Société

Tuerie en Casamance: l’armée poursuit ses opérations dans la région

En Casamance, au sud du Sénégal, l’enquête sur les assassinats de quatorze coupeurs de bois il y a plus de quinze jours se poursuit. Seize personnes sont désormais en détention, une autre, cadre de l’aile politique du MFDC, le mouvement rebelle, a été arrêtée ce week-end. La gendarmerie indique chercher activement d’autres individus. En parallèle de cette enquête, l’armée sénégalaise poursuit son avancée autour de la forêt ou les jeunes ont été tués. Une opération qui se déroule dans une zone longtemps tenue par la rébellion.

Au sein de l’armée, le terme rébellion n’est jamais utilisé : « Nous luttons contre des bandes armées » indique un haut responsable de l’état-major qui poursuit, « les objectifs sont précis : protéger les populations, retrouver les auteurs des assassinats, s’attaquer au trafic de bois et de chanvre indien ».

Si cette zone sud de la Casamance est réputée pour être le fief du chef rebelle César Atoute Batiate, l’armée indique ne pas « s’attaquer à des bases d’un tel ou d’un tel, nous ciblons des trafiquants ». Des villages abandonnés auraient ainsi été pris par les militaires qui poursuivent leur avancée en bloquant tous les voies d’accès. Et font visiblement face, comme en début de week-end, à des hommes armés qui cherchent soit à fuir la zone, soit à se ravitailler en essence et en nourriture.

L’aile politique du MFDC, le mouvement des forces démocratiques de Casamance, n’a pas commenté ces opérations en cours, mais s’inquiète de la « militarisation de la Casamance ».

RFI

Sénégal: le ratissage de la zone sud de la Casamance par l'armée continue

Au Sénégal, l'armée continue de ratisser la zone sud de la Casamance alors que l'enquête sur l'assassinat de 14 coupeurs de bois le 6 janvier dernier dans une forêt de la zone a mené à l'arrestation d'une nouvelle personne samedi. Arrestation réalisée dans la capitale régionale Ziguinchor, au lendemain d'accrochages entre des militaires et des bandes armées dans la zone de Bofa; des accrochages qui n'ont pas fait de victimes.

Selon un témoin, des coups de feu en provenance de la forêt près du village de Niaféna; à proximité de la frontière bissau-guinéenne; ont été entendus par les villageois jusqu'à la mi-journée samedi. L'armée affirme avoir un double objectif : traquer les responsables du massacre de 14 hommes, et libérer la zone de ses criminels en démantelant notamment leurs bases et refuges dans la forêt.

Ces opérations visent sans distinction les personnes impliquées dans la coupe illégale de bois ou le trafic de chanvre; et d'autres formes de banditisme. Des habitants de la zone affirment par exemple être victimes de bandes armées qui interceptent leurs récoltes et marchandises.

L'accrochage de vendredi n'est pas le premier depuis le début des opérations de ratissage lancées par l'armée après le massacre du 6 janvier. Des affrontements similaires ont eu lieu il y a six jours, ils avaient fait un mort côté bandes armées. Samedi, la gendarmerie en charge quant à elle de l'enquête sur la tuerie a procédé à une nouvelle arrestation dans la capitale régionale Ziguinchor. L'enquête se poursuit, précise la gendarmerie qui n'écarte pas d'éventuelles nouvelles arrestations.

RFI

L'impératif numérique- Quel impact de la révolution numérique- Par Farid Gueham.sur les sciences sociales ?

L'impératif numérique- Quel impact de la révolution numérique- Par Farid Gueham.sur les sciences sociales ?


« Serions-nous entrés dans une nouvelle ère avec le numérique, vivons-nous une mutation profonde, bien plus qu'un changement culturel ou de société ?

Notre temps n'est-il pas celui d'une rupture méritant d'être appréciée en termes anthropologiques, une transformation radicale de l'humanité s'appuyant sur de nouvelles configurations sociotechniques ?

La question est posée. Et peut-être ceux qui devraient être les premiers à s'interroger en de tels termes, les chercheurs en sciences humaines et sociales, sont-ils ici trop peu nombreux ou un peu à la traîne ».


Michel Wieviorka, auteur de L'impératif numérique et président du directoire de la Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme (FMSH), lance une invitation : « pour les sceptiques, et pour tous ceux qui croient en l'utilité des sciences humaines et sociales, à aborder de façon résolue, les enjeux que véhicule cette question et à faire davantage l'expérience de notre récent environnement numérique ».


La fin d'une Histoire et l'entrée dans une nouvelle ère


« Il n'y a pas une histoire, mais au moins quatre modalités possibles de l'histoire qui ne s'articulent pas aisément : globale, nationale, de communauté et individuelle, sans parler des efforts pour construire une histoire régionale, de l'Europe par exemple, ou de l'Amérique latine, entre le global et le national ».
Chaque individu peut désormais porter sa contribution personnelle, dans la construction d'un récit global, scientifique et se constituer en tant qu'historien sans l'être personnellement.


Si ce phénomène n'est pas nouveau, il est démultiplié par les technologies contemporaines.
Au niveau individuel par exemple, les technologies du numérique permettent une connaissance de son passé, notamment grâce aux outils de recherche généalogique, à l'image des bases de données personnalisées qui connaissent un fort engouement.


Aux États-Unis, la généalogie biologique est particulièrement développée : elle permet notamment aux Afro-américains de sonder leur passé, à la recherche de leurs ancêtres et de leur pays d'origine sur le continent africain. Le travail scientifique « traditionnel », croisé avec ces nouvelles méthodes et ces outils inédits permettra, in fine, de générer de nouveaux modes d'exploration du passé.


Le paradoxe des big data


« À la fin des années 70 déjà, il était possible d'envisager ce qui est le cœur de la grande mutation qui nous intéresse, l'articulation d'internet et de l'informatique. Le rapport de Simon Nora et d'Alain Minc sur l'informatisation de la société (1978), nommait « télématique » l'imbrication croissante des ordinateurs et des télécommunications, et prophétisait que cette nouvelle approche devait transformer durablement notre monde culturel.


C'est aujourd'hui une réalité, puisque la numérisation des données, mais aussi la capacité à la traiter, à la croiser, couplées aux nouvelles possibilités de la communication, bousculent nos connaissances d'ensemble, mais aussi notre capacité à individualiser le savoir et l'information.
Le big data, bien qu'il traite des masses de données toujours plus importantes, permet paradoxalement d'individualiser sa démarche, de différencier les individus.
Le savoir ne relève plus du traitement de moyennes, qui gommeraient ou masqueraient les spécificités de chaque individu, bien au contraire : il permet de mesurer de façon toujours plus précise les différences entre les individus.


Échanger, travailler, communiquer, travailler de manière collaborative


L'aptitude à la coopération sur le web traduit une démocratisation de la recherche : au lieu de travailler au sein d'un réseau dont l'accès est contrôlé, entre pairs et spécialistes d'une même niche, les réseaux de recherche peuvent ainsi s'ouvrir au grand public, vers une coproduction inédite des savoirs, au-delà de la communauté des chercheurs, des universitaires, ou des étudiants.


« Une telle démocratisation peut évidemment être mise en débat, et ceux qui y sont le plus hostiles ne manquent pas de dire qu'elle fait courir le risque, par exemple, d'un manque de rigueur proprement scientifique, ou d'une dilution de la réflexion ».


Le mouvement est en marche, et l'histoire elle-même s'ouvre à la « digital history ». Pour Serge Noiret, nous pouvons même parler de « digital history 2.0 : une tentative de créer un nouveau stade du rapport entre l'historien et son public usant du numérique ».


Un mouvement dans lequel des historiens professionnels seraient amenés à travailler autrement, à étendre le débat au-delà de leurs pairs, avec un public beaucoup plus large et plus diversifié, un modèle qui s'apparente aux pratiques de la démocratie délibérative.
Dans cette perspective, la « digital history » et aussi une « public history », ouverte et démocratisée.


Vers une nouvelle économie scientifique


« À toutes les étapes de la recherche, l'ère numérique se traduit, pour les sciences humaines et sociales, par des changements, les uns effectifs, les autres souhaitables, mais qui ne se réalisent pas, en raison de divers obstacles financiers ou institutionnels ».
Définir un objet de recherche, formuler des hypothèses, élaborer une méthode de travail, affiner des conclusions, les publier etc... Des mutations qui se heurtent au fonctionnement du système public de la recherche.


Et si l'économie de la recherche « traditionnelle » connaît des difficultés financières, ce n'est pas uniquement en raison de la crise.
Pour Michel Wieviorka, ce système est « sclérosé, il a mal vieilli, il ne s'est pas suffisamment adapté à ce qui intéresse et passionne les chercheurs les plus jeunes. Force est de constater que le système en place ne favorise ni l'innovation, ni le développement, et qu'il risque donc d'être déserté – l'exit évoqué par Alfred Hirschman – au profit d'institutions étrangères ou privées, ou encore fonctionnant sur un mode coopératif ».


Aux États-Unis, des universités mettent en place des centres dédiés aux « Digital humanities », sur un mode expérimental. En France, depuis 2011, des consortiums mis en place dans le cadre d'HUMANUM, une TGIR ou « très grande institution de recherche », vont dans le sens d'une conception renouvelée de la recherche en SHS, articulée autour d'une collaboration refondée entre laboratoires.


Les sciences humaines sont donc non seulement prêtes, mais aussi capables d'opérer le changement de contribution qu'elles peuvent apporter à la vie de la cité. Michel Wieviorka évoque le « saut », dont le numérique ne sera pas le seul moteur : « en entrant de plain pied dans l'ère du Big Data, en acceptant l'impératif numérique, les SHS l'opéreront plus rapidement, presque automatiquement, et pour leur plus grand bien ».
Pour aller plus loin :


– « SHS et Big data : 14 projets internationaux soutenus dans le cadre de l'appel à projets – Au cœur des données numériques », ANR.fr
– « Le sociologue et le big data : la donnée comme carte et comme territoire », GroupeChronos.org
– « Digital Public History: bringing the public back in », Serge Noiret, Public History Weekly.

Individualisme, rejet de l'autorité... Enquête sur la génération «J'ai le droit» par Christel Brigaudeau|

 

"L'enfant devient roi, il a le droit de négocier, de discuter, de s'opposer à ses parents, il est surprotégé par la loi et les parents ont peur. Peur de ne pas aavoir l'amour de leurs enfants, peur de tout et ils laissent faire.....L'enfant ne sait plus donner, partager, il devient égoiste et individualiste, il vient vers vous quand ça lui chante ou quand il a besoin. Il ne respecte plus rien, l'autorité fou le camp, le prof il s'en fou, la police il s'en moque, les pompiers il ne les respecte pas, les personnés âgées il n'a pas d'égard, il se veut libre de respecter ou de ne pas respecter, Un enfant est une personne mais il faut comme le dit Alain le Dresser ( rendre droit sans violence et cela s'appelle Education-P B Cissoko

Individualisme, rejet de l'autorité... Enquête sur la génération «J'ai le droit» par Christel Brigaudeau|

Les jeunes générations ont grandi avec les réseaux sociaux, qui favorisent l'individualisme.


L'intérêt général, connais plus! Une prof jette un pavé dans la mare en fustigeant la génération « j'ai le droit ». Des jeunes, mais aussi des adultes pour qui le « je » prime sur tout.


C'est une phrase courte, qui se passe rarement d'un point d'exclamation. Comme une petite explosion sémantique qu'on entend partout et qu'on prononce soi-même souvent : « J'ai le droit ! » Le droit de parler en classe, le droit de bloquer son lycée, le droit au wi-fi et à la déconnexion, le droit de maltraiter l'orthographe, le droit de payer moins cher, celui de revendiquer sa singularité, religieuse ou identitaire, et même, désormais, le droit à l'erreur administrative...


« Après tout, nous sommes dans un Etat de droit, comme le répètent très souvent les politiques », sourit la sociologue et directrice de recherches au CNRS Monique Dagnaud.


La fin des piédestaux ?


Mais cet état de fait serait-il aussi devenu le trait le plus saillant de la société d'aujourd'hui ? « Nous sommes dans la glorification des identités particulières, dans un individualisme forcené », assène Barbara Lefebvre, enseignante et polémiste, auteur d'un pavé dans cette mare du « je » : « Génération : J'ai le droit », à paraître jeudi (1). Cette prof d'histoire-géographie dénonce chez ses élèves mais aussi chez leurs parents « une suspicion » à l'égard de l'autorité et des savoirs, comme si le règne du moi revendiqué sur les réseaux sociaux rendait tout le reste relatif.

Au feu, les estrades et piédestaux sur lesquels trônaient autrefois le maître, le juge, le politique, les parents ?

« L'individualisme est un trait fort de nos sociétés contemporaines, et c'est vrai qu'il dilue le sentiment d'appartenance collective, abonde Monique Dagnaud (2). Nous avons pour de bon quitté la société patriarcale : un cadre existe toujours dans la famille mais il est négocié et la parole de l'enfant est prise en compte. Pas étonnant, dans ce contexte, que des jeunes s'élèvent avec l'argument j'ai le droit. »


S'il constate aussi « une montée générale des revendications identitaires et des attitudes protestataires », le sociologue de la jeunesse Olivier Galland (3) nuance : « Le rejet de l'autorité n'est pas généralisé chez les jeunes, il est en fait très différent selon le milieu social ou le niveau de diplôme. Mais il est vrai aussi que la reconnaissance de l'individu dans ce qu'il a de particulier est un thème très fort dans la jeunesse. » Une jeunesse pour laquelle les notions de respect et d'humiliation sont, relève le spécialiste, parmi les plus importantes qui soient.


1. « Génération : J'ai le droit », de Barbara Lefebvre, Ed. Albin Michel, 240 p, 18 €.
2. « Le Modèle californien.Comment l'esprit collaboratif change le monde », de Monique Dagnaud, Ed. Odile Jacob, 2016.
3. « Sociologie de la jeunesse », d'Olivier Galland, Ed. Armand Collin, 2017.

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