Afrique

Zimbabwe: alors que la situation reste floue, Robert Mugabe apparaît en public

Au Zimbabwe, nouveau coup de théâtre ce vendredi matin. Le président Robert Mugabe a fait sa première apparition publique depuis le coup de force de l'armée, mercredi. Il s’est rendu à une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare. Et alors qu’on le croyait en résidence surveillée, il est apparu libre.

C’est une véritable surprise. Le chef de l’Etat Robert Mugabe s’est rendu, ce matin, à une réception organisée par l'université Zimbabwe Open à Harare. Il était vêtu d’une robe universitaire jaune, d'une toge bleue et d'une coiffe assortie. Cela ressemble à un véritable coup de communication.

En effet, avec cette visite, Robert Mugabe montre qu’il est libre qu’il est toujours le chef de l’Etat et qu’il est toujours aux manettes. Côté militaires, qui affirment depuis le début que ce n’est pas un coup d’Etat, le message est clair. « Vous voyez le chef de l’Etat est libre, nous n’avons pas suspendu la Constitution. Nous sommes en discussion, en négociation ».

Négociations difficiles

Des négociations qui n’ont pas encore abouti. On sait que le président a rencontré les responsables de l’armée, jeudi après-midi, ainsi que les deux envoyés spéciaux de l’Afrique du Sud et un médiateur ; Il ne s’agit pas de n’importe qui puisque ce prêtre est le confident de Robert Mugabe.

Il est très difficile de savoir ce qui est ce qui est ressorti de la négociation. Visiblement, il y a des blocages et c’est pour cela qu’il n’y a pas d’annonce. Les militaires exigent la démission de Robert Mubage et qu’il laisse sa place à son ex-vice-président Emmerson Munangagwa. Mais Mugabe s’accrocherait et ne voudrait pas partir du moins pas tout de suite.

Les sources les plus fiables parlent d’un accord, mais ce qui bloquerait ce serait le calendrier. Difficile de s’entendre sur la date du départ de Robert Mugabe : immédiatement, après le congrès de la Zanu-PF, le parti au pouvoir le mois prochain, ou encore après les élections présidentielles l’année prochaine. Tout cela reste encore très incertain.

RFI

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Les Etats-Unis en Afrique : le prisme croissant du contre-terrorisme

L’intérêt sécuritaire porté au continent par les Américains découle d’une menace terroriste en plein accroissement L’administration Obama a mis en avant, dans son bilan sur l’Afrique, ses initiatives phares dans les domaines de l’éducation, de l’énergie et des échanges commerciaux. Cette présentation omet toutefois une autre caractéristique de ce bilan : la militarisation croissante de la politique américaine, une tendance qui risque de s’accentuer avec son successeur Donald Trump.

La lutte contre le terrorisme pourrait même devenir le prisme dominant de l’approche américaine du continent. Cette évolution découle de l’estimation de la menace à Washington, du poids croissant du Pentagone dans la mise en œuvre de la politique étrangère américaine en général, et en Afrique en particulier. Précisons d’emblée qu’elle est soutenue par le Congrès.

Des « solutions africaines aux problèmes africains »

Cette évolution signale aussi la transformation d’Africom – créé par George W. Bush en 2007 – d’un commandement censé mettre en œuvre une approche globale civilo-militaire à un commandement de plus en plus combattant. Un tournant lié à l’intervention en Libye en 2011 et à l’attaque du consulat américain de Benghazi en 2012, dans laquelle l’ambassadeur de l’époque trouva la mort.

Les militaires américains présents en Afrique – environ 6 000 sur le continent, dont 4 000 sur la principale base de Djibouti – ont avant tout un rôle d’appui, de formation et d’assistance aux forces locales : il s’agit de ne pas apparaître comme un cobelligérant (le traumatisme de Mogadiscio en 1993 sous Clinton reste vif), le mot d’ordre sur le long terme demeurant celui des « solutions africaines aux problèmes africains ».

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Obama a en effet poursuivi la guerre globale des Etats-Unis contre les groupes djihadistes où qu’ils soient, tout en modifiant son approche militaire. Avec l’augmentation des groupes terroristes et de leurs activités en Afrique, le continent a constitué un laboratoire de la transformation opérée par Obama dans les engagements militaires américains. Cette mutation est elle-même guidée par le concept d’« empreinte légère » reposant sur la formation, l’équipement et l’appui aux forces armées des pays directement concernés par ces menaces sur le terrain.

En témoigne la multiplication des références à des régions et pays africains dans plusieurs discours emblématiques d’Obama sur le terrorisme, en particulier le discours de West Point, ou celui de septembre 2014 annonçant la stratégie américaine vis-à-vis de l’organisation Etat islamique, dans lequel Obama citait en référence la stratégie mise en œuvre depuis plusieurs années en Somalie ainsi qu’au Yémen.

La montée en puissance de la présence de l’Afrique dans les intérêts américains découle de l’évaluation en hausse constante de la menace terroriste venue du continent. Ainsi, en 2012, le département d’Etat identifiait quatre organisations terroristes en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, il en identifie quatre fois plus.

La première priorité des Etats-Unis en Afrique demeure la Somalie, les Chabab étant identifiés par Africom chaque année dans sa présentation au Congrès comme la menace principale visant les intérêts américains.

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La deuxième priorité est, aujourd’hui, l’Afrique du Nord et de l’Ouest, en particulier le Sahel où les Etats-Unis agissent en soutien de l’opération française « Barkhane » (ou l’inverse), et la Libye, où Washington intervient également directement depuis l’été 2016.

La troisième priorité sur le continent est la lutte contre Boko Haram, affilié au groupe Etat islamique, aux côtés des autorités nigérianes et camerounaises, en coopération avec la France et la Grande-Bretagne. Le chef de l’US Army déclarait récemment que 80 % des activités prévues en 2018 pour les forces terrestres américaines en Afrique concernaient le bassin du lac Tchad (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun). Le département d’Etat, de son côté, a confirmé l’engagement financier supplémentaire des Etats-Unis pour le Sahel, à hauteur de 60 millions de dollars.

Montée en puissance du dispositif américain

Les Américains ont semblé découvrir avec la mort récente de quatre soldats des forces spéciales l’ampleur de leur présence au Niger, pays qui compte aujourd’hui 800 militaires américains sur son sol, et plusieurs bases, dont une d’« ampleur historique » (pour l’US Air Force) en construction, destinées en priorité aux drones de surveillance – le débat serait en cours aux Etats-Unis sur la question de les armer, le Niger en ayant confirmé la demande.

Cette présence au sol, la plus importante dans un pays africain hors Djibouti, est liée à l’alourdissement de l’empreinte américaine depuis l’élection de Donald Trump. La même évolution est observable en Somalie, où la présence américaine a quadruplé depuis janvier, pour atteindre 400 soldats.

Enfin, les frappes et raids se sont également intensifiés en Libye et en Somalie : 500 frappes en Libye, plus d’une douzaine de raids en Somalie depuis un an, la tendance étant donc antérieure à Trump, en particulier en Libye.

La priorité reste toutefois la formation et l’entraînement des armées partenaires. Mais les conditions sur le terrain ont changé, et la politique américaine a elle aussi évolué. Au vu des déclarations récentes du secrétaire à la défense, James Mattis, suite à l’affaire du Niger, le focus africain du contre-terrorisme américain pourrait s’accentuer.

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On rappellera tout de même ici que plus des trois-quarts de l’aide américaine à l’Afrique vont à des programmes de santé, en particulier de lutte contre le sida, mis en place par George W. Bush. Ce sont ces programmes, en particulier, qu’un questionnaire envoyé aux diplomates américains par la nouvelle équipe Trump à son arrivée semblait vouloir remettre en question (le processus est en cours). La militarisation de l’approche américaine en serait renforcée, alors même que la diplomatie américaine devrait voir ses moyens diminuer.

Les limites de l’empreinte légère

L’empreinte légère repose, en particulier, sur l’emploi des forces spéciales. Le commandement américain des forces spéciales (Socom, Special Operations Command) a été protégé des coupes du budget défense américain. Son commandement opérationnel (JSOC, Joint Special Operations Command), a pris une importance croissante en tant que planificateur et acteur central de la lutte contre le terrorisme, place entérinée officiellement par Obama dans les dernières semaines de son mandat.

Pour mémoire, les effectifs des forces spéciales américaines sont d’environ 70 000 hommes (moins de 5 % forces militaires totales américaines) pour un budget en 2012 de 10,5 milliards de dollars (1,4 % du total budget défense). En 2016, pour la première fois, les forces spéciales ont eu davantage de pertes que les forces régulières, une évolution significative qui découle directement du choix de l’empreinte légère. Or cette orientation devrait se maintenir en raison de la contrainte budgétaire et de la prévalence des guerres et menaces irrégulières ; elle est d’ailleurs est soutenue par le Congrès, en particulier pour l’Afrique.

La Somalie, invoquée comme modèle par Obama, est aussi un cas d’étude des risques liés à l’empreinte légère. La lutte contre les Chabab représente le plus gros budget d’assistance militaire américaine en Afrique, avec un total de 1,4 milliard de dollars sur la dernière décennie (2007-2016), pour l’essentiel sous la forme d’assistance sécuritaire bilatérale aux armées des pays engagés sur le terrain, Kenya et Ethiopie en tête. Ce montant reste très largement inférieur (1 000 fois) au coût des guerres en Irak et Afghanistan.

Lire aussi :   Qui sont les Chabab, soupçonnés d’être à l’origine de l’attentat de Mogadiscio ?

Mais si l’approche indirecte somalienne coûte moins cher, elle illustre également les conséquences contre-productives de cette option. Le cas somalien montre en effet les limites de l’efficacité de la stratégie indirecte, puisque la menace perdure, voire augmente, plus de dix ans après que les Etats-Unis en aient fait leur première priorité sur le continent. Washington a d’ailleurs adopté ces derniers temps une approche de plus en plus directe, qui semble relativiser la réussite du « modèle somalien » vanté en son temps par Obama.

Il faut surtout rappeler ici que les efforts lancés par Washington après les attentats de 2001 pour prévenir puis contenir la menace terroriste en Afrique de l’Est, en finançant les efforts des principaux partenaires africains (Ethiopie, Kenya, Ouganda, Burundi, Djibouti) engagés dans la résolution de la crise politique somalienne, ont contribué à faire du mouvement Al-Chabab une menace au niveau régional qu’il ne constituait pas nécessairement au départ. Demain, le même scénario pourrait se produire au Niger, et ailleurs en Afrique.


Le Monde.fr

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RDC: Un député jugé pour viol, insurrection et crime contre l'humanité

C'est un procès sans précédent qui s'ouvre ce jeudi matin à Kavumu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Au total, 18 personnes sont sur le banc des accusés de la justice militaire, dont le député provincial, Frédéric Batumike, tous accusés de participation à un mouvement insurrectionnel, de viol, de crime contre l'humanité. Ce député a été inculpé pour avoir entretenu une milice qui a attaqué des positions des forces de sécurité et a violé 46 victimes entre 2013 et 2016, des fillettes de moins de 10 ans, longtemps laissées seules face à leurs bourreaux.

Ce que raconte le collectif d'avocats des victimes, c’est ce long combat pour démontrer aux autorités politico-judiciaires que ces viols n'étaient pas des actes isolés, mais bien un crime de masse. Cette milice de Kavumu avait pourtant un mode opératoire bien établi puisque ses combattants violaient des petites filles, uniquement de moins de 10 ans parce que leur féticheur leur avait assuré que cela les protégerait contre les balles des militaires congolais.

Entre 2013 et 2016, ils s'en sont donc pris à une quarantaine de fillettes de Kavumu, la nuit, alors que les parents dormaient. Ces miliciens endormaient leurs victimes avec une drogue, racontent les avocats. La plus jeune des victimes avait à peine un an.

Mais jusqu'en 2015, le procureur de Kavumu, explique le collectif, est resté sourd à leurs requêtes. Finalement avec l'appui d'ONG locales et internationales, ces victimes ont fini par être entendues par la justice militaire congolaise et le gouvernement central, qui s'est impliqué pour obtenir la levée d'immunité du député Batumike, malgré les réticences de l'Assemblée provinciale.

Vers la fin de l’impunité ?

Et la présence de ce député sur le banc des accusés, c’est justement ce que saluent les avocats des victimes comme les ONG internationales. C'est notamment le cas de l'ONG Trial International, qui accompagne avec d'autres organisations les victimes dans ce procès.

Pour son chef de mission, Daniele Perissi, cette comparution est un nouveau pas dans la lutte contre l'impunité : « Effectivement, le fait qu’un député provincial était aussi privé de son immunité démontre l’importance de l’application du principe que nul n’est au-dessus de la loi dans un pays où l’impunité, malheureusement, est encore trop présente. Et dans un pays dans lequel, effectivement, les politiques et militaires ne sont pas souvent inquiétés pour des crimes graves ».

Effectivement, c'est rare de voir des personnalités politiques être tenues pour responsables des crimes commis par les milices ou les groupes armés qu'elles entretiennent. Et pourtant, ces connexions - ministres, députés, officiers - sont souvent dénoncées par les ONG ou le groupe d'experts de l’ONU.

Le député Batumike n'est pas poursuivi que pour ces viols et sa participation à un mouvement insurrectionnel. Il est aussi accusé de l'assassinat d'un défenseur local des droits de l'homme, le 17 mars 2016. Et sans Evariste Kasali, et son acharnement à dénoncer ces crimes, ce procès n'aurait sans doute pas eu lieu.

Rfi

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Forte abstention pour la présidentielle au Kenya, Uhuru Kenyatta donné vainqueur

Le Kenya a vécu, jeudi 26 octobre, une nouvelle présidentielle après l'annulation du scrutin d'août dernier. Cela ne semble pas avoir ramené la sérénité dans le pays, puisque cette deuxième élection a été boycottée par le leader de l'opposition, Raila Odinga. Le vote est marqué par une forte abstention (33 % de participation selon la Commission électorale, l'IEBC), et des incidents ont émaillé la journée. Quatre personnes ont été tuées dans des affrontemements avec la police. Ce vendredi, les premiers chiffres tombent : les médias annoncent une victoire du président sortant.

Les médias kényans font les comptes au fur et à mesure que les formulaires de résultats sont mis en ligne par la Commission électorale. Selon la chaîne KTN, le président Uhuru Kenyatta obtiendrait près de 98 % des voix, contre moins de 2 % donc pour son adversaire, Raïla Odinga et quelques dizaines ou centaines de votes pour les autres candidats.

Ces chiffres sont encore provisoires. Seule l'IEBC peut donner les résultats définitifs. Mais ces chiffres sont tout sauf une surprise, puisque l’opposition s’est retirée et que ses supporters ont boycotté en masse, l’objectif étant notamment de délégitimer Uhuru Kenyatta, qu’il soit mal réélu, sachant que la coalition d'opposition NASA entend bien continuer la lutte, « la résistance » comme elle dit, pour un nouveau scrutin sous 90 jours

Un Kenya coupé en deux

Le pays est divisé, avec d’un côté, des électeurs souhaitant exercer leurs droits, en finir avec ce processus électoral interminable, et relancer une économie en souffrance. De l’autre côté, les partisans de l’opposition, fidèles à leur chef Raila Odinga, refusent catégoriquement de cautionner ce vote. Résultat, dans une partie des bureaux, le scrutin s’est déroulé dans le calme, mais sans grand enthousiasme.

Rien à voir avec la ferveur du mois d’août, où des centaines de personnes avaient parfois attendu toute la nuit pour voter. Cette fois, dans les bastions de la NASA, beaucoup ont boycotté et même bloqué l’accès aux bureaux, à l’aide de barricades, en soudant les portails, voire en y accrochant des animaux morts. Tout cela a entraîné des affrontements violents avec la police. Les forces de sécurité ont tenté de repousser les protestataires pour pouvoir ouvrir plusieurs bureaux.

Au final, dans ces secteurs, très peu de gens se sont risqués à aller mettre un bulletin dans l’urne, sous peine d’être pris à partie ou blessés dans les violences. Plus de 5 000 bureaux n’ont pas ouvert, selon la Commission électorale, qui a dû reporter à samedi l’élection dans les comtés de Kisumu, Migori, Homa Bay et Siaya. Tous ces endroits sont des places fortes de l’opposition.

Jeudi soir, l’IEBC a annoncé une participation de 48 %. Un chiffre rectifié un peu plus tard : 33 % de participation, soit bien loin des quelque 80 % du mois d’août. Un mauvais cadeau pour Uhuru Kenyatta, qui vient de fêter ses 56 ans.

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