Ibrahima Thiam, candidat déclaré à l’élection présidentielle 2019, vient de publier un livre-programme dans lequel il dresse un diagnostic sans complaisance de la situation économique du Sénégal. Ichrono vous dévoile les bonnes feuilles de ce livre, distribué par Amazon, Fnac et les plateformes numériques. 

 

« L’Afrique produit toujours quelque chose de nouveau. » « Out of Africa always something new. »

 

En février 2019, les électeurs sénégalais auront à choisir leur futur président de la République. Le chef d’État actuel, Macky Sall, est candidat à sa propre succession, mais outre que le pays éprouve un besoin de changement, en particulier au niveau de ses dirigeants, je considère que sa réélection serait une mauvaise chose pour le Sénégal. J’aurai l’occasion de m’en expliquer largement dans les pages qui suivent.

C’est pour cette raison qu’en septembre 2017, avec des compatriotes, j’ai décidé de créer un mouvement, et non un énième parti politique, dénommé Un Autre Avenir. Le choix de ce titre en dit long sur notre objectif et ma volonté d’offrir aux Sénégalaises et aux Sénégalais un futur différent de celui auquel ils sont promis avec l’équipe actuellement au pouvoir. Il n’a pas été choisi à la légère, car il porte en lui les germes de l’espérance pour notre peuple et en particulier les plus jeunes d’entre nous. La génération des quinze, vingt ans, voit son horizon bouché, sans perspectives personnelle et professionnelle. Elle est désenchantée, frustrée, ne voyant aucune solution réelle se dessiner pour les prochaines décennies. Mais à la différence de leurs aînés, les jeunes des années 2020 n’entendent pas se résigner, ne veulent pas sombrer dans le fatalisme.

La télévision, internet, les réseaux sociaux, les voyages, leur permettent aujourd’hui d’être connectés quotidiennement, heure par heure, avec l’ensemble des pays qui composent la planète. Ils n’ignorent rien des difficultés politiques, économiques, sociales, climatiques, auxquelles sont confrontées de nombreuses nations. Ils voient sur les écrans de leur tablette, de leur smartphone, de leur portable les images terribles engendrées par la guerre, la famine, les catastrophes naturelles. Et comme beaucoup ils compatissent aux malheurs du monde, car la jeunesse est naturellement, je dirai instinctivement, généreuse. L’égoïsme sera pour plus tard, s’il survient un jour.

Mais constater qu’autour de soi, à proximité ou de façon éloignée, des gens souffrent n’a jamais été d’un grand réconfort. Mes compatriotes sénégalais sont des gens dignes et n’exposent pas au grand jour les misères dont ils sont victimes. Ils les dissimulent soigneusement. C’est leur richesse que de savoir cacher la pauvreté, de masquer la dureté des épreuves qu’ils rencontrent et s’efforcent de surmonter au jour le jour. Mais ce n’est pas pour autant qu’intérieurement ils ne ressentent pas un profond désarroi.

Dans le chapitre précédent, je faisais allusion à cette vie qui ressemble parfois à la jungle, mais il ne faut jamais oublier que dans cette jungle tous n’ont pas vocation à être des lions, et il faut donc être attentif aux personnes les plus fragiles de la société, à celles qui vivent dans la misère ou la précarité.

Lorsqu’on est soucieux du bien-être de son peuple on ne doit négliger personne, et encore moins ceux que la vie n’a pas favorisés. Personne ne doit être oublié sur le bord de la route. Tous les êtres humains, en particulier les plus pauvres, se valent et méritent notre soutien et notre bienveillance.

La vraie richesse est celle du cœur et de l’esprit, et non pas celle de son compte en banque.

Car si nous n’y prenons garde, les désillusions peuvent nourrir la révolte. L’histoire est pleine d’exemples et je ne souhaite pas que mon pays y succombe un jour. Un peuple sans espérance est un peuple qui se meurt, même s’il meurt debout.

Nous assistons déjà depuis quelques années à des soubresauts inquiétants avec l’exil d’une partie de notre jeunesse désireuse d’accéder à un avenir meilleur. Combien de nos jeunes ont tragiquement trouvé la mort en traversant le Sahel ?

Le problème de l’émigration d’une partie de nos concitoyens est devenu de plus en plus aigu au fil des années, pour devenir dramatique ces derniers temps. Les candidats au départ sont de plus en plus nombreux, même s’ils ne constituent pas ces hordes que l’Occident, l’Europe en particulier, se plaît à décrire à longueur de journaux télévisés.

Qui sont-ils, ces compatriotes attirés par la promesse de lendemains qui chantent, de jours meilleurs, d’un nouvel Eldorado ? Principalement des hommes, plus rarement des femmes. La plupart sont audacieux, car il leur faut du courage pour tout laisser derrière eux, abandonner les leurs et affronter les dangers de la route et de la traversée en mer. Ils sont ambitieux, car c’est parce qu’ils sentent qu’en restant au pays leur ambition est brimée qu’ils décident un beau jour de franchir le Rubicon, de sauter le pas.

Certains sont désespérés, sachant qu’ils n’ont plus rien à perdre, que la vie ne leur offre aucun avenir, ni familial, ni professionnel, ni patrimonial. Ils se sentent bannis, exclus dans leur propre patrie. Ils aspirent à plus de liberté. Il y a aussi des rêveurs qui imaginent leur existence comme un conte de fées et la vivent par procuration dans leur tête.

Alors un beau jour, nantis de leur baluchon et d’un pactole qu’ils ont laborieusement accumulé durant des mois, voire des années, en sollicitant la famille, des amis, ils partent pour l’aventure. Ils savent que le chemin sera long, difficile, semé d’embûches, qu’ils risquent leur vie à tout moment lors de la traversée de certains pays, victimes de pillards, de bandes qui les rançonneront. Nombre d’entre eux n’atteindront jamais la terre promise et leur cadavre, dépouillé de tout, finira dans quelque décharge, parmi les chiens errants à la carcasse famélique, avec les ordures pour seule sépulture.

D’autres connaîtront un sort comparable un peu plus loin, victimes de brigands qui les vendront pour quelques centaines d’euros à des marchands sans scrupule qui les réduiront à l’état d’esclave. Les plus chanceux parviendront peut-être à se libérer de leur chaîne au bout de plusieurs semaines, de quelques mois. Ce sera alors pour mieux se faire rançonner par des mafias de passeurs qui leur extorqueront leur maigre écot pour une traversée de la Méditerranée, mer de tous les dangers. Des dizaines de milliards sont générés par ce trafic négrier pour des milliers de morts noyés en Méditerranée.

Combien d’embarcations de fortune atteindront le rivage italien ? Avec combien de survivants à bord ? Pour nombre d’entre eux, la mer sera leur tombeau. Restera alors les autres, les survivants d’une épopée inhumaine aux allures parfois dantesques.

Stefan Zweig a écrit : « Rien peut-être ne rend plus sensible le formidable recul qu’a subi le monde depuis la Première Guerre mondiale que les restrictions apportées à la liberté […] des hommes. […] Avant 1914, la terre avait appartenu à tous les hommes. Chacun allait où il voulait et y demeurait aussi longtemps qu’il lui plaisait. » L’humanité vivait alors sans passeport, un papier que les hommes ont inventé à l’occasion de la Première Guerre mondiale en s’engageant à le supprimer sitôt la paix revenue.

Cette promesse fut longtemps débattue, à la Société des Nations puis à l’ONU, avant d’être définitivement enterrée dans les années soixante. La libre circulation des hommes, ce droit fondamental, historique, millénaire, est devenue depuis une cinquantaine d’années une utopie. Et pourtant le nombre de migrants sur la planète est relativement stable, environ 3 % de la population mondiale, soit trois fois moins qu’au xixe siècle. 

Paradoxalement, à l’heure où, dans une société mondialisée, tout circule plus vite et plus loin, l’argent, l’information, l’énergie, la culture, etc., l’homme seul connaît un frein à la circulation.

Ce problème de l’émigration sera à n’en pas douter un des grands enjeux du xxie siècle, et son traitement ne sera possible que si tous les acteurs se réunissent autour d’une table et unissent leur action, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée, faute de quoi nous assisterons, impuissants, à la multiplication de drames insoutenables.

Comment peut-on rester insensible face à une telle situation, à un spectacle aussi inhumain, douloureux ? Comment peut-on accepter que nos enfants, privés d’espoir, paient un aussi lourd tribut à l’échec des politiques conduites depuis des années par des dirigeants cupides, corrompus, plus soucieux de « se servir » que de servir le pays ?

Leur sang, qui est le nôtre, a trop irrigué les routes, les fleuves, la mer avant que leur cadavre ne se dessèche au soleil ou soit immergé dans les profondeurs bleutées de la Méditerranée.

Le Sénégal, longtemps présenté comme le phare démocratique et la réussite économique de l’Afrique, a vu progressivement au fil des années sa lumière pâlir et son développement se ralentir. Et pourtant, le pays dispose d’énormes richesses naturelles qui, exploitées intelligemment, pourraient garantir un niveau de vie, un pouvoir d’achat à la population sénégalaise. Nos jeunes ont en effet démontré leur capacité d’adaptation, d’imagination, de créativité dans de nombreux domaines : culturels, industriels, artisanaux pour ne citer que ceux-là. D’autres, après de brillantes études dans des universités africaines, européennes et américaines, ont été admis au sein de l’élite intellectuelle internationale et occupent aujourd’hui des emplois prometteurs dans les domaines scientifiques, diplomatiques, financiers, économiques.

Autant dire que le Sénégal possède en lui toutes les qualités et les ressources pour offrir à ses enfants l’avenir qu’ils méritent. Et pourtant, que voyons-nous autour de nous ? De l’anxiété, des doutes, de la colère qui monte. Les personnes les plus fragiles de la société ont le sentiment d’avoir été oubliées, délaissées, abandonnées au bord du chemin. D’autres souffrent cruellement d’inégalité, de discrimination, d’absence de toute solidarité. Or, une nation est « une et indivisible » et chacun doit pouvoir bénéficier des mêmes droits, au même titre qu’il a des devoirs envers la collectivité. Les uns et les autres doivent aussi prétendre vivre en sécurité.

Le Sénégal est l’héritier d’une longue histoire. Nos prédécesseurs ont, au cours des siècles précédents, façonné le pays sous l’influence de Cheikh Ahmadou Bamba et de Maodo Malick, deux illustres guides religieux. Ils ont ouvert la voie et nous ont laissé le pays ; à charge pour nous de faire fructifier cet héritage pour les générations suivantes. Il en va du devoir des hommes politiques qui prétendent le diriger. Parmi les grands chantiers auxquels le futur chef de l’État sera confronté il y a, au-delà de la moralisation de notre vie politique et publique, de la reconnaissance du pluralisme, signe de vitalité démocratique, l’administration résolue des grands dossiers que sont l’éducation, la santé, la justice, la culture, l’environnement, la révolution numérique, les transports, pour n’en citer que quelques-uns.

Tout cela ne sera pas le fait d’un homme seul, fut-il président de la République, pas plus que de son gouvernement. Les Sénégalais dans leur ensemble doivent contribuer à ce nouveau souffle que j’appelle de mes vœux. Avec eux tout est possible, sans eux rien n’est envisageable. Pour cela nos compatriotes, hommes et femmes, jeunes comme adultes, doivent renouer avec l’optimisme, se rassembler de façon déterminée en dehors des clivages partisans et dans un souci humaniste.

Pour ma part je serai au service de tous, j’agirai avec détermination, humilité et dévouement, dans le respect de chacun, et je ne me laisserai arrêter par aucun obstacle et intimider par personne. J’en prends ici l’engagement, car je n’ai d’autre désir que d’être utile à mon pays et d’agir pour que chacun et chacune d’entre vous ait foi demain dans sa vie personnelle, familiale et professionnelle. C’est pourquoi je ne vous ferai pas de promesses, trop souvent fallacieuses, car chacun sait qu’elles n’engagent que ceux et celles qui les écoutent. Elles représentent trop souvent un catalogue d’espoirs déçus. Je me contenterai de vous proposer un chemin et de vous inviter à voyager ensemble durant le temps du quinquennat.

Et si, parce qu’il s’agira d’une décision issue du suffrage universel, vous m’élisez en février prochain, je prends d’ores et déjà l’engagement de m’interdire d’effectuer plus de deux mandats si les urnes m’étaient de nouveau favorables en 2024.

Sans chercher par un subterfuge quelconque, par exemple une modification de la constitution, à revenir sur cet engagement.

Nos dirigeants passés et actuels ont en effet eu trop tendance à confisquer le pouvoir, à vouloir se maintenir coûte que coûte aux responsabilités. Je soupçonne même certains d’avoir rêvé d’être « président à vie ». La tentation est grande en effet pour certains autocrates de vouloir « régner » plus que de « gérer » les affaires d’un pays.

Ce sont là des mœurs, des pratiques, d’un autre âge.

On a vu en effet trop de chefs d’État, à peine élus, avoir comme obsession leur réélection. Cela nuit gravement à une bonne gouvernance et aux règles d’alternance indispensables dans toute bonne démocratie.

 

L’émergence en question

 

Peu après son élection en 2012, Macky Sall a lancé son « Plan Sénégal émergent » avec un objectif : atteindre cette émergence d’ici 2035. On est loin d’atteindre ce but. La croissance est loin d’être suffisante pour faire reculer la pauvreté : plus de 54 % de nos compatriotes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté ; l’emploi, telle l’Arlésienne, se fait attendre alors que chaque année, ce sont plus de deux cent mille nouveaux arrivants qui sont enregistrés sur le marché du travail.

Or, ce n’est pas le rôle du secteur public de pourvoir à l’essentiel des embauches, mais force est de constater que le secteur privé, sur ces deux cent mille, n’en recrute que le tiers. Ainsi les PME, qui constituent 90 % de nos entreprises, ne contribuent qu’à hauteur de 30 % en matière de création d’emplois. C’est très largement insuffisant.

Certes la croissance sénégalaise a, au cours des trois dernières années, dépassé annuellement 6 %, mais le compte n’y est pas et pour créer les emplois correspondant à l’afflux des jeunes sur le marché du travail, il faudrait que celle-ci soit entre 7 et 8 %. J’ai le regret de dire que nous faisons moins bien que les pays subsahariens comparables. Rappelons aussi que 45 % de notre population a moins de quatorze ans, ce qui est un facteur d’espoir mais aussi une lourde responsabilité.

Récemment vingt-cinq chercheurs, venus de tous horizons académiques et politiques, ont passé au crible le fameux « Plan Sénégal émergent », et leur constat est loin d’être positif. Pour leur rapport, intitulé « La course à la nouvelle frontière des revenus », ils ont systématiquement comparé les données sénégalaises avec celles des champions africains que sont notamment le Kenya, qui a massivement investi dans l’énergie et l’agroalimentaire, l’île Maurice, dont on ne compte plus les innovations dans divers domaines, le Nigeria, le Cap-Vert, mais aussi l’Angola, qui a révolutionné le commerce de proximité, l’Éthiopie, le Ghana, le Mozambique, le Rwanda ou encore les Seychelles. Et les chercheurs de mettre le doigt sur les faiblesses de la politique industrielle, agricole. Ils indiquent aussi que le climat des affaires n’est pas propice à une diversification de l’économie dans les domaines du tourisme, de la pêche et de l’horticulture.

Plus grave, selon eux si le Sénégal continue à emprunter au rythme actuel, son taux d’endettement, qui atteint 59,3 % de son produit intérieur brut (PIB), dépassera les 107 % en 2020, c’est-à-dire dans deux ans.

Résultat, les chercheurs en arrivent à préconiser des mesures qui ressemblent beaucoup aux recommandations du FMI et de la Banque mondiale, ce qui est pour le moins inquiétant.

Comme les experts de l’Union africaine, je considère que nous devons être prudents en matière d’endettement, car ce sont les générations suivantes qui en supporteront le coût. La lutte contre la pauvreté ne pourra d’ailleurs se faire sans un assainissement de nos finances publiques et du système bancaire et par une meilleure collecte des impôts.

Il faudra bien aussi parler un jour de la croissance démographique, qui au Sénégal se situe à environ 3 % annuellement. C’est un sujet tabou dont personne ne veut parler, car le contrôle des naissances est politiquement incorrect dans de nombreux pays subsahariens.

En clair, plutôt que vingt-sept projets d’investissement retenus par le « Plan Sénégal émergent », il aurait été préférable d’en limiter le nombre au profit de certains, plus pertinents. Cela aurait sans doute donné plus de lisibilité aux onze réformes, depuis la gouvernance jusqu’à la protection sociale, qui ont été conduites depuis 2012.

 

Diamniadio, le miroir aux alouettes ?

 

Ne dit-on pas que l’enfer est peuplé de bonnes intentions ? Le pôle urbain de Diamniadio est une de celles-là. Il s’agit là d’un des projets phares du PSE établi à partir du constat que le développement de Dakar était arrivé au bord de l’explosion. Et aussi que la capitale enregistrait un sérieux déficit de logements, environ cent cinquante mille selon le ministère du Renouveau urbain.

L’idée était donc louable, la réalisation l’est moins. À l’origine, le projet consistait à créer quarante mille logements, maisons et appartements, pouvant accueillir trois cent mille habitants.

En visitant le vaste chantier, l’étranger a presque le sentiment de se retrouver à Dubaï, mais très vite on s’aperçoit qu’on est plus proche du village Potemkine, du nom de ce ministre russe qui, en 1787, avait érigé des façades en carton-pâte afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée.

Certes, certains ouvrages sont somptueux, mais on a très vite le sentiment que ce pôle urbain a été pensé au mépris des populations autochtones. Ce qui fait qu’à côté d’une ville de haut standing, avec des hôtels 5 étoiles, des terrains de golf et des bâtiments administratifs, on trouve une ville pauvre avec ses rues en latérite et ses maisons en zinc.

Plus grave est le choix de l’emplacement de ce pôle urbain. Sa proximité avec Dakar donne le sentiment qu’il n’est qu’une excroissance de la capitale. Il n’y a pratiquement pas de rupture de continuité urbaine entre le centre-ville de Dakar et Diamniadio. On aurait voulu étouffer davantage la capitale qu’on n’aurait pas pu faire mieux.

On dirait que les promoteurs de ce projet ont oublié qu’avec Dakar, un quart de la population sénégalaise vit sur seulement 0,57 % du territoire national.

On peut d’ores et déjà s’attendre à de gigantesques embouteillages à la sortie de Dakar, et ce n’est là qu’un inconvénient mineur, mais qui posera pourtant bien des tracas aux automobilistes.

Il me faudrait aussi parler de la qualité du sol, jugé instable, qui exige des équipements particuliers et une technicité complexe, donc coûteuse, pour ériger des bâtiments en hauteur en toute sécurité.

Par ailleurs, du fait même du caractère pharaonique du projet, qu’on pourrait qualifier de folie des grandeurs, on risque de faire demain de Diamniadio un ghetto réservé aux riches. Loin de la mixité sociale qui aurait été souhaitable, on a, au contraire, provoqué une forme de ségrégation, les pauvres s’en trouvant de factoexclus en raison des prix pratiqués.

En raison de leur coût, les logements sont en effet inaccessibles à la population moyenne, et ne parlons pas des couches défavorisées, ce qui est socialement profondément injuste.

Quand on connaît le revenu moyen au Sénégal, il y a quelque part de la démesure dans ces gratte-ciels, ces équipements de dernière génération, je dirais même de la provocation.

Il reste à espérer que Diamniadio ne se révélera pas à l’avenir un de ces « éléphants blancs » dont notre continent est familier, à savoir des projets sans lendemain, non aboutis.

Certes, il était urgent et essentiel de trouver une solution à la métropolisation grandissante de Dakar, à la disparition de ses espaces verts, à l’avancement de la mer. La capitale n’en peut plus de sa centrale à charbon, de sa cimenterie et de certaines industries polluantes néfastes à l’environnement qui font que la ville connaît le plus fort taux de tuberculeux au Sénégal.

Malheureusement, non loin de Diamniadio les règles ne sont pas davantage respectées, qu’il s’agisse de la forêt de Sebikotane ou de la zone maraîchère de Lendeng, de la cité Tobago ou encore du littoral et de la bande des Filaos.

Il y a tout lieu de craindre que ce nouveau pôle urbain soit le miroir aux alouettes de Macky Sall et, plutôt que de se lancer dans une telle aventure peut-être aurait-il mieux valu renforcer le rôle des villes secondaires, mais c’est là une autre histoire. Celle d’une véritable politique d’aménagement du territoire, une planification nationale où Diamniadio n’aurait pas eu sa place.

Il y a eu trop souvent par le passé des opérations, destinées à satisfaire l’ego de dirigeants en mal de laisser leur nom à la postérité, qui se sont révélées de véritables fiascos. Des opérations qui, au final, ont été une véritable gabegie pour le trésor et l’économie sénégalais.

Le chef de l’État, mais aussi les ministres ainsi que les hauts fonctionnaires, a le devoir d’être scrupuleux quant à l’emploi de l’argent des contribuables.

 

vendredi, 07 décembre 2018 17:17

Franc CFA, DSK le retour !

L’homme se faisait discret ces derniers temps et on n’entendait plus guère parler de lui, et voilà qu’il réapparaît là où ne l’attendait pas forcément : dans un débat sur la zone franc et le fonctionnement du franc CFA. Et pour cela l’ancien patron du FMI a choisi, cela ne s’invente pas un vendredi 13. Celui du mois de novembre.

Son intervention a pris la forme d’un rapport d’une trentaine de pages sous la forme d’une plaidoirie en faveur d’une transformation d’un franc CFA dont le fonctionnement actuel « fragilise les économies de la région ». Que ne l’a-t-il pas dit plus tôt ? Pourquoi avoir attendu autant de temps pour nous éclairer de ses lumières ?

Il est vrai que depuis sa « nuit américaine » DSK s’est reconverti dans le conseil aux gouvernements africains, en particulier celui du Congo Brazzaville. Ceci explique cela.

Son analyse toutefois est ambigüe car si d’un côté il estime que « si le problème politique du franc CFA devient de plus en plus sensible, la « Zone franc peut se vanter d’une bonne performance au niveau macroéconomique grâce à la garantie dont elle bénéficie ». On ne savait pas l’ex-directeur général du Fonds Monétaire International normand : « pt’être ben que oui, pt’être ben que non ».

Evidemment, s’agissant de l’aspect politique « le doute identitaire au sein d’une Afrique dont le rapport au passé colonial est particulièrement complexe » est relevé par Dominique Strauss-Kahn. Il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour savoir cela et en la matière sa lumière est un peu blafarde. 

La question de la parité et sa quasi-impossibilité à la modifier est plus intéressante. De même que le risque financier assumé par la France, seul pays à le faire, alors que l’avantage de la parité fixe CFA-Euro profite aux autres pays de la zone Euro. L’ancien ministre de l’Economie attend donc d’une réforme du franc CFA qu’elle ne soit pas « cosmétique » et suppose une refonte en profondeur de la Zone franc. Notamment la réattribution des sièges de la France au sein des banques centrales africaines à des administrateurs internationaux indépendants et l’ancrage à un panier de monnaies plutôt qu’à l’euro.

Pour le grand gourou de la finance, la réussite d’une telle transformation passe par un dialogue approfondi avec les autorités africaines, une meilleure association des partenaires européens et une promotion de la coopération entre la Banque Centrale Européenne et les banques centrales africaines.

Comme dirait l’autre, « Y’a qu’a ! », traduction : Plus facile à dire qu’à faire.

Le directeur de la publication de Ichrono.

C’est sous une forte escorte policière que l’opposition réunie sur la bannière du Front démocratique et social de résistance nationale a marché hier, jeudi 29 novembre 2018, de la place de l’Obélisque au rond-point de la RTS. Les principales doléances de l’opposition sont relatives au contrôle du fichier électoral,  à la dénonciation du parrainage, à la requête de « Monsieur Elections » pour le scrutin présidentiel entre autres.

C’est avec une forte mobilisation constituée principalement de jeunes que l’opposition a battu le macadam à Dakar hier, jeudi 29 novembre 2018. La manifestation était assez hétéroclite avec les diverses effigies de leaders politiques représentés, marquée cependant par une forte présence des Karimistes. Du coup, le candidat en exil du Pds Karim Wade était l’absent le plus présent, sur le fait des nombreuses pancartes et des photographies empreintes de clichés et d’effigies où on pourrait lire par exemple « Karim président 2019 ». Les jeunes venus massivement avec une forte présence des femmes sont ont tenu à manifester pour la libération de leur candidat et le « respect des droits de Karim Wade » d’une part. Tout en exigeant d’autre part la « libération du député Khalifa Sall ». De la place de l’Obélisque au rond-point de la RTS, les membres de l’opposition ont ainsi bravé le régime du président Macky Sall accusé de tous les maux du Sénégal. Dans leurs différentes interventions, les leaders de l’opposition présents à la marche sont tous revenus sur l’importance de permettre à l’opposition « d’auditer et d’accéder au fichier électoral ». Qui plus est, le régime de Macky Sall a été invité par ses opposants à arrêter ce qu’ils appellent le « bradage des ressources naturelles par des contrats nébuleux». A la fin de la marche, l’opposition s’est donné rendez-vous pour une autre manifestation, le jeudi 6 décembre, mais cette fois devant le ministère de l’Intérieur. 

REACTIONS...

OUMAR SARR, SGN ADJOINT DU PDS : «Nous menons un combat pour une élection transparente où on n’élimine pas des candidats»

La prochaine étape sera la manifestation devant le ministère de l’Intérieur. Suivant la réaction du gouvernement, nous allons nous organiser autrement. S’ils n’acceptent pas ces manifestations qui sont des manifestations légales permises par la Constitution, il y aura probablement des débordements, il y aura toutes sortes de combat y compris des combats de rue. Nous ne voulons pas cela, c’est pourquoi nous faisons des manifestations calmes dans la paix. Nous espérons que le gouvernement va nous entendre et va autoriser les autres manifestations. Nous voulons simplement que le peuple sénégalais nous entende, que Macky Sall nous écoute, que la communauté internationale sache que nous menons un combat légal et légaliste, un combat pour une élection transparente où on n’élimine pas des candidats par des coups de loi. Nous voulons vraiment une élection dans laquelle tout le monde sera gagnant.

DETHIE FALL, DEPUTE ET VICE-PRÉSIDENT DE REWMI : «Hors de question de suivre Macky Sall dans un processus électoral piégé de bout en bout»

Nous allons vigoureusement nous opposer aux pratiques antidémocratiques du président Macky Sall. Comment candidat à la candidature comme les autres, il peut se permette d’être le seul à disposer du bon fichier électoral, de pouvoir en soustraire et en ajouter qui il veut ? Pourquoi insiste-t-il à vouloir faire organiser les élections par un de ses militants ? C’est inacceptable. Macky n’écoute plus, il est obnubilé par un deuxième mandat. Nous lui opposerons la résistance nécessaire. Il n’a qu’à libérer les otages politiques Khalifa Ababacar Sall, Karim Wade et prendre toutes les dispositions pour leur participation à l’élection présidentielle. Il a choisi d’installer le pays dans une instabilité et nous le tiendrons responsable de tout ce qui se passera au Sénégal d’ici la présidentielle. Il est hors de question de le suivre, sans rien faire, dans un processus électoral piégé de bout en bout. Nous allons nous battre pour notre démocratie qu’il a opté d’affaiblir. Les Sénégalais ne veulent plus de lui, Il n’a qu’à préparer son départ.  

Sudonline

Les députés de l’opposition n’ont pas été tendres envers le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, lors de son passage à l’hémicycle hier, jeudi 29 novembre. En effet, dans leurs prises de parole, ces parlementaires ont multiplié les attaques contre le ministre en question, respectivement sur les cas Khalifa Sall et Karim Wade, sur le fonctionnement de la justice et sur son engagement politique.

La parlementaire libérale Sokhna Dieng Mbacké a été la première à dénigrer la gestion des droits et libertés dans le pays. A son avis, dire que le Sénégal respecte les droits de l’homme ne correspond pas à la réalité. Elle en veut pour preuve le fait que les recommandations de l’Organisation de Nations Unies et celles de la Communauté économique et monétaire ouest-africaine (Cedeao) ne sont pas appliquées.  Pis, pour le député, les Sénégalais ont l’impression d’être dans une république où les droits ne sont pas respectés. Pour autant, elle s’est demandé comment le Sénégal pourra présider le conseil des droits de l’homme des Nations Unies en janvier prochain alors qu’il n’est pas respectueux de ses recommandations. Marie Sow Ndiaye du Parti démocratique sénégalais (Pds), quant à  elle,  évoque un reniement par le Garde des Sceaux de ses convictions antérieures. Aussi juge-t-elle que les enseignements d’Ismaïla Madior Fall en tant que professeur de droit à l’université Cheikh Anta Diop ne sont plus conformes à ses actes. Mary Sow Ndiaye arguera par ailleurs par que le Garde des Sceaux est responsable de l’impopularité du régime actuel.

Enfonçant le clou, le député Aboubacar Thiaw s’est voulu ironique pour indexer Ismaila Madior Fall. « Je connais un brillant professeur qui se prêtait aisément à ce jeu d’équilibre pour la justice, en tout cas du moins théoriquement. Mais une fois devenu ministre de la Justice, il peine à dire en matière de droit la vérité, toute la vérité et rien que la vérité », a-t-il estimé. Aboubacar Thiaw dira en outre qu’il n’y a plus de justice au Sénégal et que tous les cas d’injustice servent à couvrir et à renforcer un régime totalement aux abois. Pour sa part, dénonçant un traitement sélectif dans les affaires de Khalifa Sall et de Karim Wade, la parlementaire Woré Sarr a jeté l’anathème sur une justice dite sélective. Selon elle, ces deux personnes condamnées n’ont pas fait pire qu’Alioune Sall qui a le contrôle de la Caisse de dépôt et des consignations, quoiqu’il ait été épinglé par l’Ofnac. Et de poursuivre : « La justice sélective se vérifie aussi par le traitement réservé à l’affaire du Prodac qui met en cause le ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang».

Abondant dans la même dynamique,  le député de la diaspora Mame Diarra Fam trouve en ce qui la concerne que le Garde des Sceaux n’a une autre mission que de « tripatouiller, de gommer, serrer et d’effacer les lois ».  « Pour un professeur de votre trempe, respecté, ce n’est pas normal qu’on vous fasse déchirer, tailler, gommer», a-t-elle dit. Quid de Mamadou Diop Decroix ? Le député de l’opposition et leader d’And-Jef s’est tout simplement demandé si Ismaila Madior Fall est resté un professeur de droit. « Vous ne gérez plus la justice. Vous gérez la politique de l’Apr. Vous êtes un politicien. J’avais énormément de respect pour vous, mais je suis déçu », a-t-il déclaré. Parlant de l’engagement politique du Garde des Sceaux, le parlementaire a jugé qu’il est dans un domaine qu’il ne maitrise pas, raison pour laquelle il fait de nombreuses erreurs. Concluant les diatribes contre Ismaila Mador Fall, Cheikh Bamba Dièye du Fsd/Bj a dénoncé pour sa part « des décisions de justice partielles avec des détournements qui sont restés impunis pour la simple raison que leurs auteurs sont proches du camp présidentiel ».

LE MINISTRE DE LA JUSTICE SUR SON ENGAGEMENT ET SUR LE PARRAINAGE : «Je suis fier…du parrainage. Le Sénégal va organiser une présidentielle et les candidats ne seront pas nombreux»

« Je tiens à rassurer que je suis toujours professeur. Je suis fier des milliers de Sénégalais pour lesquels j’ai contribué à la formation.  Je suis fier  de la trentaine de docteurs que j’ai formés au Sénégal et en Afrique.  Je suis fier du nombre d’agrégés en droit et en science politique que j’ai formés.  Et je suis fier aujourd’hui d’être le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et d’être à côté d’un président réformateur de notre génération…Je n’ai rien gagné avec la fonction de ministre du point de vue matériel. Tout ce que j’ai comme ministre, je l’avais avant dee l’être... Je  ne suis pas venu pour des conditions matérielles. Je suis venu parce que j’ai l’honneur d’avoir été appelé par un président jeune et réformateur. Depuis que je suis avec le président, je suis fier de tout ce que nous avons accompli ensemble. Je suis fier d’avoir participé au parrainage. Le Sénégal va en 2019 organiser une présidentielle et les candidats ne seront pas nombreux parce que ceux qui ne représentent absolument rien ne pourront pas être candidats ». 

Ismaïla Madior Fall recadre le débat

Attaqué de toutes parts par les députés de l’opposition lors de son passage devant l’Assemblée nationale hier, jeudi 29 novembre 2018, Ismaila Madior  Fall n’a pas mis de gants pour porter la réplique. De son engagement politique aux accusations de non-indépendance de la justice en passant par les cas Khalifa Sall et Karim Wade, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, s’est voulu explicite envers ses détracteurs.

Ismaila Madior Fall est formel.

Répliquant hier, jeudi, lors du vote du budget de son ministère à l’Assemblée nationale, aux critiques de l’opposition sur le fonctionnement de la justice, le Garde des Sceaux a tenu à préciser que « La tendance, c’est de réduire la justice à deux cas d’affaires ordinaires dans lesquelles sont impliqués deux hommes politiques. On égare les décisions qui sont rendues. On les politise, on caricature et après, on veut faire croire aux Sénégalais que c’est ça la justice». Et d’arguer dans la foulée : « La justice a un caractère multidimensionnel qu’on ne peut pas réduire à deux cas d’affaire pénale. La justice n’a aucun problème. Dans tous les tribunaux, les juges font leur travail. Si la justice avait un problème, les Sénégalais lui auraient tourné le dos. Les Sénégalais n’ont pas de problèmes avec la justice. Ce sont deux individus qui ont des problèmes avec elle parce qu’ils  sont impliqués dans des contentieux ordinaires et qui ont été condamnés ». Et le ministre de la Justice de brocarder à son tour les députés de l’opposition : « On ne peut pas accepter que des individus veuillent chahuter la justice parce que simplement leurs partisans sont impliqués dans des affaires ordinaires. Des pays viennent s’inspirer de la pratique de la justice au Sénégal. Ce ne sont pas des chahuts qui vont effacer le label démocratique du Sénégal ».

Revenant dans le fond sur le cas de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, le ministre de la Justice dira : « Il y a beaucoup de confusions dans les recommandations de la Cedeao concernant l’affaire Khalifa Sall.  La Cour de justice de la Cedeao n’a pas ordonné la libération des prévenus et l’arrêt des poursuites. Elle a dit que certains droits ont été violés et l’Etat du Sénégal versera la somme de 35 millions s’il y a une décision définitive après que la Cour suprême a statué en cassation. Il faut aussi signaler que la décision n’invalide pas le jugement des juridictions sénégalaises ».

Pour ce qui concerne l’affaire Karim Wade également, le ministre de la Justice s’est clair devant la représentation parlementaire. Pour Ismaila Madior Fall, « Le comité des droits de l’homme de l’Onu ne peut pas invalider une décision rendue par les juridictions sénégalaises. Ce sont de simples constatations qui sont faites ». Et le ministre de tancer l’opposition parlementaire : «C’est de la manipulation que de dire que le Comité des droits de l’homme a condamné le Sénégal.  Il faut arrêter les manipulations de l’opposition même dans un contexte pré-électoral, il faut dire aux Sénégalais la vérité. Il faut avoir l’honnêteté politique de faire dire à ces organes ce qu’ils ont réellement dit ».

Quid du retour de Karim Wade ? A ce niveau aussi, le Garde des Sceaux n’a pas usé de langue de bois. «  Karim Wade a fait l’objet d’une condamnation. Il est gracié, mais l’amende elle est toujours valable. Il a le droit de rentrer dans son pays et de vaquer à ses occupations, mais s’il rentre dans le pays, il va rembourser les 138 milliards. A défaut, la contrainte par corps va s’exercer. Tant qu’il est à l’étranger, on ne peut pas le contraindre à payer. Mais, quand il  arrive au Sénégal, la contrainte par corps va s’exercer». D’ailleurs, concernant la candidature de Karim Wade, le ministre de la Justice persiste et signe : l’article L 15 du Code électoral qui stipule que tout candidat doit être inscrit sur les listes électorales disqualifie sa participation à la présidentielle de février prochain.

Fatou NDIAYE

Page 1 sur 569

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

Calendrier

« Décembre 2018 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            

BANNIERE 03 UNE IKRONO

Banniere UAA 260x600

Video galleries

logotwitterFacebook