lundi, 22 janvier 2018 15:13

Paris SG: petite déroute et gros doutes

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Des latéraux coupables, une sentinelle qui manque, une mégastar qui rime avec dépendance et polémiques: le Paris SG prend froid cet hiver, avec une 3e défaite depuis décembre, alors que le choc contre le Real Madrid en Ligue des champions approche.

. Neymaro-dépendance?

Le PSG a donc concédé sa troisième défaite de la saison dimanche à Lyon (2-1), toutes compétitions confondues, après celles en L1 le 2 décembre à Strasbourg (2-1) et en C1 à Munich contre le Bayern (3-1) le 5 décembre.

Faut-il s'inquiéter? "Il faut rester mesuré sur cette défaite", commente auprès de l'AFP Alain Roche, consultant de Canal+. "Quand vous prenez un but d'entrée, que Neymar n'est pas là, que Mbappé s'en va (sorti sur blessure) et qu'il y a une expulsion (Alves), bien sûr que c'est plus difficile d'approcher la surface adverse", relativise l'ancien joueur et dirigeant du PSG.

Y aurait-il une Neymar-dépendance? A Strasbourg et à Munich, le Brésilien était présent. Pas à Lyon, en raison d'une "douleur à la cuisse droite", selon le club.

. Penaltygate, encore et toujours

Pour L'Equipe, le joueur est également touché moralement après les sifflets contre Dijon mercredi dernier, pour ne pas avoir laissé un penalty à Edinson Cavani (qui lui aurait permis de battre le record de buts de Zlatan Ibrahimovic).

"Mets ton casque (sur les oreilles) et n'oublie pas d'être heureux", a réagi le père de Neymar. Ce nouvel épisode du penaltygate entre "Edi" et "Ney" a été qualifié de "petite chose" par Marquinhos sur Canal+. "Il ne faut pas que (ce qu'en disent la presse et les supporters) nous énerve, surtout, sinon (...) ça va nous embêter dans le vestiaire", ajoute le défenseur brésilien. Et de conclure au sujet de Neymar: "C'est quelqu'un qui est très facile à gérer et très facile à vivre".

. Latéraux, gros problème

Au-delà du cas Neymar, il y a un point noir récurrent: "Les latéraux" comme le pointe Alain Roche. "Dani Alves avait bien démarré la saison mais il est moins bien en ce moment (exclu à Lyon pour un geste d'énervement). Il est en difficulté défensivement quand il fait face à des attaquants virevoltants".

"Pour Layvin Kurzawa, il fait un match plutôt correct jusqu'à cette relance malheureuse. C'est dur pour lui car je trouve qu'on lui tombe parfois dessus de manière injuste", poursuit Roche. Kurzawa a inscrit le but de l'égalisation à Lyon, avant sa relance ratée, dans l'axe, qui permet à Memphis Depay de marquer le but du 2-1. Le débat sur son niveau en défense est permanent cet hiver.

. "Lass" Diarra pour remplacer Motta?

Roche diagnostique aussi une autre faiblesse du PSG: "La maîtrise du ballon est là, mais Paris a peut-être été un peu moins bien dans la récupération. Est-ce dû à l'absence de vraie sentinelle (avec la blessure de Thiago Motta) ? Il manque un joueur comme Casemiro au Real ou même Ndombele à Lyon".

Lassana Diarra, 32 ans, a passé sa visite médicale lundi, à l'hôpital américain de Neuilly, selon des images du journal Le Parisien. L'ancien joueur de Chelsea, du Real Madrid ou encore de Marseille, qui évoluait récemment aux Emirats arabes unis, peut-il être la solution miracle? Son âge et sa forme font naître bien des interrogations.

. Le Real est de retour

Dans le même temps, le Real a crevé l'écran dimanche en pulvérisant la Corogne (7-1) après un hiver déprimant. L'équipe de Zinédine Zidane relève enfin la tête alors que le PSG viendra à Santiago-Bernabeu le 14 février pour "LE" choc des 8es de finale de la Ligue des champions (retour à Paris le 6 mars).

"Madrid redevient Madrid", titre Marca en Espagne. Le trio "BBC" (Benzema-Bale-Cristiano), qui n'avait plus été aligné ensemble depuis neuf mois, a fait des étincelles, avec notamment un doublé du Gallois et un de Ronaldo.

Le quotidien As a salué un festival "thérapeutique" pour le Real, qui "confirme" que Zidane "pense jouer" avec ce trio "contre le PSG".

La presse espagnole dit aussi que Neymar va aller au Real... "Je pense qu'ils veulent nous embêter un petit peu, ils veulent créer une petite confusion dans sa tête (...) ce n'est pas vrai", a répliqué Marquinhos.

Rfi

En Casamance, au sud du Sénégal, l’enquête sur les assassinats de quatorze coupeurs de bois il y a plus de quinze jours se poursuit. Seize personnes sont désormais en détention, une autre, cadre de l’aile politique du MFDC, le mouvement rebelle, a été arrêtée ce week-end. La gendarmerie indique chercher activement d’autres individus. En parallèle de cette enquête, l’armée sénégalaise poursuit son avancée autour de la forêt ou les jeunes ont été tués. Une opération qui se déroule dans une zone longtemps tenue par la rébellion.

Au sein de l’armée, le terme rébellion n’est jamais utilisé : « Nous luttons contre des bandes armées » indique un haut responsable de l’état-major qui poursuit, « les objectifs sont précis : protéger les populations, retrouver les auteurs des assassinats, s’attaquer au trafic de bois et de chanvre indien ».

Si cette zone sud de la Casamance est réputée pour être le fief du chef rebelle César Atoute Batiate, l’armée indique ne pas « s’attaquer à des bases d’un tel ou d’un tel, nous ciblons des trafiquants ». Des villages abandonnés auraient ainsi été pris par les militaires qui poursuivent leur avancée en bloquant tous les voies d’accès. Et font visiblement face, comme en début de week-end, à des hommes armés qui cherchent soit à fuir la zone, soit à se ravitailler en essence et en nourriture.

L’aile politique du MFDC, le mouvement des forces démocratiques de Casamance, n’a pas commenté ces opérations en cours, mais s’inquiète de la « militarisation de la Casamance ».

RFI

Il y a un an, après six longues semaines de crise, Yahya Jammeh acceptait de quitter la Gambie. Un départ suivi du retour à Banjul depuis Dakar d'Adama Barrow. Le président est depuis soutenu par Macky Sall. Et depuis un an, les deux Etats se félicitent d'un retour à des relations apaisées.

« Fluides, très bonnes ». De chaque côté de la frontière, les mêmes adjectifs reviennent. « Les contacts sont permanents, les échanges, du sommet de l'Etat au bas de l'échelle, quotidiens », explique un diplomate sénégalais. Et ça, c'est nouveau.

Fini les années Jammeh où seule la tension rythmait les contacts entre Dakar et Banjul. Sur le terrain, ce sont toujours les unités sénégalaises intégrées au sein de la Micega, la force Cédéao, qui protègent le président Adama Barrow. « Une nécessité tant qu'une garde présidentielle ne sera pas formée », indique-t-on au ministère des Affaires étrangères gambien.

Une protection qui agace les rares partisans de Yahya Jammeh restés au pays qui estiment que « le Sénégal dirige aujourd'hui la Gambie ». « Un raisonnement absurde, les deux pays sont plus que jamais souverains », déclare une source à la présidence sénégalaise, « quand nous avons des désaccords, ils sont gérés directement ».

Les deux Etats indiquent donc qu'ils avancent main dans la main : le Sénégal fournit par exemple de l'électricité à la Gambie, notamment dans les zones frontalières, la Gambie appuie le Sénégal dans le dossier casamançais. Basé à Banjul, un diplomate sénégalais conclut : « La Sénégambie est depuis un an une réalité ».

RFI

Au Sénégal, l'armée continue de ratisser la zone sud de la Casamance alors que l'enquête sur l'assassinat de 14 coupeurs de bois le 6 janvier dernier dans une forêt de la zone a mené à l'arrestation d'une nouvelle personne samedi. Arrestation réalisée dans la capitale régionale Ziguinchor, au lendemain d'accrochages entre des militaires et des bandes armées dans la zone de Bofa; des accrochages qui n'ont pas fait de victimes.

Selon un témoin, des coups de feu en provenance de la forêt près du village de Niaféna; à proximité de la frontière bissau-guinéenne; ont été entendus par les villageois jusqu'à la mi-journée samedi. L'armée affirme avoir un double objectif : traquer les responsables du massacre de 14 hommes, et libérer la zone de ses criminels en démantelant notamment leurs bases et refuges dans la forêt.

Ces opérations visent sans distinction les personnes impliquées dans la coupe illégale de bois ou le trafic de chanvre; et d'autres formes de banditisme. Des habitants de la zone affirment par exemple être victimes de bandes armées qui interceptent leurs récoltes et marchandises.

L'accrochage de vendredi n'est pas le premier depuis le début des opérations de ratissage lancées par l'armée après le massacre du 6 janvier. Des affrontements similaires ont eu lieu il y a six jours, ils avaient fait un mort côté bandes armées. Samedi, la gendarmerie en charge quant à elle de l'enquête sur la tuerie a procédé à une nouvelle arrestation dans la capitale régionale Ziguinchor. L'enquête se poursuit, précise la gendarmerie qui n'écarte pas d'éventuelles nouvelles arrestations.

RFI

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Des chants, des drapeaux, beaucoup de monde et beaucoup d'ambiance à Monrovia, au Liberia, ce lundi, pour l'investiture de George Weah au stade Samuel-Doe. L’ancienne légende du football a officiellement prêté serment. Il succède donc à Ellen Johnson Sirleaf à la tête d'un pays secoué par de terribles guerres civiles, il y a quinze ans. C’est d’ailleurs la première transition démocratique au Liberia depuis les années quarante.

George Weah a prêté serment en fin de matinée devant des dizaines de milliers de personnes au stade Samuel-Doe. Un stade pavoisé aux couleurs nationales, le rouge, le blanc et le bleu, pour l’investiture du président Weah et de la vice-présidente, Jewel Howard Taylor.

La foule manifeste sa joie

Une foule enthousiaste a manifesté sa joie pendant leur prestation de serment, tellement bruyamment que le juge qui présidait la cérémonie est intervenu en lançant des « à l’ordre ! à l’ordre ! » pour demander au public de faire moins de bruit. Mais il n’était plus question de se retenir lorsqu’on a passé l’écharpe présidentielle à George Weah.

La foule s’est calmée lorsque le drapeau du Liberia a été descendu et remis, comme le veut le protocole, à la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf. On a ensuite hissé un autre drapeau libérien, ce qui symbolise l’arrivée au pouvoir du nouveau chef de l’Etat. La foule a enfin une fois explosé lorsque George Weah s’est assis dans le fauteuil présidentiel, un trône doré tapissé de velours rouge.

Plusieurs chefs d'Etat africains sur place

Plusieurs chefs d’Etat étrangers africains étaient là : le Guinéen Alpha Condé qui est aussi le président en exercice de l’Union africaine, le Togolais Faure Gnassingbé, le Ghanéen Nana Akufo-Ado, le Gabonais Ali Bongo, le Congolais Denis Sassou-Nguesso, et le Malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Mais le principal invité de marque aujourd’hui, c’était le public libérien, celui qui a voté pour George Weah, et qui attend beaucoup de lui.

rfi

Nicole Belloubet doit recevoir les syndicats pour reprendre le dialogue. Ils ont rejeté un projet d’accord négocié avec le gouvernement, ne le trouvant pas suffisant.

Faute de consensus sur les propositions du gouvernement, les surveillants des 188 établissements pénitentiaires français étaient appelés au « blocage total » des prisons, dès 6 heures, lundi 22 janvier.

En milieu de matinée, le SNP-FO et l’UFAP-UNSA avançaient le chiffre de 120 à 130 établissements touchés. L’administration pénitentiaire faisait pour sa part état, à 12 h 15, de 43 prisons concernées : 15 où les agents de jour ont refusé de prendre leur service et 27 bloquées.

Afin de reprendre « immédiatement » le dialogue et de trouver une issue à la situation, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, recevra à 15 heures « l’ensemble des organisations syndicales représentatives ». Elle appelle les surveillants « à la responsabilité de chacun afin que la sécurité et le fonctionnement des établissements pénitentiaires soient assurés ». La ministre réaffirme également « son soutien et sa solidarité aux surveillants victimes d’agressions graves et intolérables » et dit mesurer « les difficultés et les risques auxquels ils sont confrontés à chaque déplacement qu’elle effectue, depuis son entrée en fonction, dans les centres pénitentiaires ».

Des agressions à répétition alimentent la colère des gardiens, qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’attaque de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 11 janvier, qui a mis le feu aux poudres. Depuis, une série d’agressions dans plusieurs établissements du pays a ravivé le sentiment de ras-le-bol.

Nouvelles agressions dans le Pas-de-Calais et à Châteauroux

A la veille du blocage, la situation s’est tendue dans de nombreux établissements pénitentiaires. Un surveillant et une surveillante ont notamment été agressés avec un pied de table en fer par un détenu à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais). Ils ont été conduits à l’hôpital, dimanche, vers 18 h 30. « Ils ont de nombreuses contusions aux bras et sont touchés psychologiquement », a détaillé Yannick Lefebvre, du syndicat UFAP-UNSA à la prison de Longuenesse.

L’agresseur, un détenu de droit commun, a été placé en garde à vue, selon le secrétaire interrégional FO pénitentiaire Julien Martin. « On est très choqué, ça ne va faire qu’amplifier la grogne et il y aura un durcissement demain à Longuenesse, a-t-il dit. Les syndicats appellent à ne pas prendre les clefs : on peut s’attendre à ce que ce soit les policiers qui viennent gérer l’établissement. »

Un autre surveillant a été agressé au centre pénitentiaire de Châteauroux dimanche, selon le parquet, confirmant une information de La Nouvelle République. Des surveillants tentaient de maîtriser le détenu « en situation de violence » lorsque celui-ci a lancé une chaise en criant « Allah akbar » (« Dieu est le plus grand »), blessant un des gardiens, qui s’est vu délivrer un jour d’incapacité temporaire de travail (ITT). Le détenu n’est pas connu pour être radicalisé. Placé en quartier disciplinaire, il doit être entendu lundi dans le cadre de l’enquête en cours. La maison d’arrêt de Châteauroux fait partie des établissements bloqués lundi matin.

Dimanche après-midi, toujours dans les Hauts-de-France, des dizaines de détenus dans les prisons de Maubeuge (Nord) et de Sequedin (Nord) avaient refusé de regagner leur cellule après la promenade. La situation est redevenue normale en fin de journée.

Gouvernement et syndicats dans l’impasse

Le rendez-vous de lundi aura lieu deux jours après que les surveillants ont rejeté un projet d’accord négocié avec le gouvernement. L’UFAP-UNSA, syndicat majoritaire (40 %), a fait savoir tard dans la soirée qu’après avoir interrogé ses militants, il ne signerait pas le texte. La CGT-Pénitentiaire (environ 15 %) avait déjà annoncé dans l’après-midi qu’elle ferait de même, évoquant des propositions « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés, notamment en termes de reconnaissance et d’attractivité de [ses] missions de service public [indemnité et statut] et de l’insuffisance de création de postes proposés ». FO-Pénitentiaire (environ 30 %), qui a fait cavalier seul depuis le début du mouvement, a appelé à durcir le ton.

 Le monde.fr

 

lundi, 22 janvier 2018 14:31

Blocage du dialogue politique : Sonko met Macky au ban

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«Le dialogue de Macky Sall se résume à réunir l’opposition, inviter les journalistes, prendre tout le monde en photo et jeter à la poubelle les conclusions ». Voilà le sentiment du député Ousmane Sonko sur les concertations politiques nationales initiées par le régime de Macky Sall. Invité de la radio Sud Fm, le parlementaire a indexé ainsi le chef de l’Etat à qui l’opposition « ne fait pas confiance » comme principal facteur bloquant du dialogue politique au Sénégal.

Ousmane Sonko persiste et signe. Le dialogue politique bloque du fait de la posture du chef de l’Etat. Invité de l’émission «Janoo-bi» sur la radio Sudfm, le député et farouche opposant du régime en place a tiré à boulets rouges sur Macky Sall et son «semblant» de concertations nationales.

Pour lui, les appels incessants du président de la République au dialogue ne sont faits que pour amuser la galerie et faire bonne impression à l’opinion. « Il cherche, a-t-il dit en wolof, juste à nous réunir, à ameuter la presse». Le député de poursuivre : « Ce qui l’intéresse, c’est de faire du bruit, de prendre en photo tout le monde et de passer à autre chose. Entre Macky Sall et nous, il ne peut plus y avoir un contrat de confiance car, entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, il y a un fossé. Nous avons eu l’opportunité de nous en rendre compte avec la question de la limitation de son mandat à 5 ans, la nomination d’Aliou Sall alors qu’il avait juré de jamais prendre de décret en sa faveur».

Dans la foulée, le député Ousmane Sonko esquissera une tentative de restructuration du dialogue déjà fort hypothétique en l’état. Pour lui, il y a nécessité d’inventer une formule. « Nous avons besoin de personnalités neutres autour de qui il y a un consensus. Il faut aussi que chaque partie accepte à l’autre son statut de membre au dialogue ».

Seulement, a-t-il regretté par suite, « les conditions du dialogue ne sont pas réunies. Il (Macky Sall-ndlr) a appelé et récidivé, mais cela n’a jamais servi à quelque chose puisque les conclusions des discussions ont été jetées à la poubelle, pour l’essentiel». Ousmane Sonko conclura sur ce point en préconisant une opposition pure, dure et sans fioritures. « Il faut que nous créons un rapport de force avec lui. Ce n’est pas un homme de dialogue».  

Sudonline

Invité du jour de l’émission Objection de la radio Sud Fm hier, dimanche 21 janvier, le professeur Mamadou Diouf s’est démarqué d’une solution militaire dans le règlement du conflit Casamançais. Analysant la tuerie de Boffa, l’enseignant d’histoire à l’Université Columbia aux États-Unis a invité l’Etat à privilégier « l’opération policière qui est beaucoup moins brutale et prend en considération la nature de la communauté dans laquelle on intervient, mais aussi la participation de cette communauté afin de ne pas déborder»

Le professeur Mamadou Diouf est formel. La résolution de la crise en Casamance ne passera pas par l’option militaire. Invité du jour de l’émission Objection de la radio Sud Fm hier, dimanche 21 janvier, l’enseignant d’histoire à l’Université Columbia aux États unis a invité l’Etat sénégalais à privilégier les opérations policières dans la gestion de cette crise qui a fait plus de trente-cinq ans aujourd’hui afin d’arriver à une paix durable. «On doit tous être d’accord sur une chose simple, c’est que l’option militaire n’est pas une option gagnante. Si elle était une option gagnante, la crise serait résolue dès les années 80. La question sécuritaire de la crise casamançaise est le résultat d’une crise politique, économique, sociale, culturelle et de gouvernance. Toutes ces questions doivent être prises en compte si on veut résoudre de manière pacifique et durable ce conflit», a souligné le professeur Diouf. Et d’insister : «L’opération militaire a une espace de brutalité intrinsèque. Quand on fait la guerre, on fait la guerre comme disait Colin Powell», a-t-il dit encore.

Poursuivant son analyse sur la tuerie de Boffa, l’enseignant d’histoire à l’Université Columbia aux États-Unis invite ainsi l’Etat à privilégier l’opération policière qui, selon lui, «est beaucoup moins brutale et prend en considération la nature de la communauté dans laquelle on intervient, mais aussi la participation de cette communauté afin de ne pas déborder». «L’Etat sénégalais doit démontrer sa capacité à être une institution capable de mener des opérations de police et de les mener avec succès. Le travail de police est basé sur la collecte de renseignements, de collaboration avec les habitants en vue d’établir une sécurité pour tous».

Par ailleurs, le professeur Mamadou Diouf a également appelé l’ensemble des citoyens sénégalais à un sursaut national pour un règlement définitif de ce conflit qui, selon lui, est national et pas local ou régional. «La crise casamançaise est multiforme et alimentée par la crise de l’ensemble du Sénégal. Ce n’est pas une crise autonome qui fonctionne dans son propre schéma même si ses ressorts et ses manifestations sont locales. La dynamique générale est celle de la crise de la société sénégalaise», a-t-il fait savoir avant de marteler. «Il va falloir que nous, Sénégalais, nous comprenions que la crise casamançaise n’est pas une crise locale ou régionale. C’est la crise nationale, la plus importante de l’histoire de ce pays depuis l’indépendance. Autrement dit, le traitement doit être un traitement national. Quand je parle d’un traitement national, je veux dire qu’avec la crise de Boffa, on aurait dû s’attendre à ce que l’ensemble de la société civile sénégalaise prenne une pause et dise que c’est assez, il faut qu’on règle cette crise une fois pour tout».

Sudonline

 

Une humble cavalcade dans le monde de demain-Alain Minc
L'avenir du monde et le nôtre dépend des réponses que l'on peut apporter à une petite dizaine de questions.


Le creusement irréversible des inégalités nous menace-t-il d'une révolution ?

La prochaine crise économique risque-t-elle d'être « terminale » ?

Les États sont-ils devenus les otages des GAFA ? Peut-on vraiment combattre le réchauffement climatique ?

La démocratie libérale sera-t-elle submergée par la vague populiste ?

Quel dénouement envisager à la nouvelle guerre de trente ans qui s'est déclenchée au Levant ? L'absence de leader condamne-t-elle le monde à une instabilité chronique ? L'Europe saura-t-elle désamorcer la bombe démographique africaine ?

Peut-on ressusciter l'Europe ?


Si « mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde » (Camus), Alain Minc s'efforce ici de bien nommer les interrogations cruciales du monde qui vient, et d'y apporter les réponses qu'il estime les plus probables.


Demain une révolution ?


Des jeunes réunis par dizaine de milliers aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France. Pour des concerts rock, punk ? Pour de gigantesques fiestas ? Que nenni. Outre-Atlantique pour écouter un vieux sénateur de 75 ans, politiquement inaudible jusqu'alors, qui se déclare socialiste dans un pays où le mot semble démoniaque. Au Royaume-Uni pour applaudir un autre ressuscité de la politique, gauchiste pro-Chávez que ses collègues travaillistes ont longtemps considéré comme un hurluberlu. En France pour soutenir un orateur qui s'adresse sur le ton de Jaurès aux enfants du Web. Sanders, Corbyn, Mélenchon : autant d'idoles paradoxales de la jeunesse à laquelle ils parlent de révoltes, d'injustices, de progrès sociaux avec les mots d'hier.

Lequel d'entre nous aurait imaginé que le terme socialisme semblerait porteur de promesses aux yeux des enfants de l'Internet ? Un tel phénomène dans des pays aussi différents n'est pas anodin. C'est le symptôme d'une vague qui gronde, d'une frustration qui bouscule une génération, d'un climat « pré-1968 », si tant est que les comparaisons soient valables. La réaction la plus naturelle est de voir dans ces mouvements un épiphénomène et de parier sur le triomphe ultérieur du bon sens et de la raison. Mais la prudence ne devrait-elle pas inciter au contraire à chercher les causes de réactions aussi surprenantes et à essayer de recenser les insatisfactions réelles et justifiées que génèrent nos sociétés ?

À ce titre, la première tient en un mot éculé qui a justifié dans le passé tant de mouvements sociaux et qu'on croyait aboli par un demi-siècle de redistribution et de politiques sociales : l'inégalité. Inégalités des revenus ; inégalités des patrimoines ; inégalités éducatives ; inégalités culturelles ; inégalités de statuts ; inégalités géographiques ; inégalités psychologiques.

Nous vivons depuis trente ans leur explosion tous azimuts. Ce n'est certes pas la première fois dans l'Histoire : le capitalisme est une machine qui fabrique de l'efficacité et de l'inégalité. Quand, emporté par la mondialisation, la révolution technologique et les libres mouvements de capitaux, il tourne à pleine vitesse, il produit encore plus d'efficacité et d'inégalités. Incontestable dans l'ordre économique, le phénomène prend une ampleur d'autant plus grande que des facteurs concomitants, liés à la dynamique de la société, généralisent cette explosion inégalitaire à tous les domaines de la vie en société. L'incroyable triomphe de l'opus de Thomas Piketty sur le capital est un symptôme de la gravité de la question et de la conscience croissante de l'opinion en matière d'inégalités. Au-delà des polémiques naturelles que suscite un tel succès de librairie et des débats qui l'ont accompagné sur l'exactitude des données chiffrées, la thèse relève du bon sens : les taux d'intérêt réels favorisent une « accumulation primitive » du capital – suivant l'expression de Marx – aux dépens du travail et entraînent une déformation de la répartition de la valeur ajoutée, à l'avantage des revenus capitalistes et au détriment des revenus salariaux.

C'est évidemment aux États-Unis que la distorsion est la plus grande : le 1 % le plus privilégié s'octroyait, il y a trente ans, 8 % du revenu national après impôts ; le chiffre est désormais de 16 %. Toute la richesse créée depuis un quart de siècle est allée à cette étroite minorité et en son sein, de façon prépondérante, aux privilégiés d'entre les privilégiés, les 0,01 %, avec pour conséquence une stagnation, voire une légère baisse du pouvoir d'achat moyen du reste de la population. En Europe, la situation n'est pas aussi caricaturale car le système fiscal aidant, la part prélevée par les 1 % est demeurée stable, autour de 8 ou 9 % du revenu national. Cela étant, toutes les études plus fines, basées sur l'éternel coefficient de Gini*1, ont démontré un accroissement des inégalités dans tous les pays européens, sauf en Scandinavie et en France : impôts massifs obligent.

Mais plus encore que les inégalités de revenus, ce sont les inégalités de patrimoines qui ont explosé et mis fin aux fantasmes propres aux Trente Glorieuses, d'une immense classe moyenne. C'est le résultat de trente ans de taux réels positifs : celui qui possède s'enrichit, celui qui s'endette s'appauvrit. Et la volatilité du capital empêche, en la matière, tout rabotage fiscal, obligeant même les pays à se rapprocher, dans une course sans fin, de celui d'entre eux qui pratique le moins-disant en matière d'imposition du capital. De ce point de vue, la première des inégalités patrimoniales, la possession ou non d'un logement, participe de l'écart croissant des modes de vie, poussant à la ségrégation géographique et faisant litière de la convergence de la classe moyenne.

Si les inégalités matérielles étaient compensées par un accès de plus en plus égal à l'éducation et au savoir, la société serait moins déséquilibrée. Or c'est l'inverse qui s'est produit. Il n'existe aucun instrument de mesure de l'accumulation du capital culturel – tel que Bourdieu l'a conceptualisé – qui soit aussi précis que les indices relatifs au capital matériel, mais s'ils étaient disponibles, sans doute feraient-ils apparaître un écart encore plus important entre les situations d'aujourd'hui et celles d'il y a quarante ans.

On peut reprendre tous les chiffres et toutes les analyses des Héritiers de Bourdieu et Passeron qui ont accompagné tant de « happenings » en Mai 68, et découvrir que sur l'ensemble des paramètres, le contexte s'est détérioré. Accès, en France, aux grandes écoles des enfants de la classe ouvrière et des autres couches modestes, promotion sociale via l'éducation sur une génération, diffusion de la culture et de tous les ingrédients qui concourent à « l'habitus social » – pour demeurer dans les références bourdivines –, poids des réseaux sociaux et de toutes les formes de relations, capacité des autodidactes de s'affirmer, maîtrise des codes de comportement, possession des langues étrangères – ce viatique du monde contemporain : l'ascenseur social, comme on dit aujourd'hui –, tout cela ne fonctionne plus. Et encore les étudiants français ne sont-ils pas confrontés, comme leurs congénères américains et anglais, à l'effet massue du prix de l'enseignement supérieur et donc à la charge d'un endettement qui constitue un boulet pour la vie entière.

Ce n'est pas, comme en matière économique, la fatalité qui a contribué à un tel phénomène, mais l'incapacité de nos systèmes éducatifs de s'adapter à la démographie galopante du monde étudiant, de prendre en compte les enfants issus des communautés immigrées et de compenser, dès l'enseignement primaire, les écarts croissants liés aux milieux familiaux. L'idée de bon sens que, dans des sociétés de plus en plus diversifiées, l'égalité formelle devant l'école aboutit aux plus grandes inégalités, demeure un anathème da

ns nombre de pays occidentaux, la France au premier chef. De même l'incapacité de donner à l'enseignement technique le même statut qu'à l'enseignement général a-t-elle poussé des générations d'étudiants dans des filières qui se transforment en autant d'entonnoirs, avec à la clef des jeunes qui abandonnent, dégoûtés, les études supérieures et, démunis de savoir technique ou technologique, entrent dans la spirale des emplois précaires et de la marginalisation. Imputer ces dysfonctionnements, comme le font les zélotes du conservatisme éducatif, c'est-à-dire la gauche classique, au jeu du capitalisme est un leurre confortable ; il dispense de l'autocritique qu'en ces matières les générations du baby-boom doivent faire. Mais le résultat est là : au lieu de compenser la croissance, elle inévitable, des inégalités matérielles, l'évolution du capital culturel en a accentué les effets.

On peut s'étonner que dans des sociétés aussi informées et transparentes que les nôtres, la perception des inégalités matérielles et éducatives n'ait pas provoqué de mouvements de masse, mais les indices apparaissent d'une prise de conscience aux conséquences imprévisibles. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, l'envolée des droits d'entrée dans les universités a suscité des révoltes parmi les jeunes et constitue peut-être leur premier contact avec les effets les plus visibles de l'inégalité. Penser que la conscience de ces réalités demeurera subreptice et discrète est une illusion. Si le mode de vie des 1 % peut demeurer caché aux yeux du plus grand nombre, les différences éducatives ou les écarts de logement, eux, ne le peuvent pas.

Autres inégalités nées, elles, de l'emballement de la révolution technologique et des modes de fonctionnement du capitalisme : les nouvelles formes d'emploi. Il existe une vision irénique et en partie justifiée de « l'ubérisation » : de nouveaux gisements d'emplois, la possibilité de ramener vers le travail des populations qui en semblaient définitivement exclues, l'expansion des formes d'activité, la capacité de faire participer des auto-entrepreneurs à la vie de grandes sociétés. Mais la face noire du phénomène est de plus en plus visible.

Par rapport à la hiérarchie classique des garanties d'emploi – le fonctionnariat, le contrat à durée indéterminée dans les grandes entreprises, dans les petites, le contrat à durée déterminée, l'intérim –, l'ubérisation suscite de nouvelles positions que le droit social ignore. C'est, sous couvert d'auto-entreprenariat et d'autonomie des individus, le retour au degré zéro des relations sociales.

Ainsi un marché du travail jusqu'alors divisé entre salariés protégés et non protégés voit-il apparaître un nouveau « lumpenprolétariat ». Sans doute, à l'instar du « lumpenprolétariat » d'autrefois, celui-ci fait-il entrer dans le monde actif des chômeurs. Mais la longue marche du progrès social va devoir reprendre. Épisodiquement sous l'influence de syndicats en voie de constitution et sous la pression de conflits sociaux classiques, en particulier chez Uber, mais aussi sous l'effet de l'intervention publique.

De la même manière que le droit social a commencé par limiter la journée de travail, octroyer des congés, interdire les abus de pouvoir patronaux et protéger de la sorte les salariés, un nouveau corpus juridique devra se mettre en place au profit des auto-entrepreneurs « ubérisés », mais ce ne seront que des droits minimaux, à mille lieues des acquis des salariés les mieux protégés.

Ainsi une nouvelle division s'installe-t-elle au cœur du monde du travail entre l'univers salarial d'hier abrité derrière les protections acquises au fil des décennies et les nouvelles formes d'activité en apparence les plus modernes, puisque nées de la révolution technologique, mais qui retrouvent les traits de l'aliénation ouvrière d'autrefois.

L'impératif numérique- Quel impact de la révolution numérique- Par Farid Gueham.sur les sciences sociales ?


« Serions-nous entrés dans une nouvelle ère avec le numérique, vivons-nous une mutation profonde, bien plus qu'un changement culturel ou de société ?

Notre temps n'est-il pas celui d'une rupture méritant d'être appréciée en termes anthropologiques, une transformation radicale de l'humanité s'appuyant sur de nouvelles configurations sociotechniques ?

La question est posée. Et peut-être ceux qui devraient être les premiers à s'interroger en de tels termes, les chercheurs en sciences humaines et sociales, sont-ils ici trop peu nombreux ou un peu à la traîne ».


Michel Wieviorka, auteur de L'impératif numérique et président du directoire de la Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme (FMSH), lance une invitation : « pour les sceptiques, et pour tous ceux qui croient en l'utilité des sciences humaines et sociales, à aborder de façon résolue, les enjeux que véhicule cette question et à faire davantage l'expérience de notre récent environnement numérique ».


La fin d'une Histoire et l'entrée dans une nouvelle ère


« Il n'y a pas une histoire, mais au moins quatre modalités possibles de l'histoire qui ne s'articulent pas aisément : globale, nationale, de communauté et individuelle, sans parler des efforts pour construire une histoire régionale, de l'Europe par exemple, ou de l'Amérique latine, entre le global et le national ».
Chaque individu peut désormais porter sa contribution personnelle, dans la construction d'un récit global, scientifique et se constituer en tant qu'historien sans l'être personnellement.


Si ce phénomène n'est pas nouveau, il est démultiplié par les technologies contemporaines.
Au niveau individuel par exemple, les technologies du numérique permettent une connaissance de son passé, notamment grâce aux outils de recherche généalogique, à l'image des bases de données personnalisées qui connaissent un fort engouement.


Aux États-Unis, la généalogie biologique est particulièrement développée : elle permet notamment aux Afro-américains de sonder leur passé, à la recherche de leurs ancêtres et de leur pays d'origine sur le continent africain. Le travail scientifique « traditionnel », croisé avec ces nouvelles méthodes et ces outils inédits permettra, in fine, de générer de nouveaux modes d'exploration du passé.


Le paradoxe des big data


« À la fin des années 70 déjà, il était possible d'envisager ce qui est le cœur de la grande mutation qui nous intéresse, l'articulation d'internet et de l'informatique. Le rapport de Simon Nora et d'Alain Minc sur l'informatisation de la société (1978), nommait « télématique » l'imbrication croissante des ordinateurs et des télécommunications, et prophétisait que cette nouvelle approche devait transformer durablement notre monde culturel.


C'est aujourd'hui une réalité, puisque la numérisation des données, mais aussi la capacité à la traiter, à la croiser, couplées aux nouvelles possibilités de la communication, bousculent nos connaissances d'ensemble, mais aussi notre capacité à individualiser le savoir et l'information.
Le big data, bien qu'il traite des masses de données toujours plus importantes, permet paradoxalement d'individualiser sa démarche, de différencier les individus.
Le savoir ne relève plus du traitement de moyennes, qui gommeraient ou masqueraient les spécificités de chaque individu, bien au contraire : il permet de mesurer de façon toujours plus précise les différences entre les individus.


Échanger, travailler, communiquer, travailler de manière collaborative


L'aptitude à la coopération sur le web traduit une démocratisation de la recherche : au lieu de travailler au sein d'un réseau dont l'accès est contrôlé, entre pairs et spécialistes d'une même niche, les réseaux de recherche peuvent ainsi s'ouvrir au grand public, vers une coproduction inédite des savoirs, au-delà de la communauté des chercheurs, des universitaires, ou des étudiants.


« Une telle démocratisation peut évidemment être mise en débat, et ceux qui y sont le plus hostiles ne manquent pas de dire qu'elle fait courir le risque, par exemple, d'un manque de rigueur proprement scientifique, ou d'une dilution de la réflexion ».


Le mouvement est en marche, et l'histoire elle-même s'ouvre à la « digital history ». Pour Serge Noiret, nous pouvons même parler de « digital history 2.0 : une tentative de créer un nouveau stade du rapport entre l'historien et son public usant du numérique ».


Un mouvement dans lequel des historiens professionnels seraient amenés à travailler autrement, à étendre le débat au-delà de leurs pairs, avec un public beaucoup plus large et plus diversifié, un modèle qui s'apparente aux pratiques de la démocratie délibérative.
Dans cette perspective, la « digital history » et aussi une « public history », ouverte et démocratisée.


Vers une nouvelle économie scientifique


« À toutes les étapes de la recherche, l'ère numérique se traduit, pour les sciences humaines et sociales, par des changements, les uns effectifs, les autres souhaitables, mais qui ne se réalisent pas, en raison de divers obstacles financiers ou institutionnels ».
Définir un objet de recherche, formuler des hypothèses, élaborer une méthode de travail, affiner des conclusions, les publier etc... Des mutations qui se heurtent au fonctionnement du système public de la recherche.


Et si l'économie de la recherche « traditionnelle » connaît des difficultés financières, ce n'est pas uniquement en raison de la crise.
Pour Michel Wieviorka, ce système est « sclérosé, il a mal vieilli, il ne s'est pas suffisamment adapté à ce qui intéresse et passionne les chercheurs les plus jeunes. Force est de constater que le système en place ne favorise ni l'innovation, ni le développement, et qu'il risque donc d'être déserté – l'exit évoqué par Alfred Hirschman – au profit d'institutions étrangères ou privées, ou encore fonctionnant sur un mode coopératif ».


Aux États-Unis, des universités mettent en place des centres dédiés aux « Digital humanities », sur un mode expérimental. En France, depuis 2011, des consortiums mis en place dans le cadre d'HUMANUM, une TGIR ou « très grande institution de recherche », vont dans le sens d'une conception renouvelée de la recherche en SHS, articulée autour d'une collaboration refondée entre laboratoires.


Les sciences humaines sont donc non seulement prêtes, mais aussi capables d'opérer le changement de contribution qu'elles peuvent apporter à la vie de la cité. Michel Wieviorka évoque le « saut », dont le numérique ne sera pas le seul moteur : « en entrant de plain pied dans l'ère du Big Data, en acceptant l'impératif numérique, les SHS l'opéreront plus rapidement, presque automatiquement, et pour leur plus grand bien ».
Pour aller plus loin :


– « SHS et Big data : 14 projets internationaux soutenus dans le cadre de l'appel à projets – Au cœur des données numériques », ANR.fr
– « Le sociologue et le big data : la donnée comme carte et comme territoire », GroupeChronos.org
– « Digital Public History: bringing the public back in », Serge Noiret, Public History Weekly.

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