenir les conflits.

Par quel processus avez-vous été élu membre de cette académie ?


L'élection à l'Académie Africaine des Langues se fait par cooptation, sur la base des travaux scientifiques connus et reconnus. Je n'ai donc pas eu à faire acte de candidature. Je travaille depuis longtemps à la description scientifique, à la valorisation des langues africaines en tant que instruments pour l'éducation et pour le développement économique et social des gens qui les parlent. Cette élection comme membre de l'académie africaine des langues marque sans doute la reconnaissance de mes travaux de recherche sur les langues du continent.


Quelle est votre motivation ?


Je n'ai qu'une seule motivation : être utile à l'Afrique dans mon domaine de compétence, la connaissance des langues et des cultures qu'elles servent. Après une longue carrière universitaire, après de nombreuses années de recherche et de publications théoriques, je suis particulièrement heureux d'entrer dans une institution interafricaine et de m'investir dans les secteurs de la linguistique appliquée : comment écrire les langues africaines, comment les enseigner, comment créer les terminologies techniques et scientifiques, comment élaborer des dictionnaires de langues, comment créer des instruments pédagogiques et des matériels didactiques ; comment contribuer à la transmission des valeurs culturelles africaines et comment contribuer à la traduction, dans ces langues, des œuvres de valeur universelle.


Quel va être votre rôle ?


Je travaillerai, bien sûr, sur tous les aspects de la mission dévolue à l'Académie (promotion des langues africaines, analyse des politiques linguistiques des États). Je m'impliquerai tout particulièrement dans les activités terminologiques et dictionnairiques. Il s'agit d'associer les langues africaines au développement du continent. À l'évidence, les langues européennes seules ne peuvent pas assurer le développement des pays africains sans le concours des langues parlées concrètement par les Africains.

Je le dis souvent, pour qu'une langue puisse servir le développement il faut qu'elle soit elle-même développée : le développement par les langues suppose donc le développement des langues. Or développer les langues c'est à la fois assurer leur description complète et œuvrer à leur instrumentalisation rapide (aménagement d'une transcription orthographique, élaboration d'une terminologie adéquate, confection des ouvrages de références et des manuels d'apprentissage) ; c'est, en même temps, favoriser l'emploi de ces langues dans la vie publique comme dans la pratique littéraire. Dans des situations multilingues, qui sont la règle dans les États africains, la promotion de la pluralité et de la diversité linguistique est un impératif absolu, qui, si elle est conduite avec intelligence et méthode, peut constituer un puissant moyen de lutter contre la mondialisation, cette forme pernicieuse d'uniformisation et de nivellement par le bas, et de refuser le suicide culturel collectif.


Quel est votre sentiment ?


Sentiment de légitime fierté et de responsabilité. Fierté, car cette élection m'honore bien évidemment personnellement mais elle fait honneur à l'Université à laquelle j'appartiens depuis quelques décennies : l'Université Bordeaux Montaigne. Responsabilité car il faudra être à la hauteur de la confiance qui m'a été témoignée et de la mission qui m'a été confiée.
Une carrière internationale

Ngalasso Mwatha Musanji a commencé sa carrière, en 1965, comme professeur du secondaire : il a enseigné le latin et le français.

Sa carrière dans l'enseignement supérieur a débuté en 1970 d'abord à l'Université Lovanium de Kinshasa et ensuite à l'Université Nationale du Zaïre à Lubumbashi (République Démocratique du Congo).

De 1982 à 2013 il a enseigné la sociolinguistique et la linguistique africaine à l'Université Bordeaux Montaigne. Il a introduit au département des Sciences du langage un cours de linguistique africaine et l'enseignement d'une langue africaine (le lingala).Il a été directeur du CELFA (Centre d'Etudes Linguistiques et Littéraires Francophones et Africaines), membre de l'Equipe d'Accueil CLARE (Cultures, Littératures, Arts, Représentations, Esthétiques) et chercheur associé à LAM (Les Afriques dans le Monde), UMR 5115 du CNRS, unité de recherche adossée à Science Po Bordeaux. Depuis 2013 il est professeur émérite à l'Université Bordeaux Montaigne et Senior Research Fellow à l'Université de Johannesburg (Afrique du sud).

Il a enseigné dans les universités suivantes comme professeur associé ou invité : Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, Université Paris 10 - Nanterre, Université Paris 13 – Villetaneuse, Université Laval (Québec, Canada), Université de Moncton (Nouveau - Brunswick, Canada), Université de Californie à Berkeley (San Francisco, USA), Université de Bergen (Norvège), Université de Tétouan (Maroc), Université de Nouakchott (Mauritanie), Université de Kara (Togo), Université de

Bahreïn: les défenseurs des droits de l'homme de plus en plus opprimés

La ville de Paris a remis, hier mardi 18 juin, le titre de citoyen d'honneur au Bahreïnien Nabil Rajab. Le militant des droits de l'homme était le grand absent de cette cérémonie. Il est emprisonné depuis 2016 et a été condamné en appel le 5 juin 2018 à cinq ans de prison après avoir publié des « tweets » critiquant l'action de la coalition menée par l'Arabie Saoudite au Yémen. Plus d'une vingtaine d'activistes risquent aujourd'hui la peine de mort à Bahreïn. Le gouvernement soumet les militants à une répression de plus en plus lourde.

Maytham al-Salman est venu recevoir le titre de citoyen d'honneur au nom de son collègue Nabil Rajab. Il a atterri à Paris en provenance du Liban. Aujourd'hui comme beaucoup d'opposants et de militants des droits de l'homme il ne se sent plus en sécurité à Bahreïn.

« Il n'y a plus d'espace dans la société pour attirer l'attention sur les violations des droits de l'homme, indique-t-il. C'est pour ça que certains militants sont contraints à l'exil actuellement.  Nous avons vu des défenseurs des droits de l'homme être arrêtés à Bahreïn alors qu'ils rentraient tout juste du Conseil des droit de l'homme des Nations unies. La communauté des défenseurs des droits de l'homme autrefois très active, est aujourd'hui réduite au silence ».

« Temps pour la communauté internationale de prendre une position claire »

Face à la répression dans son pays, Maytham al-Salman regrette l'absence de réaction de la communauté internationale : « Il y a beaucoup de moyens de pression possible sur Bahreïn. Voilà des années qu'une diplomatie sans fermeté ne permet pas d'arrêter les violations des droits de l'homme. Il est temps pour la communauté internationale de prendre une position claire pour l'arrêt de ces graves violations. »

Maytham al-Salman espère notamment que le gouvernement français demandera clairement la libération des militants emprisonnés, lors de la visite prochaine d'une délégation du gouvernement bahreinien à Paris.

BahreïnDroits de l’homme Par RFI

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