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‎ Ourika. [Duras (Claire de Kersaint, Duchesse de)]‎ premier roman noir

Mai 21, 2019
‎ Ourika. [Duras (Claire de Kersaint, Duchesse de)]‎ premier roman noir


‎ Deuxième édition.‎ Livre rare


‎(Vicaire, III-535). L'édition originale, imprimée juste avant celle-ci au début de 1824, ne fut tirée qu'à 25 exemplaires hors-commerce. Celle-ci est la première édition publique, rare aussi, du tout premier roman d'amour d'une jeune Sénégalaise noire, sauvée de l'esclavage et emmenée en France, qui aime secrètement un homme blanc ; Ourika avait passé son enfance dans une bonne famille, aimée, entourée, éduquée dans tous les domaines, elle avait reçu l'éducation d'une jeune fille de bonne famile. Avec l'adolescence, la dure réalité sociale et la barrière raciale s'imposèrent.
Qui voudrait épouser une Négresse ? Quel avenir humain pouvait-elle espérer ?

Amoureuse en secret, mais également désespérée de son état, elle avait décidé de se laisser mourir; l'issue, ou plutôt le refuge, elle le trouva en prenant le voile. Ce roman court mais très intense est la première tentative littéraire de pénétrer l'âme africaine, d'essayer de comprendre la psychologie d'un être totalement aimé et respecté par son entourage et pourtant seul à porter le lourd fardeau de la différence, différence qui l'exclut de fait de la vie de toute une société, malgré les idées de la Révolution française, idées qu'elle juge vaines face à la réalité des hommes et de la vie. Souvent, Ourika se demande s'il n'aurait pas mieux valu qu'on la laisse en Afrique ou en esclavage ; le problème du métissage est aussi courageusement évoqué, mais bien vite écarté.Née à Brest (1777 - 1828), Claire de Kersaint voit son père, amiral, guillotiné le 5 décembre 1793.


Emigrée aux Antilles avec sa mère, elles reviendront ensuite en Suisse et à Londres où Claire épouse Amédée Bretagne-Molo Durfort de Duras en 1797. Rentrée en France en 1801, elle fera la connaissance de Chateaubriand et ouvrira un salon aux Tuileries, fréquenté par Humbold, Cuvier, Talleyrand, Madame de Staël, Balzac, Lamartine, Delphine Gay, Juliette Récamier, etc. Petite auréole claire dans l'angle supérieur et petites rousseurs éparses, sinon exceptionnel exemplaire avec sa couverture d'origine, qui porte la date du "25 mars 1824", date non reprise au titre, qui est la marque d'authentification de cette première édition publique, non rognée, tel que parue, avec une reliure sur brochage. ‎


Ourika.‎


‎ 1824 P., Ladvocat, 1824, 1 vol ; in-12 (185 x 105) relié 1/2 percaline verte, pièce de titre en maroquin marron, fleuron et date en queue dorés au dos, de 172 pp. - (8) pp. (catalogue de léditeur).
Très bel exemplaire entièrement non rogné dans une reliure fin XIXe siècle. ‎


‎Il a été relié après la page de titre, un portrait de lauteure dessiné par Mlle Jaser et gravé par A. Delvaux, sur chine appliqué.Deuxième édition sans nom dauteur, la première édition publique, rare (lE.O. parue la même année est sortie des presses de lImprimerie Royale à environ 25 ex.). On trouve au verso du faux-titre « Publié au profit dun établissement de Charité ».Réf. biblio. :
« Claire de Duras ne comptait pas faire carrière dans la littérature et cest à contrecur et afin dempêcher les possibilités de plagiat, quelle céda aux pressions de Chateaubriand en publiant ce roman ». « Retirée de la vente sur le marché des esclaves par le gouverneur du Sénégal qui lamène à Paris pour loffrir à une amie, la jeune Africaine Ourika reçoit une bonne éducation. A lâge de douze ans, elle se rend compte du préjudice que lui suscite sa couleur de peau.


Après le mariage de Charles, dont elle est amoureuse, avec une Française, elle se retire au couvent où elle finira par mourir prématurément ». « On pense que ce roman est le premier dans la littérature française à étudier le problème des relations interraciales et, en particulier, de lamour entre ceux qui appartiennent à différentes races ; cest la raison pour laquelle lintérêt littéraire et scientifique pour ce roman sest beaucoup accru, à partir de la deuxième moitié du XXe siècle ». (Wikipédia)Vicaire, III-535.

 

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