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Menacée de mort après ses propos sur l'islam : "Quatre ans après Charlie Hebdo, nous en sommes toujours là", déplore la journaliste Zineb El Rhazoui

 


Ancienne journaliste de "Charlie Hebdo", Zineb El Rhazoui a reçu de nombreuses menaces de mort depuis ses propos sur l'islam, il y a une semaine. Des propos qu'elle a choisi de maintenir, au micro de Matthieu Belliard.


INTERVIEW


"Il faut que l'islam se soumette à la critique, qu'il se soumette à l'humour, qu'il se soumette aux lois de la République, qu'il se soumette au droit français". Ces propos, tenus vendredi dernier sur CNews, valent aujourd'hui à Zineb El Rhazoui des menaces quotidiennes. La journaliste, qui a notamment officié à Charlie Hebdo, refuse pourtant de se taire. "Je n'ai pas changé d'avis depuis", assure-t-elle avec fermeté au micro de Matthieu Belliard, jeudi sur Europe 1.


L'islam en France, "un sujet tabou". "Injures, insultes racistes, menaces de mort ou de viol"... Depuis une semaine, la journaliste est la cible d'une campagne très violente, notamment sur les réseaux sociaux. À tel point qu'elle a décidé de déposer plainte en début de semaine. Depuis le 7 janvier 2015, et l'attentat islamiste qui avait fait huit morts au sein de la rédaction du journal satirique (douze au total), Zineb El Rhazoui est placée sous protection policière. "Quatre ans après Charlie Hebdo, nous en sommes toujours là", déplore-t-elle sur Europe 1, constatant que la question de l'islam en France est "un sujet tabou".


Des propos "complètement anodins". "En réalité, ces propos ne sont pas différents de ce qu'ont dit Avicenne ou Averroès (deux philosophes musulmans des 10ème et 11ème siècles, ndlr), ou de ce qu'ont dit les penseurs des Lumières sur le christianisme. Ces propos me semblent complètement anodins", poursuit la Franco-Marocaine. Selon elle, cette situation "est symptomatique d'un mal profond qui est en train de ronger la société française".

Malheureusement, beaucoup de voix ont cédé à la terreur intellectuelle qui tente de nous imposer cette chape de plomb.


"Le devoir" de tenir ces propos. Car celle qui est aussi connue sous le nom de plume de Zineb n'a "pas changé d'avis" sur le fond. "Je pense que je n'ai pas uniquement le droit de tenir ces propos-là. Je pense que dans le contexte actuel, j'en ai également le devoir, parce que malheureusement, beaucoup de voix ont cédé à la terreur intellectuelle qui tente de nous imposer cette chape de plomb."
Déjà visée en septembre dernier. En septembre dernier, elle avait déjà fait l'objet de messages haineux après avoir déclaré sur C8 que les femmes portant le voile suivaient "une idéologie qui est celle de l'islam radical, qui est une idéologie dont l'aboutissement est le terrorisme". Une plainte avait alors été déposée à son encontre par le Collectif contre le racisme et l'islamophobie.
ENTENDU SUR EUROPE1 :

Par Thibauld Mathieu

«Gilets jaunes», acte V: revivez la journée du 15 décembre en France

Pour un cinquième samedi consécutif, les «gilets jaunes» ont organisé des manifestations dans toute la France, ce 15 décembre. Les propositions faites par le président Emmanuel Macron lors de son allocution de lundi dernier n’ont pas suffi à mettre un terme aux revendications. Ce Ve acte du mouvement de protestation inquiétait particulièrement les autorités après les violences de la semaine dernière et l'attentat terroriste perpétré mardi soir à Strasbourg. Vivez cette journée placée sous haute tension sur nos antennes et notre liveblog.

REUTERS/Benoit Tessier

GE7 - Global Education Initiative 2018-Anticper l'éducation de demain dans l'action 11/12/2018 Paris Palais des Congrès

E7 - Global Education Initiative 2018-Anticper l'éducation de demain dans l'action 11/12/2018 Paris Palais des Congrès

Amy Sarr Fall Directrice d'Intelligence Magazine, Le Pr S B Diagne, Audrey Pulvar, ATTALI invité d'honneur;   et beaucoup d'autres seront présents. Merci à Mr Bamba FALL du consulting group de nous avoir soufflé l'information. P B Cissoko

Le Vendredi 7 Décembre 2017, plusieurs personnalités du monde de la culture, de l'éducation et des sciences se sont réunies au Westin Paris Vendôme pour lancer officiellement l'Initiative Citoyenne Mondiale pour l'Éducation (Global Citizens Initiative for Education) dont l'objectif est d'anticiper l'éducation de demain dans l'action. En effet, un collectif d'experts renommés a voulu saisir l'occasion de la célébration des 70 ans de la déclaration universelle des droits de l'homme, prévu à Paris en Décembre 2018, pour rappeler que l'éducation est un droit vital qu'il faut renforcer par la refonte des systèmes afin de les rendre plus innovant, inclusif et universel.

Ce projet mondial porté par la plateforme Intelligences Citoyennes (www.icitoyennes.org) entend provoquer un véritable débat universel pour rendre le système d'enseignement mieux adapté aux nouvelles réalités socio-économiques de nos pays.

Dans l'optique de renforcer durablement la protection du droit à l'éducation, son financement et ses opportunités, le comité scientifique riche de 25 nationalités compte fédérer les différentes sensibilités autour d'une nouvelle charte à promouvoir aux quatre coins du monde dans le cadre des thématiques ci-après :

La constitutionnalisation de l'éducation comme un droit vital pour les filles
✔ Les compétences urgentes à promouvoir pour une économie verte
✔ Garantir un meilleur avenir aux enfants réfugiés et migrants grâce à l'éducation
✔ La promotion de l'innovation scientifique et entrepreneuriale
✔ Promouvoir la démocratie numérique

Ainsi, le Mardi 11 Décembre 2018 au Palais des Congrès, des chercheurs et personnalités engagées dans le progrès de l'humanité mèneront des réflexions autour de ces cinq sujets majeurs sous le thème général de:
"L'éducation au coeur de la transition pour une transformation sociale et économique en 2030."

Cet « Appel de Paris » en faveur d'un engagement plus accru des Chefs d'Etat et de gouvernement pour l'éducation entre en droite ligne avec les fondamentaux des Objectifs du Développement Durable qui placent l'éradication de la pauvreté au cœur de son plan d'action.

Notre engagement repose sur la conviction profonde que l'on ne peut parvenir à un équilibre social sans une démocratisation des ressources intellectuelles. De surcroît, on ne peut parvenir à réussir une transition vers un développement durable si les compétences nécessaires pour y parvenir ne sont pas acquises et promues grâce à la structuration de partenariats multisectoriels.

Notre action est aussi motivée par la certitude que l'éducation est l'instrument le plus déterminant dans la prévention de la radicalisation et du terrorisme. La réévaluation des systèmes éducatifs pour les adapter aux besoins et attentes actuels s'avère ainsi indispensable.
Panels

Dividende démographique et opportunités de la révolution numérique

Transition écologique: défis et compétences

L'éducation des filles : un droit vital

L'avenir des enfants réfugiés et migrants face a la crise de l'éducation

La promotion de l'innovation scientifique et entrepreneuriale

1849 : Le grand discours de Victor Hugo contre la misère par Pierre Ancery

 

1849 : Le grand discours de Victor Hugo contre la misère par Pierre Ancery


« Il n'est pas juste d'être sourd à la misère surtout celle qui est à nos pieds. Pour la misère en générale les philanthropes demandent de donner de partager pour équilibrer les choses sinon les migrations seront forcées et personne ne pourra stopper le mouvement et la violence qui en résultera –le monde est responsable et chacun est responsable » p B Cissoko


Le 9 juillet 1849, Victor Hugo prononce à l'Assemblée un réquisitoire contre l'inaction du pouvoir en place face à l'extrême pauvreté. Son discours fera date.


9 juillet 1849. Victor Hugo, depuis peu député à l'Assemblée législative, s'apprête à prononcer un discours aussi lyrique qu'emporté. Profondément marqué par les événements de 1848 et bouleversé par la détermination des insurgés (alors que maire du 8e arrondissement de Paris, il a participé à la répression des mouvements ouvriers de juin), il entend dénoncer le fléau qui est, selon lui, à l'origine de toutes les révoltes populaires : la misère.

Ce jour-là, on débat à l'Assemblée sur les lois relatives à la prévoyance et à l'assistance publique. Hugo est le premier à prendre la parole. Il commence par faire référence à la manifestation parisienne du 13 juin 1849, organisée par l'extrême gauche autour de Ledru-Rollin et réprimée par l'armée, qui s'est soldée par la mort de huit manifestants :

« Aujourd'hui, le calme s'est fait, le terrorisme s'est évanoui. La victoire est complète ! il faut en profiter. Mais savez-vous comment il faut en profiter ? [...] Il faut profiter de la disparition de l'esprit révolutionnaire pour faire reparaître l'esprit de progrès ; il faut profiter du calme pour engendrer la paix, non pas la paix des rues, mais la paix des cœurs et des esprits. »

Hugo, partisan de l'ordre et de la propriété, ne peut souscrire aux thèses socialistes et révolutionnaires, mais il leur reconnaît le souci sincère de la détresse sociale, dont il fait le cœur de son discours :

« Je ne suis pas de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui croient qu'on peut détruire la misère. La misère est une maladie de la société, comme la lèpre est une maladie de l'homme. Elle peut disparaître comme la lèpre, oui. »

Il cite ensuite plusieurs exemples :

« Il y a dans Paris, dans ces faubourgs que le vent de l'émeute a soulevés, il y a telle maison où des familles entières, hommes, femmes, enfants, vivent pêle-mêle n'ayant pour lit, – c'est à Paris, Messieurs – n'ayant pour lit, pour couverture, j'ai presque dit pour vêtements, que des chiffons en fermentation, infects, ramassés au coin des bornes.

Ces jours-ci, un malheureux homme, un homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un homme de lettres est mort de faim, à la lettre, et il a été constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.

Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? (Une voix : – Non. Plusieurs voix : – Parlez !) Au moment où le choléra sévissait le plus violemment à Paris, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes des charniers pestiférés de Montfaucon ! »

Montfaucon était alors un quartier misérable de Paris (à l'emplacement actuel des Buttes-Chaumont), qui servait de décharge à ciel ouvert.

« Eh bien, ces faits ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que ces faits ne soient pas ; je dis que ces faits, quand ils existent dans un pays civilisé, engagent la société tout entière ; que je m'en regarde comme solidaire et complice ; que de tels faits ne sont pas seulement des crimes envers l'homme, que ce sont encore des crimes envers Dieu. »

Enfin, le futur auteur des Misérables se montre accusateur envers ceux qui espèrent maintenir la paix sociale uniquement par les armes.

« Vous venez, avec le concours de la garde nationale et de l'armée, avec le concours de toutes les forces vives du pays, de raffermir l'État ébranlé. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, la paix publique, la civilisation. Vous avez fait une chose immense. Eh bien, vous n'avez rien fait, non.

Messieurs, vous n'avez rien fait, tant que l'ordre matériel raffermi n'a pas pour base l'ordre moral consolidé : vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre, tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère, tant que ceux qui pourraient travailler, et demandent à travailler, ne trouvent pas de travail, tant que ceux qui sont vieux et ne peuvent plus travailler sont sans asile ; vous n'avez rien fait tant que l'usure dévore nos campagnes. Tant qu'on meurt de faim dans les villes ; vous n'avez rien fait tant qu'il n'y a pas de lois évangéliques qui viennent en aide aux familles honnêtes, aux bons paysans, aux gens de cœur ; vous n'avez rien fait tant que l'homme méchant, dans l'œuvre souterraine qui se poursuit encore, a pour collaborateur fatal l'homme malheureux. »

Avant de conclure :

« Ce n'est donc pas à votre générosité que je m'adresse : je m'adresse surtout à votre sagesse. C'est l'anarchie qui ouvre les abîmes, c'est la misère qui les creuse. Vous avez fait des lois contre l'anarchie, faites-en contre la misère ! »

http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-moments-d-eloquence/victor-hugo-9-juillet-1849


Le discours de Victor Hugo appuie la proposition d'Armand de Melun visant à constituer un comité destiné à « préparer les lois relatives à la prévoyance et à l'assistance publique ».
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.


La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?


Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.


Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.
Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ?

Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !


Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé !

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