Politique

Abdoul Aziz Tall, sur le dialogue politique : «Eviter une grand-messe sans lendemain»

Abdoul Aziz Tall sonne l’alerte. A 72 heures de l’ouverture des débats sur le dialogue politique initié par le Chef de l’Etat, Macky Sall, l’ancien ministre chargé du suivi du PSE, non moins conseiller en organisation, tire la sonnette d’alarme afin que ce dialogue soit «sincère et surtout inclusif». Parce qu’avertit-il, «si ces conditions ne sont pas remplies, nous risquons d’assister à une grand-messe, évidemment, sans lendemain». Dans cette interview accordée à Sud Quotidien, l’ancien directeur général de la LONASE remonte le temps en rappelant les nécessités d’un dialogue pour une paix sociale dans notre pays de Senghor à Wade, en passant par Abdou Diouf. A cet effet, il alerte aussi bien les tenants du pouvoir, notamment le Chef de l’Etat, à éviter de se retrouver dans des «postures ambiguës» que les leaders de l’opposition, à ne pas faire de la libération de Khalifa Ababacar Sall une condition sine qua non pour prendre part aux concertations.

Monsieur le ministre, à la veille du démarrage des concertations entre le pouvoir et l’opposition sénégalaise, quelle opinion faites-vous des rapports de forces en présence ?

Je pense d’abord que lorsqu’on s’achemine vers un événement aussi important que les concertations nationales, nous devons plutôt user de vocables positifs. Aussi, voudrais-je vous suggérer d’user du terme «acteurs» en lieu et place de «forces» qui nous renvoie à une logique de confrontation, alors nous allons vers des concertations. Cela dit, il faut noter que le Sénégal en tant que Nation, s’est toujours inscrit historiquement dans une tradition de dialogue et de concertation. Le premier président Léopold Sédar Senghor en avait fait sa principale stratégie de construction d’une nation où règne la cohésion, notamment entre les différentes communautés qui la composent, bien avant même l’existence d’une démocratie plurielle. Il avait réussi à débarrasser les ethnies, les communautés culturelles comme religieuses notamment, de toute velléité d’animosité à travers principalement l’usage de notre tradition de cousinage à plaisanterie. Non seulement il l’avait réussi, mais mieux, sur le plan international, il avait fini par exporter ce désir de vivre en commun à travers son fameux slogan «le commun vouloir de vie commune». A l’étranger, le nom de Senghor était fortement associé au dialogue. Il parlait souvent de dialogue des cultures et des civilisations ou de civilisation universelle, de métissage, de rendez-vous du donné et du recevoir etc. Quelle que soit l’opinion que l’on pouvait se faire de Senghor, il demeure qu’il nous a laissé un pays stable, sociologiquement cohésif où régnaient la paix et la sécurité. C’est dans ce contexte qu’il avait passé le flambeau à son successeur Abdou Diouf, non sans avoir autorisé l’existence du PDS, dont le leader justement s’était présenté dans une démarche de contributions à l’œuvre du Président poète.

En exerçant le pouvoir, Abdou Diouf s’était plusieurs fois heurté à une farouche opposition de Maître Abdoulaye Wade qui le considérait quelque part comme illégitime, au regard des conditions dans lesquelles Senghor l’avait choisi pour lui succéder. Il s’en est suivi des moments épiques de confrontation, dont les solutions finissaient toujours par être trouvées, et dans bien des cas avec le concours de chefs religieux crédibles et respectés comme mon homonyme El hadj Abdoul Aziz Sy «Dabaakh», Serigne Abdoul Ahad Mbacké et tant d’autres.      

Abdou Diouf, dans de telles circonstances faisait preuve de souplesse et d’humilité, quand bien même il devait s’opposer à l’aile dure de son parti qui était toujours prête à en découdre avec Wade et ses alliés, notamment ceux de la gauche. Quelle que puisse être l’intensité des hostilités, on finissait toujours par trouver des solutions qui mettaient notre pays à l’abri des soubresauts connus ailleurs dans le continent, et dont beaucoup sont à l’origine de changements de régime violents. C’est dans cette démarche de concertation qu’à plusieurs reprises, le Président Wade et ses alliés d’alors se sont retrouvés dans des gouvernements de Abdou Diouf. Il faut dire également que le Président Diouf se faisait entourer d’un dispositif informel composé de notables respectés et de hauts fonctionnaires rompus aux techniques de négociations, dont le rôle était justement de prévenir les conflits et/ou de contribuer discrètement à leur résolution. Serigne Lamine Diop, le doyen Momar Diao, Famara Ibrahima Sagna, Cheikh Hamidou Kane, le patriarche Médoune Fall, Fara Ndiaye, entre autres se distinguaient en vrais «sapeurs-pompiers» dans des moments critiques de notre histoire politique. Je suis sûr que Abdoulaye Moctar Diop, l’actuel Grand Sergine de Dakar pourrait aisément allonger la liste de ces hommes de l’ombre. Naturellement, leur capacité à résoudre les conflits n’avait d’égal que la discrétion totale qui entourait leur démarche. Le sens de l’état pour ainsi dire, faisait partie de leur ADN. C’était bien ça, un des secrets de leur succès.

Wade a-t-il perpétué cette tradition ?

Arrivé au pouvoir, Abdoulaye Wade qu’une réputation d’homme violent avait précédé, s’était empressé de vouloir effacer cette image en embouchant la trompette du dialogue et de la concertation. Même s’il n’a pas réussi avec autant de bonheur que ses prédécesseurs, il s’était toujours autoproclamé champion des appels au dialogue avec une comptabilité au nombre de fois qu’il les avait lancés sans succès. Certains de ses poches collaborateurs en avaient fait du reste leur fonds de commerce et le socle de leur stratégie de communication. Toujours est il que s’il avait suivi la même logique de concertation, probablement qu’il aurait pu faire l’économie de la manifestation du 23 juin 2011 et celles qui l’ont précédée et qui ont conduit à sa perte du pouvoir.

Pensez-vous que le Président Sall pourrait faire autant, voire mieux que ses prédécesseurs ?

Lorsqu’on détient les reines du pouvoir, la tendance naturelle est de vouloir en user de manière absolue. Chez nous africains, cela découle de la conception même que beaucoup se font de l’autorité. Un chef ne doit souffrir d’aucune contestation. Il décide et l’on exécute. S’y ajoute que la constitution de notre pays renforce cette idée, en faisant du chef de l’état, comme disait l’autre «un monarque républicain.» Il est la clef de voûte de l’ensemble des institutions et c’est à lui de nommer aux fonctions civiles et militaires. En quelque sorte il est le distributeur des prébendes de la République. Dès lors qu’on dispose de tous ces pouvoirs, il faut s’imprégner d’une forte dose d’humilité pour se rendre à l’évidence que l’Etat ne se résume pas à sa personne. De ce point de vue, je pense que la démarche du Président Macky Sall est salutaire, parce qu’Il aura fait preuve d’une grande humilité pour se rendre à l’évidence que l’Etat ne se résume effectivement pas à sa personne.

Pensez-vous que cette concertation a des chances de réussite ?

La réussite de l’exercice qui va démarrer ne dépend pas exclusivement du pouvoir et de ses alliés. Tous les acteurs doivent y contribuer avec un esprit patriotique et républicain. Il faut que ce dialogue soit donc sincère et surtout inclusif. Si ces conditions ne sont pas remplies, nous risquons d’assister à une grand-messe, évidemment sans lendemain. Il ne faudrait pas non plus que l’activisme débordant des partis politiques sans envergure, vienne polluer le vrai sens de cet évènement. Nombre d’entre eux sont plutôt soucieux, par simple opportunisme, de se faire remarquer, et de par leur sonorité, d’apporter les gages de leur allégeance au pouvoir en place.

Comment pourrait-on en apprécier les résultats ?

Comme dans toute entreprise qu’on engage, il est impératif de définir des termes de référence et dégager les indicateurs de résultats auxquels on veut aboutir. Cependant, Il reste entendu qu’on ne saurait consigner dans ces termes de références, tout ce qui touche le fonctionnement de notre pays. Les concertations ne sauraient être considérées comme une relecture ou réécriture de notre constitution. Vouloir les considérer comme telle, est d’avance une manifestation évidente d’une volonté de les voir échouées.

Certains partis politiques ont déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas à ces concertations alors que d’autres ont donné leur aval. Qu’est que ce cela vous inspire par rapport au succès attendu de ces concertations ?

A mon avis, on ne devrait pas rejeter l’idée d’une participation sans au préalable connaître les termes de référence des concertations. On ne peut pas poser une problématique et vouloir lui trouver des solutions en dehors du cadre de discussions. Il ne faut tout de même pas perdre de vue, que c’est le Président de la République lui-même qui a initié la concertation et que c’est lui qui l’organise par le canal de son ministre de l’intérieur. A ce niveau il faut surtout éviter le piège de l’orgueil mal placé.

Justement pour les partisans du refus, la libération du Maire de Dakar doit être effective avant qu’ils n’acceptent de prendre part à la rencontre. D’abord quelle appréciation faites-vous de ce dossier ?

Lorsque la justice se saisit d’un dossier, il est un devoir pour tout citoyen justiciable de se garder de porter des jugements, voire de spéculer sur l’issue qui lui sera réservée. Cela relève même d’une question d’honnêteté intellectuelle, que de ne pas spéculer sur un dossier de justice dont on ignore assurément tous les contours. Cela dit, dans un dossier de la nature de celui du Maire de Dakar, on peut comprendre, au regard du contexte, que ses partisans puissent s’aménager des espaces où l’on peut légitimement s’interroger quant à la manière dont il est traité. De ce point de vue, le niveau d’analyse devrait être porté à mon avis, non pas sur le champ judiciaire, mais plutôt sous l’angle de l’équité dans le traitement des dossiers introduits par le parquet au niveau de nos différentes juridictions.

C’est quoi la différence ?

L’équité désigne une forme d’égalité ou de juste traitement. Elle appelle des notions de justice naturelle et d’éthique dans l’appréciation par tous et chacun de ce qui est dû à chacun. La notion d’équité appelle celles d’impartialité et de justice.

Vous parlez en connaissance de cause ?

Tout à fait ! Pour avoir été moi-même victime d’un manque criard d’équité dans le traitement des dossiers d’audit issus de la première alternance, je comprends que les partisans du Maire s’offusquent à l’idée qu’il y’a présomption d’une absence d’équité dans le traitement de ce dossier.

Pouvez-vous revenir sur cet épisode de votre feuilleton judiciaire ?

En 2001, le procureur de la République avait bouclé près d’une vingtaine de dossiers d’audit, sur lesquels seuls trois avait fait l’objet de poursuites impitoyables, pour la bonne et simple raison que les mises en cause à l’époque, avaient systématiquement refusé de transhumer en direction du camp des vainqueurs. Deux de mes collègues et moi-même furent mis en prison. Ce fut le point de départ d’un long marathon judiciaire à l’issue duquel je fus totalement blanchi au niveau de toute la chaîne de juridiction de notre pays, sans avoir eu à déposer la moindre caution. Du juge d’instruction jusqu’à la cour de cassation à l’époque, en passant par la chambre d’accusation. De ce long feuilleton judiciaire, le soutien le plus en vue que nous, les prévenus avions obtenus, venait non pas des politiques, mais surtout de la société civile, en particulier la RADDHO, dont le Président de l’époque Alioune Tine s’était illustré pour dénoncer, non pas le principe de la reddition des comptes, mais la discrimination et le caractère sélectif du choix des dossiers à diligenter. Au tribunal précisément à la cour d’appel, l’avocat général avait ébahi l’assistance en déclarant tout de go que mon dossier était tellement vide que je n’aurais même pas dû franchir l’étape du juge d’instruction, à fortiori aller en prison. Ce magistrat s’appelait Alioune Ndao, celui-là même qui a été procureur spécial près la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite, quelques années plus tard. Le courage dont il avait fait preuve, me dissuade aujourd’hui d’accréditer la thèse qui voudrait que les magistrats soient toujours à la solde du ministère public. L’évocation de ce dossier m’offre toujours l’occasion d’exprimer toute ma gratitude à mon jeune frère et ami Maître Papa Leyti Ndiaye qui m’avait accompagné dans ces moments difficiles.                                      

Pour en revenir au maire de Dakar, il est emprisonné depuis plus de 6 mois pour un délit présumé de détournement de deniers publics. Dès lors que le ministère public se saisit d’un dossier de cette nature, il est tout à fait logique donc qu’une instruction soit ouverte, pour lui permettre de se défendre avec l’assistance de ses conseils. Jusqu’ici rien d’anormal !         Mais là où l’homme de la rue s’interroge, c’est qu’au même moment où ce dossier qui porterait sur un montant inférieur à 2 milliards est traité avec autant de diligence et de célérité, la presse révèle tous les jours, sans être formellement démentie, l’existence de dossiers portant sur des montants nettement supérieurs, qui seraient issus des différents rapports d’audits de nos corps de contrôle. Ces mêmes corps de contrôle soupçonnés à tort ou à raison d’être sous anesthésie depuis un certain temps, pour éviter que des dossiers compromettants soient portés sur la place publique. Le fait que leurs rapports ne soient plus publiés à date, qu’on le veuille ou non, provoque un sentiment de scepticisme auprès des défenseurs de l’orthodoxie républicaine.

Ce qui crédite la thèse du deux poids, deux mesures défendus par les partisans de Khalifa Ababacar Sall, qui estiment qu’il ne s’agit rien d’autre que d’une cabale savamment orchestrée pour empêcher au maire de Dakar de briguer la magistrature suprême lors de la Présidentielle de 2019 ?

Des lors qu’on aborde la question sous l’angle strictement   politique, on est forcément dans l’interprétation, et par conséquent on peut se permettre d’accréditer la thèse qui va dans le sens des intérêts du moment. Par le passé il y a eu beaucoup de dossiers par rapport auxquels les interprétations ont évolué en fonction du contexte, voire de la position et des alliances des acteurs concernés.

A votre avis quelle solution le président Macky Sall devrait-il adopter, face à ce qui apparaît comme un véritable obstacle à ces concertations et notamment avec cette affaire Khalifa Sall ?

Le 19 Septembre 2012, précisément sept mois après l’installation du Président Macky Sall au pouvoir, j’avais accordé une interview au journal «l’Enquête» de mon jeune frère Mamoudou Wane, dans laquelle je disais exactement ceci :                     «La pire des situations qui puisse arriver au président Macky Sall sous son magistère, c’est de se retrouver dans des postures ambiguës où on le compare à Abdoulaye Wade». Dans la même veine je précisais «que le président de la République doit faire prévaloir la stricte application des principes et valeurs fondamentales qui guident le fonctionnement d’un Etat moderne. A savoir, mettre en avant les principes de neutralité et d’égalité envers ses concitoyens, et assurer une mutabilité, c’est-à-dire engager une série de véritables réformes qui vont marquer des ruptures salutaires par rapport au régime précédent. Il lui faut donc remettre l’Etat à l’endroit et restaurer l’orthodoxie dans l’administration publique. A cet égard, la nomination de personnes dans l’administration et ses démembrements, selon leur appartenance à un parti politique ou à des réseaux de relations, plutôt que selon leur mérite, pourrait remettre fortement en question la neutralité réelle de l’Etat envers ses propres citoyens et agents publics. Et c’est à la fois frustrant et démotivant pour les agents de l’Etat, de voir placer à la tête de leur structure des personnes sur lesquelles ils émettent des réserves fondées quant à leurs capacités à les diriger.

Pensez-vous qu’il en est arrivé à cette situation ?

A vrai dire pas encore ! Mais vous savez, je suis conseiller en organisation. Depuis plus de 30 ans, de par ma vocation, (comme du reste de par celle de mes autres collègues) je joue un rôle d’alerte et de conseil. De ce point de vue, je pense en toute modestie avoir suffisamment de recul pour dire qu’aujourd’hui plus que jamais, les populations accordent autant d’importance au bilan immatériel de leurs dirigeants qu’à celui de leurs réalisations sur le terrain. Même si ce volet est d’une extrême importance. Le Président Wade a certes réalisé des infrastructures, même si nombre d’entre nous demeurons encore dubitatifs, quant aux conditions dans lesquelles cela s’est fait. Mais ce que lui a fait perdre le pouvoir, ce qui a emmené les populations à se détourner de lui, c’était entre autres son entêtement à considérer qu’il y a personne qui compte dans ce pays, en dehors de son propre fils. Littéralement traduit du wolof, il affirmait que « les sénégalais ignorent jusqu’au menu du dîner qu’ils ont pris la veille ». Ne disait-il pas aussi qu’il pouvait même nommer son chauffeur ambassadeur ? Ignorant sans doute que si tel était le cas, ce n’est pas tous les états du monde qui seraient prêts à lui en accorder l’accréditation. Sa fameuse boutade «maa wakhone wakhête» l’aura définitivement achevé. Il avait fini par construire autour de sa personne l’image d’un chef peu respectueux à l’égard ses concitoyens et capable de reniement à tout bout de champs. Ce n’est pas rassurant ! Et ce n’est pas culturellement admis dans nos traditions. Ce bilan immatériel, il était loin de l’avoir intégré dans sa stratégie. Je n’ai pas le moindre doute que le Président Macky Sall est animé de bonne foi lorsqu’il prend certaines décisions. Mais quand, pour dans circonstances exceptionnelles il est obligé d’y renoncer, l’on semble éprouver énormément de difficultés à gommer dans la tête de l’opinion cette perception de tromperie, voire même de défi, délibérément entretenue. Et malheureusement, ses adversaires politiques ne manquent aucune occasion d’exploiter ce dysfonctionnement. Cette perception négative pourrait bien expliquer aussi, la réticence qu’ils ont à accorder du crédit à son appel au dialogue. Il arrivera un moment où ils le manifesteront avec plus d’emphase et de manière encore plus tapageuse. Dans ce dossier du maire de Dakar, la contre offensive déclenchée par ses partisans, surtout avec cette question de l’immunité parlementaire, pourrait laisser croire qu’il y a des allures de tâtonnements, voire d’improvisation. Dès lors, il appartient aux partisans du Président Macky Sall de déconstruire au plus vite cette image d’Epinal que déjà, la question de la durée de son mandat et la récente nomination de son frère à la tête de la Caisse de Dépôt et de Consignation pourrait bien avoir renforcée. 2019, c’est déjà demain.

SudOnline

 

Ouverture de l’aéroport international blaise Diagne et livraison des autoroutes en chantier : Le premier ministre presse les entreprises en charge des travaux

La livraison des différentes autoroutes en construction (Thiès-Touba, AIDB-Thiès, Sindia-Mbour) est prévue en décembre 2018. Cette échéance est trop lointaine pour le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui trouve même qu’avec l’ouverture prochaine de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIDB) de Diass, les travaux devraient aller beaucoup plus vite. Il demande même l’ouverture de l’extension vers Mbour, en avril prochain. En compagnie du ministre des Infrastructures, des Transports Terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, il a visité les chantiers des autoroutes Thiès-Touba et AIDB-Thiès avant-hier, mardi 31 octobre.

L’ouverture, le 7 décembre prochain, de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIDB) de Diass pousse les autorités à vouloir, vaille que vaille, l’achèvement des travaux des autoroutes, Mbour-Sindia, AIDB-Thiès et l’autoroute Ilaa-Touba. En visite sur les chantiers des autoroutes Thies-Touba et AIDB-Thies, avant-hier, mardi 31 octobre, le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a demandé aux différentes entreprises en charge de l’exécution des travaux de presser la pas.

«Le tronçon Sindia-Nguékhokh a commencé il y a de cela un an. Quand on est à Sindia, et on reprend la route nationale, tout le temps gagné on le perd à partir de Sindia-Mbour. Donc, le tronçon qui va sortir vers Ngaparou et Somone, il serait important de le livrer pour reprendre la route nationale à partir de Mbour. Au lieu d’attendre jusqu’à décembre 2018 pour aller à Mbour», a-t-il dit à l’équipe en charge de la réalisation de cette partie.

Pour se défendre, les responsables du projet ont insisté sur la difficulté de la traversée de Somone qui est une zone très marécageuse, disent-ils. Une difficulté qui les a poussés à faire recours à des travaux techniques.  Pis, ont-ils notifié au Premier ministre, la libération des emprises à Nguékhokh est une autre obstruction à lever pour la livraison rapide de l’ouvrage.

Pour lever ces écueils, Mahammed Boun Abdallah Dionne a dit que le décret est déjà signé et que les occupants illégaux seront déguerpis très prochainement. En dépit de ces problèmes signalés, le Premier ministre a demandé que les équipes soient multipliées, si nécessaire, pour que le tronçon soit livré en avril prochain, à la veille de la fête de l’indépendance. 

Mahammed Boun Abdallah Dionne a aussi insisté à ce que la partie de l’autoroute qui va jusqu’à Thiès soit livrée plus tôt que prévu. Il a trouvé trop long l’échéance fixée à 2018. «S’il y a un budget à mettre sur la table, il faut le signaler, a dit Mouhamad Boun Abdallah Dionne. Vous ne gérez pas des projets, mais une problématique, la mobilité», a-t-il dit. La livraison à court terme de cette partie de l’autoroute n’est pas possible à cause des mesures sécuritaires à prendre en compte et l’occupation des emprises sur cette voie, ont insisté l’Ageroute et la société chinoise en charge des travaux de ce tronçon.

LES 10 PREMIERS KILOMETRES DE ILAA TOUBA OUVERTS PENDANT LE MAGAL

Pour les besoins du Magal de Touba prévu le 8 novembre prochain, les 10 premiers kilomètres de l’autoroute Ilaa Touba seront ouverts au trafic pour les usagers, annonce le Premier ministre. L’ouverture se fera en un seul sens. Et les pèlerins qui quittent Dakar peuvent emprunter l’autoroute jusqu’au contournement de Thiès pour prendre la route nationale n°3. L’inverse sera fait au retour. 70 km de ce tronçon, long de 113 km, sont bitumés et 98% des terrassements ont été effectués. Au total, le taux d’exécution du projet est évalué à 58%.  Ilaa Touba, c’est 113 km d’autoroute à péage qui commence par la route Thies-Sindia. Elle se termine à Touba sur l’autoroute Ngabou-Touba. Elle est construite en 2 fois 2 voix extensibles à 2 fois 3 voies.

Sudonline

Conférence de presse d'UN AUTRE AVENIR

Les dirigeants d’UN AUTRE AVENIR accueillaient la Presse sénégalaise hier à Paris

Les dirigeants d’UN AUTRE AVENIR ont confirmé hier 1ernovembre à Paris la création de leur mouvement politique. Cela s’est passé dans un immeuble de l’avenue des Ternes en présence de plusieurs journalistes représentant la presse sénégalaise en France ainsi que divers dirigeants de l’opposition. L’objectif, ainsi qu’à tenu à le préciser le président Ibrahima Thiam, qui était entouré de plusieurs membres fondateurs appartenant au comité exécutif, « ne consiste pas à présenter le lancement officiel de notre mouvement qui se fera au cours du mois de janvier à Dakar car nous sommes un parti national et non celui de la diaspora.En revanche nous voulions, mes amis et moi, par un acte symbolique et médiatique prendre acte et date de notre existence au cœur de l’opposition ».Une trentaine de personnes avaient répondu présent à son invitation pour entendre un certain nombre d’explications.

Une opposition constructive

Ainsi à la question de savoir ce qu’UN AUTRE AVENIR entendait par l’expression « opposition éclairée », Ibrahima Wade le secrétaire général du mouvement a indiqué : « Nous ne voulons pas participer à une opposition stérile, négative qui consiste à critiquer systématiquement le pouvoir du président Macky Sall. Par ‘éclairée’ nous entendons une opposition constructive et pragmatique. Nous reconnaîtrons les bonnes décisions mais contesterons vigoureusement ce qui nous semblera mauvais au bon développement du Sénégal et à l’avenir des sénégalais ». En sa qualité de Vice-présidente du mouvement Fatoumata Chérif Dia a elle aussi insisté sur le fait que « A compter d’aujourd’hui nous serons une force de propositions, libre au président Macky Sall de retenir certaines de nos idées. Nous entendons être respectueux des institutions et crédibles aux yeux de nos compatriotes ».

Un mouvement de jeunesse : « Les Double A juniors »

Un peu plus tard Ibrahima Thiam à tracé les grandes lignes d’actions du mouvement dont il préside désormais aux destinées.« Nous entendons instaurer une démocratie participative dans notre pays, dans laquelle chacun aura sa place, son mot à dire. Nous souhaitons aussi associer étroitement la jeunesse au développement du Sénégal c’est pourquoi nous mettons une place une organisation qui lui soit spécialement dédiée : les « Double A juniors » où ils se reconnaîtrons et pourront partager leurs idées pour un avenir meilleur. Nous voulons également proposer au pays une nouvelle génération d’hommes et de femmes soucieux de servir le pays, tournant le dos aux pratiques claniques, à la corruption, au mauvais usage des fonds publics, aux nominations de complaisance. En cela nous restaurerons nos institutions par une moralisation de la vie politique. Nous avons devant nous un vaste chantier que j’appelle une révolution douce afin de faire entrer le Sénégal dans le 21esiècle et que celui-ci soit un modèle de gouvernance et un exemple sur le continent africain. Nous entendons apporter un nouveau souffle au pays ».

Une République exemplaire, des pratiques vertueuses

A la question d’un représentant de la presse sénégalaise : « Comment vous situez-vous par rapport à l’élection présidentielle de 2019 » les responsables d’UN AUTRE AVENIR ont été très clair : « Notre ambition première est ailleurs, elle est dans la rencontre, le rassemblement des sénégalais en dehors de tout clivage partisan, c’est d’ailleurs pourquoi nous sommes un mouvement et non un parti, même si juridiquement lorsque nous avons déposé les statuts au ministère de l’intérieur à Dakar nous avons dû officiellement le faire sous le couvert du mot « parti », l’Etat sénégalais ne reconnaissant légalement que cette appellation. Mais dans notre esprit il est clair que nous ne serons pas le 267èmeparti car nous voulons rompre radicalement avec les pratiques ancestrales de ceux-ci. Face à leur immobilisme nous opposerons le mouvement, face à leurs partisans nous opposerons le rassemblement des personnes de bonne volonté venant de tous horizons seulement préoccupées de servir leur pays et non de se servir de lui. Pour en revenir aux élections nous allons commencer par implanter des comités locaux, départementaux et régionaux dans tout le pays afin de réaliser un véritable maillage territorial de notre mouvement. Après viendra le temps des consultations électorales. Une chose est certaine, nous voulons tourner définitivement une page avec des comportements condamnables et mettre en avant des pratiques vertueuses, une République exemplaire. Les sénégalais sont prêts à cette transformation, les mentalités ont changé en profondeur et ils attendent seulement que leurs dirigeants soient des modèles, des exemples ».

Un pacte de confiance avec le peuple sénégalais

Et les trois principaux dirigeants présents, qui ont aussi profité de cette occasion pour présenter leur site internet www.autre-avenir.com, ont conclu leur intervention en demandant aux journalistes présents de leur accorder« le bénéfice du doute car si d’autres par le passé qui ont tenu parfois des propos comparables n’ont pas confirmé leur engagement nous entendons pour notre part démontrer que les promesses engagent non pas ceux qui les écoutent, comme on a trop tendance à le dire, mais ceux qui les énoncent. Nous prendrons nos responsabilités face au peuple sénégalais à qui nous présenterons un pacte de confiance et nous entendons être jugés sur nos actes et non pas nos paroles. Les mois qui viennent se chargeront de confirmer notre message d’aujourd’hui, à savoir que nous disons ce que nous ferons et que nous ferons ce que nous disons ».

UN AUTRE AVENIR

L'intellectuel a-t-il encore quelque chose à apporter au politicien? Mohamed Elarbi Nsiri

 

L'intellectuel a-t-il encore quelque chose à apporter au politicien? Mohamed Elarbi Nsiri

"Être intellectuel, c'était être un peu la conscience de tous" M Foucault


La question posée, semble appeler une réponse négative. "Non", peut déclarer tacitement les différents responsables politiques! Les causes de cette réponse négatives peuvent varier d'un parti à un autre, d'un dirigeant à un autre, d'un décideur à un autre mais elles trouvent leur origine dans la nature qui sépare le monde de l'intelligentsia du monde de la politique.
En effet, pour la plus part des activistes politiques, l'âge d'or des intellectuels ou le temps des idéologies et des "ismes" ; marxisme, socialismes, libéralisme, nationalisme, conservatisme ; est une page qui se tourne car la place se donne maintenant aux technocrates, aux gestionnaires et aux grand commis de l'appareil étatique. Engagés dans les aventures de la dialectique, les intellectuels dérangent, provoquent et défient les politiciens. Pour ces derniers, la politique moderne ne cherche pas les intellectuels et ne demande pas une réflexion épistémologique mais elle nécessite des gestionnaires avisés, des expertises éprouvées et une bonne stratégie de communication. La montée en puissance de technostructure ne fait que pousser les politiciens vers plus de pragmatisme culturel et cela veut dire vers un divorce avec le monde des intellectuels.


Au temps des opérations digitalisées et segmentées d'un haut niveau de technicité, à l'époque de la mondialisation de l'économie et du discours, quelle peut être la nécessité d'un discours compliqué et élitiste pour des politiciens qui cherchent un discours simple pour ne pas dire populiste ou semi-populiste?

Le pouvoir n'est-t-il pas le rêve caché de tous les politiciens habilités?

La majorité parlementaire n'est elle-pas le grand souci de tous les chefs des partis?

La survie politique n'est-elle pas l'objectif de tous les leaders battus dans des élections?

Mais contrairement aux politiciens, vivre n'est pas survivre pour les intellectuels. La vie humaine comporte toujours un rituel d'enterrement des souvenirs, mais, c'est un fait, on ne peut vivre sans idéal et sans idée.

La politique n'est pas seulement des chiffres, qui remplacent de plus en plus l'art de l'éloquence et la plume des érudits. Elle est aussi des principes, oh combien rares dans le monde politiciens. C'est pourquoi, politiciens, technocrates ou simples citoyens ont besoin d'un minimum de culture pour pouvoir avancer car le "cogito" accompagne toutes nos perceptions, comme Descartes et Kant l'avaient, en leur temps, remarqué. Et cela ne peut jamais être de "flatus vocis"!

À ce point, retournons la table et versons le problème: du dit, du on pense, du discours, comme disait Foucault, ou des micro-pensées, des petites perceptions comme disait Leibniz, ou de l'opinion, comme disaient Socrate et Platon, il y en a toujours. Nous vivons dans un halo, dans une haleine de discours. Si nous ne reprenons pas l'initiative d'interroger la politique et le politicien, si nous ne réfléchissons pas, et à haute voix, le sens de la politique, nous risquons de voir une politique sans éthique, ce que se produit exactement aujourd'hui.


L'homo politicus doit comprendre que le citoyen ne vit pas que de pain. Il est vrai que la stratégie du "panem et circenses" a très bien fonctionné dans l'Antiquité et chez les dictatures modernes et contemporaines mais elle ne peut pas survivre longtemps dans l'Âge des réseaux sociaux. Chaque politicien doit comprendre maintenant que la gestion des affaires courantes, les pseudos programmes partisans, est la reproduction de la vie quotidienne. Elle n'est pas innovation, ni invention. Or que voyons-nous et que lisons-nous dans les éditoriaux de nos quotidiens et de nos hebdomadaires, sinon un retour vers l'évènement politique sans soucis, sans préoccupations, sans penser à ce rôle tant capital de l'homo intellectus.


Michel Foucault à très bien compris cette équation en disant "Être intellectuel, c'était être un peu la conscience de tous". Oui, je pense, et nous pensons, qu'il y a toujours quelque chose à dire, qu'il y a des problèmes à élucider et qu'il y une vérité à rechercher. Or, s'il s'agit de répéter ad nauseam les anciennes problématiques, l'intellectuel doit passer la main à un autre plus jeune et laisser la parole à autre plus habilité parce que la réflexion intellectuelle doit suivre la réalité de sa société.


Autrement dit, la société en tant que corps vivant a besoin d'un temps de la réflexion qui, nécessairement, est intellectuel, même s'il doit être accompli, dans certains cas, non par quelques-uns, mais par un débat commun. Dans ce cas, les intellectuels peuvent dire beaucoup de chose aux politiciens: Nietzche l'a fait en Allemagne, Aron en France, Eco en Italie, Lewis aux États-Unis. Tous, ils ont enrichi, guidé, orienté, à leur manière, le débat publique dans leurs pays. Car ils ont compris que la modernité politique, ce que nous appelons avec beaucoup de facilité la démocratie, ne vient nullement des chambres fermées des décideurs. Elle trouve ses sources chez les penseurs de l'Âge classique, de la Renaissance et du siècle des Lumières. Descartes et Leibniz n'ont-ils pas réussi à définir mieux que tout autre politicien la modernité politique? La République et le droit politique républicain ne sont-ils pas le produit d'une intelligentsia bourgeoise?
La fausse démarche est d'estimer que tout vient des décideurs (Présidents, ministres, parlementaires...) comme si les intellectuels n'ont pas pris la parole pour protester et pour condamner une réalité stagnante. La "mezo voce" des politiciens n'est ainsi qu'une fausse fenêtre.


Une investigation philosophico-historique est nécessaire pour envisager de régler les problèmes qui nous sont posés. La Cité républicaine a besoin de respirer loin de l'hypocrisie parfois criminelle des politiciens. Le changement est-il possible? La Cité platonicienne est-elle réalisable? Sommes-nous prêts à comprendre que l'intellectuel ne fait pas partie de l'accessoire du débat politique? Beaucoup de questions qui attendent des réponses. Espérant qu'elles arrivent au bon moment!


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