Afrique

Liberia: le nouveau président George Weah a prêté serment

Des chants, des drapeaux, beaucoup de monde et beaucoup d'ambiance à Monrovia, au Liberia, ce lundi, pour l'investiture de George Weah au stade Samuel-Doe. L’ancienne légende du football a officiellement prêté serment. Il succède donc à Ellen Johnson Sirleaf à la tête d'un pays secoué par de terribles guerres civiles, il y a quinze ans. C’est d’ailleurs la première transition démocratique au Liberia depuis les années quarante.

George Weah a prêté serment en fin de matinée devant des dizaines de milliers de personnes au stade Samuel-Doe. Un stade pavoisé aux couleurs nationales, le rouge, le blanc et le bleu, pour l’investiture du président Weah et de la vice-présidente, Jewel Howard Taylor.

La foule manifeste sa joie

Une foule enthousiaste a manifesté sa joie pendant leur prestation de serment, tellement bruyamment que le juge qui présidait la cérémonie est intervenu en lançant des « à l’ordre ! à l’ordre ! » pour demander au public de faire moins de bruit. Mais il n’était plus question de se retenir lorsqu’on a passé l’écharpe présidentielle à George Weah.

La foule s’est calmée lorsque le drapeau du Liberia a été descendu et remis, comme le veut le protocole, à la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf. On a ensuite hissé un autre drapeau libérien, ce qui symbolise l’arrivée au pouvoir du nouveau chef de l’Etat. La foule a enfin une fois explosé lorsque George Weah s’est assis dans le fauteuil présidentiel, un trône doré tapissé de velours rouge.

Plusieurs chefs d'Etat africains sur place

Plusieurs chefs d’Etat étrangers africains étaient là : le Guinéen Alpha Condé qui est aussi le président en exercice de l’Union africaine, le Togolais Faure Gnassingbé, le Ghanéen Nana Akufo-Ado, le Gabonais Ali Bongo, le Congolais Denis Sassou-Nguesso, et le Malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Mais le principal invité de marque aujourd’hui, c’était le public libérien, celui qui a voté pour George Weah, et qui attend beaucoup de lui.

rfi

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Repenser la construction de l'Afrique avec audace et renégocier nos destins par Bosse NDOYE

 

Repenser la construction de l'Afrique avec audace et renégocier nos destins par Basse NDOYE

Merci à l'ami trouvé sur FB. Comme quoi la pensée généreuse peut se retrouver partout et ensemble nous parviendrons à amorcer une dynamique. PBC

«Nous sommes interpellés aujourd'hui plus que par le passé, dans notre habilité à identifier et à construire nous-mêmes de l'intérieur, des valeurs culturelles qui confortent notre capacité de résister ou de renégocier nos destins. L'excellence culturelle et esthétique est à notre portée sans ajouter au poids de la dette. Il nous appartient de réexplorer avec l'audace et la perspicacité nécessaires les formes de pensée, d'existence, ainsi que les pratiques sociales que la réappropriation de nos destins exige. Le salut de nos pays, faut-il le rappeler, n'est pas dans le volume des financements que les « nantis » nous consentent contre davantage de mutisme et de subordination. Il est dans le courage politique d'analyser la situation dans sa globalité, dans la volonté et l'honnêteté de la gérer en toute transparence, dans l'intérêt des citoyens et avec eux.» Aminata Traoré, L'Étau page 129

«C'est dans l'organisation, le travail, le patriotisme, la discipline, la compréhension des enjeux géopolitiques et géostratégiques, l'autonomie de pensée et d'action, que les Africains pourront commencer leur développement socio-économique. Les diverses"coopérations", les divers "partenariats", etc., ne donneront rien de sérieux sans un contexte de sursaut national, sans une réceptivité interne collective, sans mobilisation préalable des volontés nationales sollicitées pour le bien collectif. L'éducation, l'explication, la conviction, l'espoir, la discipline collective sur l'essentiel, doivent précéder tout "partenariat", pour réussir, tant soit peu. L'essentiel ne sera pas fait par autrui, mais par les Africains eux-mêmes.» Obenga. T

« En Occident, la barbarie n'est pas faite d'intolérance et d'obscurantisme, mais d'arrogance et d'insensibilité. L'armée américaine déboule dans l'antique Mésopotamie comme un hippopotame dans un champ de tulipes. Au nom de la liberté, de la démocratie, de la légitime défense et des droits de l'homme, on maltraite, on démolit, on tue... Sept cent mille morts plus tard, on se retirera avec un vague mot d'excuse. On a dépensé près d'un trillion de dollars, et selon certaines estimations deux ou trois fois plus, mais le pays que l'on a occupé est plus pauvre qu'avant. On a voulu combattre le terrorisme, mais celui-ci n'a jamais été aussi florissant...On a prétendu instaurer la démocratie, mais on s'y est pris de telle manière que la notion elle-même en a été pour longtemps déconsidérée. » Amin Maalouf

Bosse Ndiaye

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Togo: la médiation guinéenne propose une date pour sortir de la crise

Après la Guinée, les représentants de l'opposition togolaise font étape au Ghana pour tenter de trouver des solutions à la crise politique qui agite le pays depuis le mois d'août dernier. Les opposants ont rendez-vous ce mercredi 17 janvier avec le président Nana Akufo-Addo, médiateur comme son homologue guinéen Alpha Condé, qui a proposé une date pour que le pouvoir et l'opposition se retrouvent au Togo afin de sortir de la crise.

Le président guinéen Alpha Condé, rencontré lundi et mardi par l'opposition togolaise à Conakry, a proposé que les opposants et le pouvoir togolais se retrouvent du 23 au 26 janvier pour essayer de sortir de la crise politique.

Mais d'ici là, l'opposition attend des gestes de la part du gouvernement. Elle réclame la libération de tous les prisonniers politiques. A cela, les autorités répondent qu'une soixantaine de personnes ont déjà été graciées par le président et que, pour les autres personnes arrêtées dans le cadre des manifestations, il faudra attendre la fin des procédures judiciaires en cours pour prendre une décision.

La levée de l'interdiction de manifester

Autre demande de l'opposition, le casernement de l'armée, ce sont les mots utilisés dans le communiqué. Pour les autorités togolaises, c'est déjà fait : les militaires se sont retirés des villes dans lesquelles ils avaient été déployés et aujourd'hui, seuls les policiers et gendarmes assurent la sécurité.

Enfin, les opposants réclament la levée de l'interdiction de manifester dans plusieurs villes du nord : à Mango, Bafilo et Sokodé, des localités marquées par des violences pendant les manifestations. Sur ce dernier point, les autorités répondent que le contrôle sécuritaire a été levé, mais qu'il est trop tôt pour autoriser de nouvelles marches.

RFI

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Tunisie: la contestation alimentée par les mesures d'austérité ne cesse pas

En Tunisie, les manifestations contre la hausse des prix et l'austérité ne faiblissent pas. Ces protestations ont lieu dans tout le pays. Elles visent en particulier la nouvelle loi de finances, qui vient s'ajouter à une inflation de plus de 6% en 2017 et à un taux de chômage qui dépasse les 15%. Et cette nuit, pour la troisième nuit consécutive, les manifestations ont dégénéré en affrontements.

Jets de pierre et cocktails Molotov côté manifestants, gaz lacrymogènes côté forces de l’ordre. Plusieurs manifestations, qui avaient débuté pacifiquement dans l’après-midi ont tourné aux affrontements violents pendant la nuit, notamment à Tebourba, à une trentaine de kilomètres de Tunis. C’est dans cette ville qu’un homme de 43 ans a trouvé la mort lundi lors des manifestations.

Dans la cité Ibn Khaldoun, un quartier de Tunis, des affrontements ont duré une partie de la nuit. Youssef  habite près du centre commercial que des jeunes avaient pris pour cible, avant d’être repoussés par la police : « Hier quand je suis rentré chez moi le soir, j’ai commencé à pleurer à cause des gaz lacrymogènes ». Fatma, elle, ne cache pas ses craintes face à ces regains de violence : « La situation actuelle de notre pays ne supporte pas une deuxième révolution. Cela fait peur. Il y a des risques, car la sécurité est en péril dans notre pays ». Ahmed est resté tard dans la rue pour dire sa colère de voir son niveau de vie fondre d’année en année : « Le niveau de vie en Tunisie, c’est trop cher. C’est une catastrophe. Il y a deux niveaux, les riches et les pauvres. Il n’y a pas de moyenne classe ».

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 70 policiers avaient blessés lors des heurts. Des pillages de supermarchés ont été signalés, ainsi que l’attaque d’un poste de police à Thala dans le centre du pays. Et, face à cette situation les autorités réagissent très fermement. 565 personnes ont déjà été arrêtées. L’armée a été déployée autour de bâtiments gouvernementaux sensibles dans les grandes villes du pays.

Les protestations ne devraient pas faiblir

Le Premier ministre, Youssef Chahed, a déclaré que la loi serait appliquée fermement contre les casseurs. Les bâtiments publics, les magasins généraux, postes de police sont clairement des cibles de ces manifestants casseurs nocturnes. Il a également accusé des partis de gauche et des réseaux mafieux d'être derrière les violences. Le mouvement Fech Nestannew (Qu'est-ce qu'on attend), un réseau de jeunes activistes à l'origine des manifestations, a pourtant appelé à manifester pacifiquement.

Par ailleurs plusieurs militants ont fait remarquer que les déclarations du gouvernement étaient très semblables aux arguments utilisés à l'époque de la révolution par le régime de Ben Ali pour discréditer les protestataires. Alors, y aura-t-il une nouvelle révolution ? Certains observateurs s'interrogent. La situation économique et sociale, qui était au coeur des revendications en 2011, ne s'est pas améliorée, bien au contraire. Le taux de chômage est aujourd'hui de plus de 15% en Tunisie. L'inflation a atteint 6,4% l'an dernier et la nouvelle loi de Finances est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Pourtant Amin, comme nombre d’habitants, est persuadé que les rassemblements violents sont attisés par des responsables politiques ou économiques : « Il y a des gens qui aimeraient voir un petit peu un petit chaos dans ce pays franchement. Je vous donne juste pour la petite remarque, on a quand même la loi de finances qui est tombée le 30, et le 31 au soir, ça a commencé. Donc cela ne peut pas être aussi spontané que ça, honnêtement ».

Difficile de prédire l'avenir

Mais il est difficile de prédire l'avenir : ce n'est pas la première fois qu'on assiste à de telles flambées de colère. Traditionnellement, le mois de janvier est celui des mouvements sociaux en Tunisie. Et les protestations ne devraient pas faiblir dans les prochains jours :  une importante manifestation est prévue vendredi 12 janvier à Tunis.  Une autre doit avoir lieu dimanche, le 14 janvier, jour du septième anniversaire de la révolution, à l'appel notamment de l'UGTT, la principale centrale syndicale du pays. Chaque année aussi, depuis quatre ans maintenant, la grogne s’amplifie à l’approche de l'anniversaire de la révolution du Jasmin dont nous fêterons la septième édition dimanche prochain.

■ La Tunisie cherche toujours à redynamiser son économie depuis la fin de la révolution de 2011

Après voir ralentit pendant trois ans, l’inflation en Tunisie est repartie à la hausse depuis la fin de l’année 2016. Elle a dépassé les 6% à la fin de l’année dernière contre 5,7% en août. Malgré le marasme économique de ces dernières années, il y a eu des embauches massives dans la fonction publique, sans pour autant régler le problème du chômage, surtout des jeunes, qui a même augmenté.

Les statistiques officielles mettent en évidence « l’approfondissement des inégalités sociales » et la hausse du taux de pauvreté. Confronté à d'importantes difficultés financières, le gouvernement tunisien a dû faire appel au Fonds monétaire international, qui a débloqué 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, en échange d'un programme visant à réduire les déficits. La loi des finances 2018, dont les manifestants réclament la révision, a d’ailleurs été conçue dans cet esprit.

Pour financer une partie des dépenses de fonctionnement, le gouvernement tunisien a recours à la dette publique, qui frôle maintenant 70% du PIB contre 40% en 2010. L’économie du pays est aujourd’hui tirée par le secteur des services. La production industrielle s’est contractée de 6,6% et les industries extractives affichent une croissance inférieure aux niveaux historiques, en raison des mouvements sociaux dans les régions minières.

RFI

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