Art & Culture

Interview de JY Duval, auteur du « Rêve éveillé du calife »

 

Avec « Le rêve éveillé du calife » Jean-Yves Duval, directeur d’Ichrono, publie aujourd’hui son neuvième roman aux éditions Ella. La rédaction a lu quelques bonnes feuilles avant même sa mise en librairie le 20 juin et a interviewé son auteur.

Ichrono : Vous publiez aujourd’hui un récit d’espionnage dont l’histoire se déroule au Moyen-Orient. Quelle est l’idée de départ de ce nouveau thriller ?       

J.Y Duval Cela fait plusieurs décennies que l’actualité, souvent dramatique et cruelle pour les populations civiles, donc par définition innocentes, s’invite dans cette partie du monde. Je suis moi-même allé en tant que reporter dans le nord de l’Arabie Saoudite, à la frontière avec l’Irak, lors de la première guerre du Golfe. Cela remonte à près de trente ans, c’est dire si cette région constitue une véritable poudrière et l’instauration du califat par Daesh a été le déclencheur de cette histoire.

Ichrono : « Le rêve éveillé du calife » est un titre quelque peu énigmatique, où puise-t-il son origine ?

J.Y Duval :En fait il s’agit de l’extrait d’une phrase des « 7 piliers de la sagesse », un de mes livres de chevet, écrit par Lawrence d’Arabie qui compte parmi mes auteurs préférés au même titre qu’Hemingway, Romain Gary, Antoine de Saint-Exupéry, Joseph Kessel et quelques autres grands aventuriers. Pour moi ce titre s’imposait naturellement et les lecteurs en lisant le roman comprendront pourquoi. Il devait être initialement sous-titré « Musulmania » pour bien montrer la volonté de conquête et d’expansion territoriale de Daesh, au même titre que « Germania » l’a été pour A. Hitler. 

Ichrono : Après plusieurs romans historiques vous avez opté cette fois pour le roman d’espionnage, pourquoi ?

J.Y Duval : Comme souvent lorsqu’il s’agit de géopolitique les questions sont plus complexes qu’il n’y paraît à priori. Pour légitimer les interventions militaires on évoque le plus souvent la nécessaire protection pour l’Occident de son approvisionnement en pétrole ou, comme cela a été le cas sous Georges Busch, l’existence d’armes de destruction massive, quand ce n’est pas la volonté de destitution de tel ou tel dictateur. Depuis les attentats du 11 septembre 2011 beaucoup de choses ont changé et le terrorisme est devenu le premier ennemi du monde libre. L’instauration d’un califat par Daesh, à cheval sur la Syrie et l’Irak, en prônant une idéologie mortifère, l’islamisme radical, à montré qu’une armée de fanatiques pouvait conquérir des territoires et y imposer sa loi et battre monnaie tel un Etat régulier. Alors plutôt que de m’intéresser à la guerre conventionnelle entre coalisés et djihadistes j’ai voulu montrer, sous la forme d’une fiction, qu’en coulisses se déroulait une autre guerre, dans  l’ombre, tout aussi impitoyable et pour cela mettre en lumière les services secrets et les forces spéciales qui jouent un rôle de plus en plus essentiel dans les conflits actuels.

Ichrono : On a aussi le sentiment que c’est pour vous, ou plutôt pour l’un des personnages principaux de votre roman, l’occasion d’évoquer les dérives de l’islam fondamentaliste.

J.Y Duval : J’ai le plus grand respect pour cette grande religion du livre, au même titre que les deux autres. Ce que dénonce Arthur Devereau, le personnage en question, c’est le dévoiement à des fins purement politiques du message du prophète par des individus sans scrupules. Mahomet, comme le Christ, refusait la violence et si le Coran fait l’éloge d’Abraham, de Marie et de Jésus on ne saurait oublier cependant que certains « hadiths » peuvent apparaître comme ouvertement racistes à l’égard des juifs et des chrétiens et que plusieurs sourates, mal interprétées, peuvent inciter à la violence. L’intolérance n’est jamais très loin pour certains prêcheurs de haine, aussi bien au Moyen-Orient qu’ici-même en France. Cela explique que beaucoup de gens voient l’islam comme une religion de la terreur et son messager comme un prophète de la guerre « sainte ». Dans le livre Arthur aborde ces questions sans manichéisme et sans angélisme, au-delà de tout préjugé. La meilleure preuve est qu’il file le plus parfait amour avec Djamila, une jeune femme d’origine Kabyle qui se trouve être de confession soufie, la branche ésotérique d’un l’islam modéré. Dans mon esprit le roman en effet doit apporter au lecteur des connaissances supplémentaires afin de nourrir sa réflexion et pas seulement le distraire. 

Ichrono : A propos de ce roman « Le rêve éveillé du calife » vous évoquez volontiers une uchronie. Pouvez-vous vous expliquer ?

J.Y Duval : Les évènements que je décris sont réels tandis que les spéculations relèvent de ma liberté en tant qu’auteur. Blaise Pascal ne prétendait pas autre chose lorsqu’il disait dans ses Pensées : « Le nez de Cléopâtre s’il eut été plus court toute la face de la terre aurait été changé ». Dans cette guerre contre le terrorisme décryptée à travers le prisme du monde mystérieux du renseignement je n’ai pas voulu écrire un reportage mais laisser libre cours à ma fantaisie en imaginant un scénario différent de la réalité que nous connaissons. Cela donne, je crois, des scènes assez fortes, mais cependant vraisemblables. En fait tout romancier devrait suivre le précepte énoncé par François Mauriac : « Aux plus belles histoires imaginées, il faut préférer l’inimaginable histoire ».

Ichrono : Question un peu plus personnelle : Comment êtes-vous devenu écrivain ?

J.Y Duval : Depuis l’enfance j’ai une addiction à la lecture et j’ai eu très tôt le goût de l’écriture, écrivant des nouvelles vers l’âge de 15 ans. J’admire les grands écrivains, d’hier et d’aujourd’hui, Français, Américains, Russes et j’ai toujours ambitionné de devenir romancier. Après avoir écrit une biographie d’un Maréchal de France sous Louis XV, j’ai enchaîné sur les romans historiques puis les thrillers, près d’une dizaine aujourd’hui. Se mettre dans la peau des gens, leur prêter des répliques, imaginer des scènes, des lieux, créer une intrigue est passionnant et aujourd’hui je réalise mon rêve d’enfant. Comme disait John Le Carré, grand maître de l’espionnage : « Le parcours d’un homme est un apprentissage du berceau à la tombe » et je reste aussi curieux de la vie aujourd’hui qu’à l’âge de vingt ans.

Ichrono : Avez-vous d’autres projets en cours ?

J.Y Duval : Plus sans doute que le temps m’en donnera l’occasion. Actuellement j’effectue des recherches et j’écris le scénario du troisième ouvrage d’une série commencée avec « Trois divas et un divan » et « La mémoire effacée d’Abigail » et je jette les bases d’une biographie romancée d’une personnalité africaine exceptionnelle.

Ichrono : Autrement dit l’heure de la retraite n’a pas encore sonné ?

J.Y Duval : J’ai banni ce mot de mon vocabulaire, car il correspond à une mort « sociale » de l’individu, la « petite mort » aussi, comme on l’appelle parfois. En revanche j’aime beaucoup cette phrase de Jean d’Ormesson : « J’aime trop la vie pour accepter de survivre », je continuerai donc d’écrire jusqu’à mon dernier souffle car c’est pour moi une forme d’oxygène. 

Ichrono : Pour conclure nous emprunterons un court extrait du roman que vous publiez aujourd’hui : 

« … Le monde entier appris avec incrédulité l’attentat commis en Egypte contre le supertanker le jour de l’inauguration de la nouvelle portion du canal de Suez. La Nation islamique avait réalisé une démonstration de force, les fous d’Allah ne couraient pas seulement après les conquêtes militaires au Moyen-Orient, ils visaient aussi à affaiblir les économies régionales … »

Si vous voulez un bon conseil pour vos vacances de cet été, n’oubliez pas de mettre dans vos bagages « Le rêve éveillé du calife ». Ce thriller palpitant vous plongera à l’ombre de votre parasol au cœur du terrorisme et vous entraînera dans les couloirs des pouvoirs qui influencent le monde.

La rédaction d’Ichrono

  • Le rêve éveillé du calife, Ella éditions, 390 pages – 23 €
Le Aimé Nouma Social Club en collaboration avec Radio Arts-Mada organise au Portail 77 avenue de Paris 94800 Villejuif 20/06/2019

 

Le jeudi 20 juin de 16H à 23H

Entrée gratuite

Une soirée Aimé Nouma Social Club avec exposition, projections de films ,


Jam-slam et show case du « Aimé Nouma Social Club ».

16 H Expo Caravane itinérante sur" la Force Noire durant la 1ère Guerre mondiale" de l'asso Solidarité Internationale

19 H Projection film musical "14 /18 aux morts de la grande guerre" d'Aimé Nouma et Jpaul Miotto

19 H 15 Echanges questions/réponses entre le public et des intervenants, dont l'équipe du film .


20 H Performance musicale Evelyne et Charles à la Cora

20 H 30 Projection clip "Fils d'Aphrodite "d'Aimé Nouma et J paul Miotto en présence de l'équipe de tournage

21H SHOW CASE Aimé Nouma Social Club

21H45 JAM/SLAM

Nouma cet artiste multifacette est un pur talent qui sait donner de la voix pour supporter des images difficiles mais aussi de la joie.


Du texte dense, de la musique entrainante, des costumes, des corps, de la géographie-temps pour démontrer par le mouvement des images qu'un prétexte a donné lieu à une vengeance qui va embraser le monde. La déclaration de la guerre n'épargne personne.


Dans africulture on dit ceci de lui


« Venu en France dès l'âge de cinq ans,l'avenir d'Aimé semblait tout tracé:Excellent élève et brillant footballeur. Mais sa vie en a voulu autrement.Après mille et une péripéties dans les rues parisiennes, il part quelques années au Cameroun puis revient sur Paris pour participer à »Questions pour un champion ». Fin 2003 il découvre le Slam et après avoir animé quelques scènes,il propose et présente une émission nommée »Slam'parle de... »sur la chaîne La Locale TV.

En 2004 rencontre avec le SLAM dans un café parisien et le jour même,il est surnommé « le Black Titi de Panam » par l'animateur de la slam session qui lui dit:
« Tu es un vrai titi et surtout, tu as un vrai style d'écriture et de scansion ! »


Aimé se met alors à écumer les scènes slam pour parfaire son art scènique et oratoire.


En 2005,il a la chance de pouvoir produire et animer »Slam'parle de... » une émission télé dédiée au slam sur la chaîne du câble La Locale TV.


En 2006 premier concert caritatif,il est le Maître de Cérémonie,le Monsieur Loyal du concert « Archange Solidarité' »organisé au Bataclan par Julien Voulzy et présente les artistes prestigieux que sont Laurent Voulzy, Nolwenn Leroy, Louis Chédid, Ours, Sandrine Kiberlain et d'autres encore.


En 2009, il écrit et interprète »Tous plus fort que tout » le slam officiel cette édition du Téléthon.


En 2011,il écrit et participe à l'interprétation du slam « La Drépanocytose ça vous dit quelque chose? » mis en musique et clippé par un collectif d'artistes et de célébrités dont Princesse Erika, les Neg'Marrons, Lynnsha., Fally Ipupa, Claudy Siar,Axel Tony,Ras Dubisani et d'autres encore.


Ces participations à des actions caritatives,auxquelles nous ajouterons :Médecine Chirurgie cardiaque, Solidays, Aids 93,Le Village de l'Autisme,etc..lui vale aussi d'être surnommé « Le Slameur2coeur »
Alternant animations(comme le Printemps du Capdiv 2010 avec un défilé de mode de Xüly Bet et concert de Kéziah Jones),ateliers d'écriture, performances scèniques a cappella et concerts avec ses musiciens Aimé Nouma occupe régulièrement les devants de la scène, son fonds de commerce... »


http://africultures.com/personnes/?no=18265&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=444

JE VOIS UN OISEAU - Exposition Soly Cissé à la D Galerie DANS Paris 19 ème

 

14 juin 2019 @ 11 h 00 min Fin : 30 juin 2019 @ 19 h 00 min 49 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris 19


Venez voir, il y a du beau, du chopix, les mécènes et autres sont conviés, Mme Bertrand saura vous conseiller
Sous la houlette de D Bertrand commissaire et galeriste. Elle met à l'honneur un artiste talentueux en présentant des tableaux grands formats.


L'artiste est un visionnaire....


Je remercie la doyenne et femme de culture et des arts Mme Marie Laure De Lacvivier qui m'a donné l'information. Elle suit ce jeune artiste depuis 5 ans et ne boude jamais son plaisir.

JE VOIS UN OISEAU


Cette année marque les cinquante ans de l'artiste Sénégalais Soly Cisse. La D Galerie lui rend hommage du 14 au 30 juin 2019 dans son espace parisien au 49, av. Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement. L'exposition est accessible à tous, de 11h à 19h du mardi au dimanche, et accessible chaque mercredi en nocturne jusque 22h.


JE VOIS UN OISEAU, c'est l'évocation de celui qui regarde, celui qui voit et donne l'existence d'une oeuvre par sa lecture. Ce que décrit l'artiste quand il parle de cet infini que chaque tableau semble susurrer. "Pour moi, le tableau n'est jamais le même. Le tableau change, je cherche, je vois un oiseau.." Soly Cissé évoque ainsi les formes qui jaillissent de ses tableaux, sans cesse renouvelées.
L'exposition de la D Galerie met l'accent sur la nouvelle abstraction qui naît des dernières peintures de l'artiste. Une recherche de synthèse des motifs autant que des éléments empruntés à la nature d'une part et à la civilisation d'autre part. En un manifeste plus engagé peut-être, Soly Cissé crée ce qui vient avant que l'hypocentre ne provoque la rupture. Il réunit l'homme et le règne animal dans un espace commun, moins figuratif qu'auparavant, fait de mélanges et de fondus colorés.


La composition de ses nouvelles toiles s'en ressent d'autant plus vivante, frétillante parfois, aérienne, flottante.


JE VOIS UN OISEAU est donc une exposition dont le titre rappelle aux thèmes de l'artiste autant qu'à ses positions, celles d'un artiste qui passe par l'intensité des bleus, roses, ocres, et la douceur des verts, violets, jaunes pour construire un espace, celui du vivant.


14/06/2019 75019 Paris http://dgalerie.com/


https://www.alouette.fr/agenda/je-vois-un-oiseau-exposition-soly-cisse-la-d-galerie

L'exposition "JE VOIS UN OISEAU" réunit un ensemble d'œuvres réalisées par Soly Cissé entre 2017 et 2019. Connu à travers le monde pour des expositions iconiques au Sénégal, en France, Italie, Allemagne, Espagne, il est avant tout un maître de la couleur. Peintre et plus récemment sculpteur, Soly Cissé s'amuse à éloigner du réel pour mieux le révéler. Sa peinture expressive et énergique, directe voire brutale, évoque des formes anthropomorphes réunies en un théâtre aux dimensions monumentales. Souvent à l'échelle du visiteur, à taille humaine, les figures totémiques de ses peintures dansent en procession dans un espace où la couleur est perspective. Le regard de l'observateur est sans cesse renouvelé. Les formes semblent s'arrêter au halo qui les entoure. Les vibrations de couleurs et la touche franche produisent pourtant un glissement permanent de celles-ci, confondant le spectateur dans plusieurs réalités scénaristiques.
http://dgalerie.com/je-vois-un-oiseau-soly-cisse/

Né à Dakar en 1969, Soly Cissé est peintre, sculpteur, vidéaste et scénographe. Après être sorti major de sa promotion de l'école des Beaux-Arts de Dakar en 1996, Soly Cissé est sélectionné en 1998 aux biennales de S ã o Paulo et de Dakar, puis en 2000 à celle de La Havane.

Depuis deux décennies, cet artiste érudit aborde une variété de médias : peinture, collage, dessin, sculpture et se réfère à de multiples sources : art brut, graffitis, pop art, expressionnisme, figuration libre, art populaire, auxquelles il mêle des évocations de ses sources ancestrales. Son travail expérimental de collages assemble des éléments ready-made, sur papier ou sur toile qui assument un double sens pour dire le monde présent. A une figuration au fort pouvoir d'expression se mêle, écriture, codes-barres, chiffres. Une lecture nouvelle et stimulante où jubilation de la couleur et force du trait nous entraînent loin des styles passé, dans un désordre, morcellement et fantasme à l'image d'un monde en plein bouleversement.

Détails
Début :
14 juin 2019 @ 11 h 00 min
Fin :
30 juin 2019 @ 19 h 00 min
Catégorie d'Évènement:
Expositions Galeries
Lieu
D Galerie

49 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris 19

Festival de Cannes 2019 : « Atlantique », les fantômes et l'élan vital de Mati Diop par-delà les mers


« Et je suis content de ma petite fille qui était la fille voilée. Bonne chance et encore du travail. Pape B CISSOKO »
Le premier long-métrage de la réalisatrice franco-sénégalaise s'est bâti sur le temps et l'intimité de son parcours.
Par Véronique Cauhapé Publié le 17 mai 2019 à 07h38 - Mis à jour le 17 mai 2019 à 13h03
Mati Diop a présenté son premier long-métrage « Atlantique » à Cannes, le 16 mai. PAOLO VERZONE / AGENCE VU POUR « LE MONDE »


Sélection officielle – En compétition


Au troisième jour du Festival, un océan est venu engloutir puis hanter le bord de mer cannois. Atlantique, premier long-métrage de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, sélectionné en compétition, s'est abattu avec la force d'une marée de pleine lune. Il est ainsi des films qui marquent d'emblée la rétine et occupent l'esprit longtemps après l'avoir touchée. Atlantique est de ceux-là qui fait son effet puis chemine à pas feutrés vers une digestion lente de ce qu'il a distillé. La beauté pure d'une histoire d'amour, la puissance d'une fable politique, le trouble d'un conte peuplé de fantômes réunis en un seul geste, dirigé par un élan vital qui a valeur de signature. Le film de Mati Diop s'est bâti sur le temps et l'intimité d'un parcours. Il en porte la trace avec élégance.
La rencontre, en 2008, avec le pays de ses origines qu'elle avait connu, enfant, seulement durant les vacances. Mais aussi, les confidences que lui livrèrent les hommes et les femmes à chacune de ses venues à Thiaroye, en périphérie de Dakar, ont conduit la réalisatrice à plusieurs courts et moyens-métrages : Mille Soleils (2013), Big In Vietnam (2012), Snow Canon (2011)... et Atlantiques (2009) dans lequel un jeune homme, Serigne, raconte sa traversée ratée vers l'Espagne. Il mourra de maladie quelques mois plus tard, avant d'avoir pu retenter sa chance. Cette tragédie a posé une première empreinte au film qui concourt aujourd'hui à Cannes. Lequel s'est chargé, entre-temps, de nombreuses autres histoires.

Mati Diop à Cannes le 16 mai. PAOLO VERZONE / AGENCE VU POUR "LE MONDE"

La Lire le récit : Mati Diop présente « Atlantique » en compétition
dernière étape du chemin qui mène Mati Diop à Cannes passe par Bruxelles. Dans un studio de Saint-Gilles, la réalisatrice mixe le son d'Atlantique, son premier long-métrage, tourné à Thiaroye, à la périphérie de Dakar, qui sera présenté huit jours plus tard, en compétition, au Festival.


Cette sélection fait de l'aboutissement d'un parcours très intime, commencé il y a dix ans, lorsque Mati Diop est arrivée à Dakar, une caméra dans ses ¬bagages, une arrivée en fanfare. Pour la jeune réalisatrice – née à Paris en 1982 –, Atlantique est à la fois « le récit de l'adolescence africaine qu'[elle n'a] pas eue » et un film historique, une histoire de fantôme et une fable politique. On y voit des jeunes gens épuisés par la misère qui prennent la mer, des jeunes filles qui cherchent, au pays, des moyens pour faire mieux que survivre.


Festival de Cannes 2019 : Mati Diop, Jessica Hausner, Justine Triet et Céline Sciamma, quatre nouvelles venues dans la compétition
Les réalisatrices côtoieront les vétérans Jarmusch, Loach, Almodovar, Bellocchio et Malick lors de la 72e édition du Festival qui se déroulera du 14 au 25 mai.
Les organisateurs de la 72e édition du Festival de Cannes, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, à Paris le 18 avril. GONZALO FUENTES / REUTERS


La 72e édition du Festival de Cannes, du 14 au 25 mai, sera « romantique et politique », a annoncé Thierry Frémaux, son délégué général, qui présentait, jeudi 18 avril, en compagnie du président de la manifestation, Pierre Lescure, 46 longs métrages retenus en sélection officielle (compétition, Un certain regard, hors compétition), soit « 90 % de ce que vous verrez », a-t-il précisé.
Comme déjà annoncé, la compétition et le Festival s'ouvriront le mardi 14 mai par la projection de The Dead Don't Die (Les morts ne meurent pas), film de zombies signé Jim Jarmusch, vétéran de Cannes, qui sortira le jour même en salles. Ce sera aussi le cas de l'un des derniers films présentés en compétition dix jours plus tard, Sibyl, de Justine Triet, la réalisatrice de Victoria (qui retrouve son interprète, Virginie Efira), nouvelle venue en compétition.


Lire le focus: Festival de Cannes 2019 : la compétition film par film


Avec la cinéaste sénégalaise et française Mati Diop, l'Autrichienne Jessica Hausner et sa compatriote Céline Sciamma, Justine Triet est l'une des quatre réalisatrices à concourir pour la Palme d'or. C'est une de plus que les deux années passées.


De Mati Diop on verra Atlantique, chronique de l'émigration vue par les femmes restées à Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, de Jessica Hausner, Little Joe, film fantastique tourné en anglais et de Céline Sciamma Portrait de la jeune fille en feu, un film en costumes avec Adèle Haenel.


Des vétérans largement représentés


Les vétérans européens et américains sont largement représentés dans la compétition : Pedro Almodovar présente Douleur et gloire, qui vient de lui valoir l'un de ses plus grands succès en Espagne ; Marco Bellocchio, Il Traditore, portrait du mafioso repenti Tomaso Buscetta ; Jean-Pierre et Luc Dardenne, Le Jeune Ahmed (le film sortira le jour de sa projection à Cannes) ; Arnaud Despleschin, Roubaix, une lumière, avec Léa Seydoux et Roschdy Zem ; Ken Loach, Sorry We Missed You, pendant que Terrence Malick vient tenir compagnie à Jim Jarmusch avec Une vie cachée.
Malgré sa toute neuve trentaine, Xavier Dolan fait aussi figure de vétéran : il revient avec un film tourné en français, Mathias et Maxime, qu'il interprète également après l'intermède anglophone de Ma vie avec John F. Donovan.


Enfin, pour compléter la liste des cinéastes qui ont déjà foulé le tapis rouge, le réalisateur palestinien de l'intérieur Elia Suleiman présentera en compétition It Must Be Heaven, comme il l'avait fait de ses deux précédents films, Intervention divine et Le Temps qu'il reste ; le Coréen Bong Joon-ho montrera Parasite, « qui sortira en salles », a tenu à préciser Thierry Frémaux (en 2017, Okja avait été retenu en compétition avant d'être diffusé exclusivement sur Netflix en France) ; le Brésilien Kleber Mendonça Filho reviendra, après Aquarius, avec Bacurau, coréalisé avec Juliano Dornelles.
Lire le focus : Festival de Cannes : Alejandro Gonzalez Iñarritu sera le président du jury en 2019
Outre les quatre réalisatrices déjà citées, feront leurs débuts en compétition Diao Yinan, cinéaste chinois dont on découvrira un film policier, le Roumain Corneliu Porumboiu (La Gomera), l'Américain Ira Sachs (Frankie, avec Isabelle Huppert) et le Français Ladj Ly qui a baptisé son film d'un titre qui est en ce moment sur toutes les lèvres : Les Misérables.
Un certain regard
Sur les seize titres de la section Un certain regard, six sont des premiers longs métrages, autant sont réalisés par des femmes. Christophe Honoré (Chambre 212) et Bruno Dumont (Jeanne) feront figure de grands frères, avec le Catalan Albert Serra (Liberté).
Hors compétition, on n'est pas surpris de découvrir la présence de Rocketman, de Dexter Fletcher, biographie filmée d'Elton John, avec Taron Egerton. Claude Lelouch présentera Les Plus Belles Années d'une vie, avec les acteurs d'Un homme et une femme et Asif Kapadia (Amy) proposera un documentaire sur les années napolitaines de Diego Maradona. Le rôle du film populaire adoubé à Cannes, qu'a tenu en 2018 Le Grand Bain, de Gilles Lellouche, est cette fois confié à La Belle Epoque, de Nicolas Bedos.
Parmi les absences remarquées, celle de Once Upon A Time... In Hollywood, de Quentin Tarantino, dont Thierry Frémaux a fait savoir qu'il n'était pas terminé, tout en espérant qu'il le serait à temps pour arriver sur la Croisette et de Mektoub My Love : Intermezzo d'Abdellatif Kechiche. Restent encore une demi-douzaine de titres à venir. Deux ou trois concourront pour la Palme d'or, décernée par un jury présidé par le Mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu, dont la composition sera, elle aussi, annoncée ultérieurement.
Les films en compétition pour le 72e festival de Cannes


Les 19 films en compétition :


The Dead don't die de Jim Jarmusch (Etats-Unis, film d'ouverture) ;
Douleur et gloire de Pedro Almodovar (Espagne) ;
Le Traître de Marco Bellocchio (Italie) ;
Parasite de Bong Joon-Ho (Corée du Sud) ;
Le Jeune Ahmed de Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique) ;
Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin (France) ;
Wild Goose Lake de Diao Yi'nan (Chine) ;
Atlantique de Mati Diop (Sénégal) ;
Matthias et Maxime de Xavier Dolan (Canada) ;
Little Joe de Jessica Hausner (Autriche) ;
Pardon tu nous a manqué de Ken Loach (Angleterre) ;
Les Misérables de Ladj Ly (France) ;
Une Vie cachée de TeRrence Malick (Etats-Unis) ;
Bacurau de Kleber Mendonça Filho (Brésil) ;
The Whistlers de Corneliu Porumboiu (Roumanie) ;
Frankie d'Ira Sachs (Etats-Unis) ;
Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (France) ;
Ça doit être le paradis d'Elia Suleiman (Palestine) ;
Sibyl de Justine Triet (France).
Films présentés hors compétition :
Les plus belles années d'une vie de Claude Lelouch, présenté le 20 mai ;
Rocketman de Dexter Flechter, présenté le 16 mai ;
Trop vieux pour mourir si jeune (épisodes 4 et 5) de Nicolas Winding Refn ;
Maradona d'Asif Kapadia ;
La belle époque de Nicolas Bedos.

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