Afrique

Une réunion en marge de l'Assemblée de l'ONU pour booster le G5 Sahel

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, une réunion spécifique aura lieu sur le G5 Sahel ce lundi 18 septembre après-midi à New York. Elle réunira les présidents des cinq pays du groupe, Emmanuel Macron, Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, la chef de la diplomatie européenne et le secrétaire général de l’ONU. Une réunion de haut niveau pour inciter la communauté internationale à soutenir la force antiterroriste conjointe au moment où le déblocage de financement devient crucial pour sa mise en place effective.

Alors que le G5 et Paris veulent voir la force mener ses premières opérations dès octobre, il manque encore les trois quarts des 423 millions d’euros jugés nécessaires pour sa mise en place effective. C’est donc toute une séquence diplomatico-financière pour convaincre la communauté internationale et notamment les Etats-Unis de mettre la main à la poche qui s’engage avec cette réunion de New York.

En réunissant ces personnalités de haut niveau, le but est d’abord de montrer que les pays du G5, Paris, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies sont unanimement convaincus de la pertinence de cette force et de la nécessité de la soutenir.

On ignore encore si les Américains, pourtant invités, prendront part à la réunion et si oui, avec quel niveau de représentation. D’après une source dans l’organisation, le président malien ne serait pas prêt à se contenter d’une personnalité de second plan.

Appel à la mobilisation financière

Mardi, c’est à Berlin qu’un atelier plus technique regroupera des représentants des ministères de la Défense des pays du G5 et de l’Union européenne pour définir et chiffrer plus précisément les besoins matériels de la force.

Mais la réunion new-yorkaise vise surtout à lancer la mobilisation en amont de la conférence de donateurs de la mi-décembre qui aura lieu en marge du Conseil européen de Bruxelles, et non dans un pays du G5 comme initialement prévu, pour faciliter la présence du plus grand nombre de pays et institutions possibles. Cependant, sans préjuger de son succès, le fait que cette conférence se tienne en décembre alors qu’elle avait été annoncée pour octobre laisse craindre une accumulation de retard pour l’opérationnalisation de la force.

A (RE)ECOUTER :Financement du G5 Sahel: le silence de Washington et de Londres

Les autres dossiers africains à New York

Plusieurs chefs d’Etat africains ont fait le déplacement à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Ils espèrent faire entendre leur voix alors que l’actualité est dominée par une multitude de crises internationales.

Mise à part la réunion sur le G5 Sahel, quelques crises africaines occuperont le devant de la scène. Le Mali, avec un événement à part consacré au processus de paix toujours au point mort.

La Centrafrique avec le président Touadéra qui devrait plaider pour une augmentation du plafond de casques bleus dans le pays.

Les crises au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo seront discutées de manière plus confidentielle.

La Libye fera, elle, l’objet d’une réunion autour du président français Emmanuel Macron. Denis Sassou-Nguesso, président du comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, devrait réitérer son appel à ne pas ignorer la voix de l’Afrique dans la résolution de ce conflit.

Les leaders africains devraient d’ailleurs être réunis mercredi lors d’un déjeuner autour du président américain Donald Trump.

Il devrait leur demander de s’engager politiquement à résoudre les crises sur leur continent au sortir d’une réunion ministérielle sur la réforme du maintien de paix qui devrait publiquement aborder ce thème.

RFI

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La Tunisie abolit l'interdiction du mariage des femmes avec des non-musulmans

Les Tunisiennes de confession musulmane pourront désormais se marier dans leur pays avec des non-musulmans. Les circulaires ministérielles datant de 1973 et empêchant ces unions ont été abolies ce jeudi.

Ce 8 septembre, le ministre de la Justice Ghazi Jeribi a signé une circulaire annulant celle de 1973 et tous les textes qui s’y réfèrent et qui interdisaient le mariage avec des non-musulmans. Dans la nouvelle circulaire, le ministre rappelle la contradiction de celle de 1973 avec la Constitution, tout comme avec les accords internationaux signés par l’Etat tunisien.

Cette annulation fait suite au souhait du chef de l’Etat, qui le 13 août dernier, jour de la fête de la femme en Tunisie, avait promis d’abroger ce texte, adressant une demande dans ce sens au gouvernement.

Saida Garrach, la porte-parole de la présidence, qui était à l’origine une avocate et militante des droits de la femme a posté sur Facebook ce jeudi un message de félicitations aux Tunisiennes pour « la consécration du droit à la liberté de choisir son conjoint » a-t-elle écrit.

Plusieurs organisations de la société civile mènent depuis des années un combat pour l’annulation de cette injustice faite aux femmes. D’ailleurs une plainte a été déposée, ces derniers mois, auprès du tribunal administratif en vue de l’annulation de cette circulaire. Ces organisations considèrent que la circulaire 1973 constitue une « violation du droit fondamental de tout être humain ».

Si les instances de l’Etat tunisien parlent des citoyennes « tunisiennes », les extrémistes et les conservateurs accusent Béji Caïd Essebsi de vouloir autoriser le mariage des femmes musulmanes à des non-musulmans, ce qui touche à la charia.

RFI

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[Exclu RFI] Côte d'Ivoire: du cacao illégal fourni aux grands noms du chocolat

C'est une information exclusive. Radio France Internationale (RFI), The Guardian et Der Spiegel ont pu obtenir avant sa publication un rapport de l'organisation de défense de l'environnement Mighty Earth. Cette enquête de terrain montre qu'une partie du chocolat consommé dans le monde proviendrait de forêts et de parcs protégés en Côte d'Ivoire. L'ONG affirme avoir mis à jour une longue chaîne d'exploitation illégale du cacao dans les zones forestières où toute plantation est interdite. L'ONG a remonté le fil jusqu'à la vente de cette production aux grands industriels des secteurs cacao-chocolat.

En dégustant un Ferrero, un carré de Lindt ou encore une barre de Mars, il est possible que votre pause gourmande soit en partie d'origine illégale. Mighty Earth appelle cela le côté obscur du chocolat.

L'ONG met à jour une chaîne de complicité dans le secteur du cacao ivoirien, partant des zones boisées protégées, parfois à 90% colonisées par des exploitations illégales.

Les fèves achetées par des pisteurs

Le phénomène concerne notamment Goin Débé, Scio, le Haut-Sassandra, Taï, les parcs du Mont Péko et de la Marahoué. Les fèves y sont achetées par des pisteurs qui les revendent à des coopératives.

La marchandise est ensuite acheminée vers San Pedro et Abidjan, où elle est vendue à des géants de l'agroalimentaire comme Olam, Cargill et Barry Callebaut. Ces négociants internationaux fournissent ce cacao illégal aux grands noms du chocolat, Ferrero, Lindt, Mars, Nestlé ou encore Cadbury.

Cette situation est un secret de polichinelle, dit Mighty Earth. Les zones protégées sont parfois devenues de véritables villes. Celle de Scio compterait par exemple 22 magasins et entrepôts de cacao, des milliers d'habitants, des dizaines de boutiques, une école et un dispensaire.

Les autorités parfois complices ou inefficaces

D'après l'ONG, les autorités ivoiriennes sont parfois complices ou inefficaces. En tout cas pour l'organisation, impossible que les industriels ne soient pas au courant.

Au final, le coût environnemental est élevé. Les forêts n'occupent plus que 11% du territoire, voire 4% pour les forêts primaires.

 

■ Le président de la World Cocoa Foundation répond

Rick Scobey, président de la World Cocoa Foundation, qui rassemble les intérêts des plus grands producteurs de cacao et fabricants de chocolat, explique que les entreprises agissent pour combattre la déforestation et qu'un nouveau plan sera annoncé prochainement.

« Ce problème, dit-il, est connu depuis des années. Les entreprises ont déjà pris des mesures en investissant dans la traçabilité du cacao, en travaillant sur de l’agroforesterie mixte avec des plantations plus respectueuses de l’environnement, et en agissant en faveur de la restauration de certaines zones.

En début d’année, 35 entreprises du secteur ont décidé de s’unir pour lancer un nouveau partenariat avec le gouvernement ivoirien et mettre fin à la déforestation au Ghana et Côte d’Ivoire. Notre programme sera annoncé en novembre à la COP 23. Mais pour vous donner quelques pistes, nous instaurons des limites à l’exploitation en zone forestière, il y aura des efforts dans la protection, une restauration des secteurs protégés, avec un renforcement des lois de protection. Nous chercherons à augmenter la productivité des plantations pour obtenir davantage de cacao sur un espace plus réduit. Enfin, il y aura un volet pour aider à la reconversion des fermiers. Car ce rapport a des faiblesses. Il ne reconnaît pas la dimension sociale de la déforestation. Il faut respecter les droits des centaines de milliers de cultivateurs de cacao et leurs familles qui dépendent de ces forêts. Le rapport ne tient pas compte des conséquences de ses recommandations. Enfin Mighty Earth ne dit pas qu’une intensification agricole durable est aussi une étape essentielle pour réduire la pression sur les forêts protégées. »

 RFI

 

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Rwanda: un chercheur interroge les conditions d'accès aux archives de l'Elysée

Le Conseil constitutionnel français se penche depuis jeudi 7 septembre sur les conditions d'accès aux archives des anciens présidents et ministres. En 2015, L'Elysée avait annoncé la déclassification des archives de la présidence sur le Rwanda pour la période 1990-95. Mais depuis, le chercheur François Graner s'est vu refuser l'accès à ces documents par la personne en charge des archives de François Mitterrand. Il faut dire que l'autorisation de consulter les archives des ex-présidents et ministres fait l'objet de conditions spécifiques. C'est parce qu'il estime que ces modalités bafouent certains droits constitutionnels que François Graner a saisi le conseil, qui a entendu jeudi les arguments du chercheur et du représentant de l'Etat.

Premier élément qui conditionne l'accès aux archives : le temps. Pour tout document qui touche à l'intérêt ou la sureté de l'Etat, il faut au minimum 50 ans avant l'ouverture au public, mais des dérogations peuvent être demandées.

C'est normalement la direction des archives qui statue; mais dans le cas des documents versés par des anciens présidents et ministres, des protocoles spécifiques peuvent être signés : c'est alors la personnalité ou son représentant qui octroie ou non la dérogation.

François Mitterrand, avant son décès, avait mandaté Dominique Bertinotti pour trancher à sa place. Un contrôle qui lui incombe pendant 25 ans après le décès du président, soit jusqu'en 2021. Ce que conteste le chercheur : qu'un particulier comme madame Bertinotti soit seul à trancher, sans avoir à fournir d'explication et sans recours possible.

Il y voit une violation de plusieurs droits constitutionnels, notamment celui du public à recevoir des informations d'intérêt général. Confier la décision à une autorité impartiale sous contrôle d'un juge permettrait, selon lui, d'éviter l'arbitraire et d'avoir une voie de recours.

De son côté, le représentant de l'Etat considère que ces restrictions garantissent que les ex-présidents et ministres versent bien leurs documents aux archives plutôt que les détruire, comme c'était le cas par le passé.

Le Conseil rendra sa décision le 15 septembre.

RFI

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