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Érosion côtière en Afrique de l'Ouest - Dakar dans le gueule de l'océan, si...

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Société

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Dakar abrite depuis le 16 mai une réunion sous régionale de validation des résultats de l'étude régionale de "Suivi du trait de côte et élaboration d'un schéma directeur du littoral Ouest africain". Cette rencontre, à l'initiative de l'Union économique et monétaire Ouest africaines (Uemoa) qui prend fin aujourd'hui, a été un prétextes pour des experts d'alerter les dirigeants sur les menaces qui guettent les villes côtières. Si rien n'est fait d'ici à l'an 2100, les villes côtières de la l'Afrique de l'Ouest risquent d'être englouties par les eaux, du fait de l'érosion côtière et l'avancée de la mer.
L'Afrique de l'Ouest figure parmi les régions les plus vulnérables au monde à cause de la morphologie de nos côtes et du manque de stratégie efficace de lutte contre l’érosion côtière. D'ici à l'an 2100, toutes les villes côtières de la l'Afrique de l'Ouest risquent d'être englouties par les eaux, du fait de l'érosion côtière et l'avancée de la mer, si rien est fait.

C'est Alexis Campal, Conseiller technique au ministère de l'Environnement, chargé de l'aménagement du territoire qui tire ainsi la sonnette d'alarme. C'est à l'occasion de la réunion des ministres en charge de l'Environnement pour "validation des résultats de l'Etude régionale du suivi du trait de côte et élaboration d'un schéma directeur du littoral Ouest africain" tenu hier mercredi 18 mai à Dakar.

Selon Alexis Campal, "l'étude montre que si nous ne faisons pas attention, nous risquons de nous retrouver entre 20 et 40 cm de plus sur la côte. Donc le relèvement exponentiel du niveau de la mer risque d'envahir directement nos côtes. Et si l'on ne prend garde d'ici 2100 nous risquons de nous retrouver dans l'eau, nous risquons d'être transformés en poissons". C'est pourquoi les Etats doivent s'approprier l'étude, en mettant "en synergie tous les savoir-faire. On va utiliser tout le potentiel technique et de recherche qui existe en Afrique notamment les centres" (comme le Centre de suivi écologique qui a une longue expérience en la matière). Pour cela, "il faut agir ensemble car tout ce que nous allons faire comme projet pour développer la côte va être prise en charge par l'ensemble des acteurs".

Toutefois, reconnaît-il, "cela coûte cher, ce sont des travaux extrêmement onéreux qui demandent beaucoup de ressources et que les budgets de nos pays ne peuvent pas prendre en charge. C'est pour quoi dès demain (aujourd'hui-ndlr) nous allons présenter le projet aux partenaires techniques et financiers".

UN OBSERVATOIRE POUR ENDIGUER LE MAL

A en croire Alexis Campal, les côtes constituent de véritables zones d'attractions grâce à la richesse et aux activités qui s'y développement notamment le tourisme, la pêche, etc. Mais c'est en même temps ces richesses et le rush vers cette zone qui font que nous avons des effets inverses avec des conséquences néfastes sur l'environnement, entraînant des inondations. Il s'agit entre autres de l'exploitation du sable marin pour la construction, le vent qui emporte tout ce qui constitue des barrages à l'eau de mer, à l'eau de pluies, occupation anarchique de l'espace, etc. "Si vous regardez sur la côte sénégalaise, toutes les parties basses qui était des lits mineurs, des marigots et les lacs ont été occupées par la population à la recherche de potentialités. Nous devons nous concerter et le schéma directeur qui va être réalisé va aider à conserver ces richesses et à organiser l'occupation de cet espace qui est stratégique".

Lui emboîtant le pas, Sidy Guèye, directeur de cabinet du ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature note que le littoral Ouest africain figure parmi les plus "vulnérables" au monde à cause de la morphologie des côtes mais aussi d’un manque de stratégies efficaces de lutte contre l’érosion côtière. Ce qui fait qu'à la faveur des conditions météorologiques, elles "subissent une forte érosion. Cette situation angoisse les populations et les industrielles qui assistent impuissants, à la disparition de leurs habitations ou de leurs activités économiques".

Suffisant pour que le Sénégal attire "l’attention de la commission de l’Union africaine sur l’érosion côtière, de même que les partenaires techniques et financiers pour qu’ils aident l’Afrique à disposer de moyens suffisants pour protéger son littoral et entreprendre des actions de grandes envergures".

LES AUTRES PARTENAIRES INVITES SUIVRE L'EXEMPLE DE L'UEMOA

Pour prendre à bras-le-corps ce phénomène, les Etats concernés adoptent comme stratégie la mise en place d'abord d'un "observatoire de l'érosion côtière qui va nous renseigner en temps réel sur l'ensemble des développements au niveau côtier. Et dans cette stratégie nous allons financer conséquemment toutes les actions nécessaires pour la prise en charge de cette étude. Le Sénégal est déjà en avance avec le Centre de suivi écologique" souligne-t-il, tout en ajoutant que les actions de l'Uemoa "vont inspirer les autres organisations sous régionales ainsi que les partenaires techniques et financiers de nos différents Etats". Ismaïl Bingitcha-Fare, Commissaire de l'Uemoa, Département du développement rural, des Ressources nature et de l'Environnement précise que son institution "n’est pas à sa première intervention positive dans la lutte contre l’érosion côtière car elle a été à côté de la plupart de nos Etats pour apporter un financement conséquent en faveur de la protection de nos côtes. De plus, elle a régulièrement soutenu toutes nos rencontres nationales et/ou sous régionales par rapport à cette problématique

De l'avis du Commissaire de L'Uemoa, face à ce phénomène de l’érosion côtière "les enjeux sont énormes. Ils sont d’abord environnementaux, car d’importantes ressources naturelles (halieutiques et végétales) sont constamment l’objet de dégradation et de destruction". Ensuite "ce littoral abrite de nombreux villages et agglomérations densément peuplés dans de grandes métropoles, comme Dakar ou Abidjan". En fin, l’essentiel des activités des pays concernés sont concentrées sur le littoral". Des infrastructures industrielles, portuaires, touristiques, entre autres y sont installé.

"C’est la raison pour laquelle, les ministres de l’Environnement de l’Union ont recommandé à l’Uemoa de s’impliquer davantage dans la recherche des financements pour des actions de lutte contre l’érosion côtière" précise Ismaïl Binguitcha-Fare.
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